‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 43 sur 127 · CHAPITRE IV. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. l

à volatiliser les métaux et les alliages, elle peut même vaincre l'aflBnité qui unit les éléments de ces derniers , comme le laiton en est un exemple; le cuivre et le zinc sont alors séparés, et l'on peut recueillir les oxides sur une lame de verre.

Mais si l'électricité peut décomposer les corps et donner lieu ensuite à de nouvelles combinaisons, comme dans le cas précédent, certains oxides peuvent être ramenés, par le même moyen, à l'état métallique. On met dans un tube de verre horizontal une petite quantité d'oxide d'étain , et l'on place à peu de distance dans l'intérieur,' lés deux conducteurs de l'excitateur universel; des décharges rejetées réduisent peu à peu une portion de l'oxide, et l'on aperçoit sur la surface du tube de petites lamelles d'étain métallique. Le vermillon est décomposé par une jarre de dimension modérée, le mercure et le soufre sont séparés et adhèrent au verre.

43 1. L'étincelle électrique jouit de la propriété d'enflammer, au contact de l'air, les corps combustibles h la surface desquels on la fait éclater, même lorsque ces corps sont de mauvais conducteurs. Cet effet est-il dû à la chaleur dégagée ou à une polarité particulière qu'elle détermine dai)s les parties constituantes de ces corps .»^ Ces deux opinions peuvent être également défendues. Voici quelques effets d'inflammation : on verse de l'éther ou de Talcool dans une capsule de métal isolée, que l'on électrise. Il suffit d'approcher le doigt de la surface du liquide, de manière à exciter une étincelle, pour l'enflammer. Quand l'alcool n'est pas trèsrectifié, il faut élever préalablement la température, si l'on veut produire l'inflammation. Pour enflammer la résine, on la met en poudre sur du coton, que l'on place dans le trajet de la décharge d'une forte bouteille de Leyde; la résine, puis le coton, prennent feu immédiatement. On peut, si l'on veut, placer la résine eu poudre sur de l'eau, au-dessus de laquelle on place deux fils de métal, à très-peu de distance du niveau, et dont les bouts sont éloignés d'environ quatre ou cinq

iS4 ^^S TACHES CinCtJLilftfeS DE PRIESTLET.

ipoucés. La décharge d*tf ne jarre suffit pour délértniner rinflammation.

Le phosphore est enflammé par le même moyen.

432. Si l'on place, entre deux morceaux déglace, un feuille d'or très-mince, dont les bouts débordent d chaque côté, la décharge d'une forte bouteille à travers la feuille suffit pour fondre le métal, lequel reste appliqué sur les faces du verre.

Singer décrit de la manière suivante le procédé à l'aide duquel on peut imprimer sur la soie ou sur le papier des lettres ou d'autres ornements coloriés de diverses manières. « On trace d'abord sur un papier épais « l'esquisse de la figure que l'on veut représenter ; on le « découpe ensuite à la manière des planches à vignet- « tes. La découpure est alors placée sur la soie -ou le « papier qu'on se propose d'imprimer, puis recouverte ic d'une feuille d'or au-dessous de laquelle on met une « carie: le tout est ensuite placé dans la presse (fig. 77) «c ou comprimé de toute autre manière, et l'on dirige « la charge d'une batterie à travers la feuille d'or. L'im- « pression est limitée par l'interposition du papier- sur . * lequel la figure est découpée de manière h ne laisser ce recueillir que les traces du dessin; et en usant de cet « artifice, on peut nettement représenter un profil, une « fleur ou toute autre figure^ »

§ in. Des taches cùvulaires de Priesilejr.

433. Prîestley (i) a décrit des taches circulaires, produites sur des morceaux de métal, par de fortes décharges électriques, dont nous devons naturellement parler ici. Ayant déchargé une batterie de quarante pieds carrés avec un bouton de cuivre poli, il remarqua sur la surface une asîîez grande tache circulaire, dont le centre était fondu et formé d'un grand nombre de points,

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(tJJBiston^e de rÉlcclricité, t. tii, p. 3^5.

