CHAPITRE IV
DES EFPETS PRODUITS DANS LES CORPS SOLIDES ET LIQUIDES PAR LE PASSAGE DE L'ÉLECTRICITÉ.
§ 1^*^. Des effets mécaniques,
4^6. LiL différence que nous avons reconnue dans le pouvoir conducteur pour Télectrieité des métaux et même des liquides à volume cgal , nous indique déjà que deux fils ou lames de métal différent, de même dimension, en communication par leurs deux extrémités avec une source constante d'électricité, ne laissent point passer la même quantité d'électricité; mais que devient la portion qui n'est pas transmise? comment réagit-elle sur les particules des corps ? La solution de cette question est de la plus haute importance pour la physique et la chimie, et ne peut manquer de jeter un grand jour sur lès phénomènes de la chaleur en général; c'est pourquoi nous allons l'étudier en nous entourant de tous les documents que la science a pu réunir jusqu'ici.
Quand une décharge électrique suffisamment énergique traverse une substance quelconque plus ou moins conductrice, elle y produit ordinairement un déplacement, une expansion des particules qui se trouvent sur sa route ; il peut en résulter , suivant la nature du corps, une dilatation, une liquéfaction, une volatilisation, une décomposition, ou juu déchirement. Ces phé-
l48 BtS EFFETS MECAlflQUES.
nomènes sont accompagnés ordinairement d'une élévation de température dont nous ne nous ' occupons pas pour rinstant.
L'expansion qui est produite dans les fluides est û énergique que les vases de verre qui les renferment sont brisés. L'expérience suivante de Beccaria donne une idée de la puissance expansive de cet agent : si l'on introduit une goutte d'eau au centre d'une boule solide de verre et que Ton y £isse passer une décharge à l'aide de deux fils de métal qui touchent la goutte d'eaa par une de leurs extrémités, les particules du liquide sont projetées avec tant de force que la sphère est brisée avec violence; en employant des batteries , on parvient à casser des bouteilles de verre remplies d'eau, quand la distance entre les parois du ven'e et les fils qui transmettent rélectricité est d'environ deux pouces; cette propriété a été mise à profit pour percer des bouteilles ou des lames de verre. L^appareil ^fig. 73) est destiné à cet usage. TT est la tablette sur laquelle on pose la lame Y, qui doit être soumise à l'action des deux pointes PP. On parvient également à briser un tube capillaire de verre rempli de mercure, dans lequel on fait passer une décharge.
On emploie ordinairement pour soumettre les coq)S à l'action de fortes décharges l'appareil (fig. 74)» anqBW on a donné le nom d'excitateur universel. Cet appareil est formé d'un socle en bois ss , sur lequel sont fixées deux colonnes de verre ce surmontées de deux appendices à charnières, en laiton, et auxquels sont adaptées deux tiges également en laiton ft' destinées, par denx de leurs extrémités, à établir la communication avec les deux surfaces d'une batterie et par les deux antres avec les corps soumis à lexpérience. Une tablette TT serti poser ces corps.
Le passage de rétiircelle électrique dans Taîr et Fexpansion qui en résulte sont rendus sensibles au moven àt thermomètre de Kinnersley : cet appareil (fig. 7$) se
compose d'iuie éprouvettc ££' fermée par sesdçiixboals,