CHAPITRE IV. l4g
à laquelle est adapté un tube tt' ouvert par en haut et communiquant avec l'intérieur de réprouvette. Celle-ci contient un liquide qui monte au même niveau dans le tube latéral. Vient-on à faire passer une étincelle entre les deux boules bb' y le liquide s'élève aussitôt dans le tube; ce qui annonce d'abord un refoulement, puis une expansion de l'air.
Voici encore une expérience destinée à montrer le même effet. On prend un mortier d'ivoire au fond de la cavité duquel on place deux fils de métal dont les bouts sont éloignés d'un quart de pouce : on place dans l'excavation et précisément au-dessus de l'intervalle des deux fils une boule de liège ou de moelle de sureau. En faisant passer une forte décharge à travers les fils, l'air est d'abord comprimé, et son expansion rapide chasse la houle au dehors. L'étincelle, en traversant des tubes capillaires remplis de liquide, accélère l'écoulement de ce liquide, en raison de la force expansive.
§ II. Des effets calorifiques.
4^7. Nous avons déjà posé en principe que lorsque la chaleur se propage dans un circuit métallique fermé là cil elle rencontre un obstacle, les deux principes électriques apparaissent aussitôt, l'électricité positive franchit l'obstacle et il en résulte un courant électrique, qui va de la partie chaude à la partie froide. La réciproque a lieu, en général, c'est-à-dire que le fluide électrique, quand il circule dans un corps conducteur, là où il rencontre un obstacle qui l'empêche de passer outre, il y a production de chaleur; il y a cependant une exception dont nous parlerons dans le paragraphe suivant. Voyons les phénomènes calorifiques.
Lorsque l'on place la boule d'un thermomètre sensible sur la route parcourue par une forte décharge électrique, le thermomètre indique aussitôt une élévation de tem-
{)érature. Cette élévation est d'autant plus marquée que es milieux traversés par l'étincelle sont plus mauvais
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conducteurs de l'électricitc, et Tétincelle elle-même plus énergique. Ce phénomène est accompagné d'une odeur analogue à celle du phosphore et du soufre : cette odenr est-elle le résultat de l'impression produite sur les organes de l'odorat par le principe électrique lui-même, ou bien provient-elle, comme semble le faire croire l'élévation de température, d'une combinaison dont nous ne connaissons pas les éléments? il nous est impossible de décider l'alternative, tenons-nous-en doncaufaiti
Si l'on réunit les deux extrémités d*une pile voltaïque avec un fil de métal suffisamment fin et court, on voit ce fil s'échauffer, rougir, fondre et même brûler s'il est oxidabic. De semblables effets sont produits également avec des décharges de batteries électriques. L'excitateur universel est employé à faire ces sortes d'expériences; le fil est placé entre deux pinces vissées dans les boules extrêmes.
4^8. Cuthbertson et autres physiciens qui ont mesuré avec des électromètres l'action calorifique produite par la décharge d'une batterie, ont trouvé qu'elle croissait à peu près comme le carré de la charge des batteries pour certaines longueurs de fil. Cette loi varie en outre suivant l'épaisseur des jarres qui composent la batterie. Celles qui sont épaisses ont une puissance de fusion moins grande. Cavendish a observé que la quantité d'électricité qui est nécessaire pour charger différentes jarres, dont l'étendue de la surface armée est la même, est en raison inverse de leur épaisseur.
4^19. Lorsque la charge n'est pas suffisante pour fondre les fils, il en résulte sur leur surface des effets de couleur dus à des altérations dépendantes de la nature des fils. Avec un fil d'acier, par exemple, la couleur devient successivement bleue, jaune, rouge vif; le métal entre ensuite en fusion quand la charge devient plus forte. La charge devenant encore plus considérable, le métal disparaît avec une flamme brillante, et il se dépose sur une feuille de papier placée au-dessous une poussière rouge très-fine, de peroxide.
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Les métaux éprouvent des effets dépendants également de leur nature. Le platine, l'or et l'argent sont fondus et volatilisés; les deux premiers ne sont pas pxidés, comme on le pensait d'abord, attendu que la chaleur qu'ils éprouvent par l'acte même de la fusion est suffisante pour réduire leurs oxides : Çuthbertson (i) a fait un grand nombre d'expériences sur la fusion des métaux par l'électricité. L'appareil (fig. 76) dont il a fait usage est formé d'un tube de verre de deux ou trois pouces de diamètre et de huit pouces de longueur. Il est fermé à ses deux extrémités par une douille, à }'uae desquelles est un robinet qui sert à faire entrer une quantité d'air donnée, ou de tout autre gaz; audessus de ce robinet, et dans rintéricur du tube, est disposée une petite bobine sur laquelle sont enroulés un fil de métal et une ficelle, qui sont parallèles et attachés l*un à l'autre de quatre pouces en quatre pouces. Un cylindre de cuivre de trois pouces dé long est vissé au centre de la douille supérieure. Au moyen d'une longue aiguille on fait passer les bouts de la ficelle et du fil de métal à travers le cylindre; pUis on le ferme avec lui bouchon , de manière que le fil et la ficelle se meuvent dans le tube. Quand le fil est brûlé on lui en substitue Un autre au moyen de la ficelle.
Pour constater la quantité d'air absorbée, on adapte à Torifice inférieur du robinet un tube de verre étroit, ayant à peu près dix pouces de long, et qui est ouvert à l'une de ses extrémités. Celle qui est. libre est plongée dans un vase qui contient du mercure. Quand le robinet est ouvert, l'élévation du fluide indique la quantité de gaz absorbée.
La température de l'air augmentant beaucoup dans «es diverses expériences, on ne détermine l'absorption que lorsqu'elle est devenue égale à celle de Tair environnant.
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(i) Nicbolson's journal, in-4**, vol. v, p. i36,et Çuthbertson ÉleciriciLy, p. 197.
iSa DES EFFMS CALORIFIQUES.
En opérant dans l'air, la plupart des métaux sont oxidés,et H y a alors absorption d'oxigènc. En raison de la différence de conductibilité des métaux , des charges égales ne produisent pas les mêmes effets sur des fils de différents métaux, de même longueur et de même diamètre. Le fer et le platine éprouvent de plus grands effets de chaleur que l'or et l'argent, qui conduisent mieux l'électricité.
Quand on remplit le réservoir ahydrogène ou d'azote, le métal est seulement fondu, et réduit en parties très-fiYics. Voici le tableau des résultats que Cuthbertson a obtenus dans l'air sur des fils de différents métaux de dix pouces de longueur, en employant une batterie dont les armures internes avaient à peu près dix-sept pieds quarrés :
DÉSIGNATION des