‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 48 sur 127 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

plus lent; Thydrogène produit se trouve engagé et retenu presque entièrement par la pellicule de bismuth et l'eau en devient nébuleuse. A l'instant où l'on plonge dans le bain en contact avec le mercure, une tige de zinc, de fer, de cuivre, de laiton, d'étain, d'argent et même de bismuth, on remarque autour de celle-ci un frémissement; les mouvenients cessent, et sont arrêtés tant que la tige reste plongée : elle fixe la pellicule dans toute l'étendue du bain. Les fragments d'alliage y sont emprisonhës, mais aussitôt que la tige est retirée, l'effluve d'hydrogène écarte la pellicule, et les mouvements recommencent. Ce résultat s'explique facilement : le fil étant l'élément électro-négatif du couple voltaïque, doit attirer naturellement l'hydrogène.

Un fil métallique étant plongé sur un point quelconque d'un bain où tournoie de l'alliage, même dans un endroit éloigné de ce tournoiement, la partie immergée se couvre en peu de temps d'une multitude de bulles d'hydrogène.

460. Nous devons encore à M. Serullas les observations suivantes : une simple tige métallique, placée au milieu ou sur un point quelconque d'un baiif de mercure en action par le potassium ou par un alliage de ce métal, attire autour d'elle Teau du bain, qui s'élève au-dessus du niveau. Un douze-cent-millième et encore moins de ce bismuth dissous dans le mercure peut être rendu visible par l'addition d'une certaine quantité d'amalgame de potassium et d'un peu d'eau. On voit aussitôt s'élever du sein delà masse une poudre noire, mélange de bismuth et de mercure très-divisé, qui vient se placer à la surface ou qui adhère aux parois du vase audessous du mercure.

Le cuivre, le plomb , l'étain , l'argent, sont séparés également, mais moins promptement et moins visiblement que le bismuth. M. Serullas pense qu'il n'existe pas en chimie un réactif aussi sensible pour aucun corps que l'amalgame de potassium , pour reconnaître la présence du bismuth dissous dans le mercure. Il

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fait observer que i'amaiganie de potassium pur ne se décompose que très^lcntetnent , méitie au contact de Tair çt de l'eau, puisque l'on peut rendre l'action encore très-sensible après vingt-quatre heures, en le ton* chant avec une tige métallique; mais comme l'action a lieu immédiatement qu'on opère le contact ^ il faut en conclure qu'il se forme aussitôt un élément voltaïque; dès lors, si l'on emploie du mercure qui renferme une petite quantité de bismuth, ce dernier métal sufBt pour constituer l'élément voltaïque ; la décomposition se trouve activée, et le bismuth se sépare en restant combiné avec une petite quantité de mercure.

Cette séparation est néanmoins assez difficile à expliquer. M. SeruUas pensait qu'à mesure qu'une molécule de l'eau interposée se décompose au contact du potassium , la molécule d'hydrogène et celle de potasse qui en résulte, placées entre le bismuth et le mercure, ne peuvent pas s'y maintenir dans leur nouvel état; elles écartent les molécules des deux métaux, détruisent ainsi la combinaison, les entraînent avec elles à la surface, en raison de la pesanteur spécifique moindre qu'elles ont naturellement et qui est encore augmentée par l'hydrogène dont elles sont pour ainsi dire enveloppées; on voit effectivement, à l'aide de la loupe, les bulles d'hydrogène traînant les parcelles métalliques, se porter assez rapidement vers le point oîi s'établit la pile principale par la réunion du métal séparé.

Le bismulh qui, d'abord combiné dans l'amalgame, n'a pas d'action, devient, à mesure qu'il est séparé, métal étranger, et forme, par chacune de ses molécules, une multitude de piles qui rendent la décomposition de l'eau de plus en plus vive et pour ainsi dire tumultueuse. Le mercure fait la plus grande partie de la poudre noire, parce qu'il se trouve dans la combinaison en jplus grande proportion que le bismuth, qui n'y existe, dans le cas dont il est ici question , que dans le rapport de

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