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plus grands auprès du centre que plus loin. Au-delà dô celte tache se trouvait une poussière noire, non adhérente, puis un cercle entier de points brillants, composés de parties fondues superficiellement comme celles du centre; la fig. 78 représente l'effet décrit. Des taches semblables furent produites sur des lames polies de plomb et d'argent; seulement, la tache centrale sur l'argent était composée de points rayonnants du centre, yus au microscope, les points brillants de la tache ^ entrale et ceux qui formaient le cercle extérieur paraissaient autant de petites cavités. Sur une lame d'or, outre les cavités, on remarquait des petites balles creuses de métal , dues à la fusion du métal.

Prîestleya trouvé que les cavités sur différents tnétaux étaient plus profondes les unes que les autres dans Tordre suivant : étaîn , plomb , laiton , or , acier , fer , cuivre et argent; quant au bismuth et au zinc, ils se sont comportés à peu près comme le fer.

Il est parvenu aussi à produire deux cercles concen-. triques et même davantage, en recevant la décharge d*une batterie de 38 pieds carrés sur un morceau d'étain. XiC second cercle se trouvait à la même distance du premier, que celui-ci de la tache centrale; il était composé de points très-fins. La fig. 79 représente les deux cercles. En soumettant à l'expérience l'alliage fusible, il obtînt trois cercles concentriques (fig. 80); le cercle extérieur n'étant pas tout-à-fait si éloigné de celui du milieu, que celui-ci de la tache centrale.

En substituant aux lames de métal un morceau de charbon, celui-ci parut fondu et ramassé en petits tas dans un espace de la grandeur ordinaire d'une tache circulaire.

Avec un morceau de carbure de fer, il n'y avait ni

{>arlies fondues, ni tache circulaire; mais il y avait à a place une matière jaune, semblable à du soufre, d'où s'exhalait une odeur désagréable.

Prîestley qui, dans tous ses travaux, a fait preuve d'un esprit très-judicieux et d'une finesse de tact peu

l56 TRANSPORT DES SUBST. PONDÉRABLES, ETC.

ordinaire, a tiré des faits que nous venons de rapporter la conséquence, « que la matière électrique sort en ce forme de cylindres creux, et que ces cylindres sont force mes par d'autres cylindres plus petits et solides , puisc< que tous les cercles sont composés de points ronds. » Cette réflexion est digne de remarque, et nous aurons plusieurs fois l'occasion de la reproduire dans la su.ite.

§ IV. Du transport des substances pondérables par

les décharges électriques.

434. Quand le fluide électrique traverse des fils de métal et que sa tension est suffisante, il les fond, les volatilise, les disperse enfin; mais comment s'opère ce phénomène? Les particules pondérables sont-elles emportées par suite d'une affinité réciproque entre elles et l'électricilé? Les observations suivantes de M. Fusinieri jetteront quelque jour sur cette question.

Ce physicien (i) a reconnu que l'étincelle qui traverse l'air en sortant d'un conducteur en laiton, emporte avec elle du laiton à l'état de fusion et des particules incandescentes de zinc. Lorsqu'elle part d'un globe d'argent, elle entraîne avec elle de l'argent en fusion ; mais si elle traverse une plaque de cuivre , l'argent est transporté au travers de ce métal, qu'il perfore dans une étendue de plusieurs centimètres , si le passage d'une surface à l'autre s'effectue obliquement; une portion de l'argent reste alors emprisonnée dans l'ouverture qu'il s'est pratiquée dans le cuivre, et l'autre portion pénètre dans la boule de l'excitateur placée de l'autre côté.

L'or transporté par l'étincelle se comporte de même par rapport à une lame d'argent qu'elle traverse. Une partie de l'or reste dans l'argent et se dépose sur les

(1) Journal de Pavie, xSaS, p. 4o5,

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