CHAPITRE VI. igg
qui ne peuvent être franchis que par rëlectricité ordinaire. Ce résultat est une généralisation du principe des décompositions chimiques au moyen de la pile.
465. Les courants thermo-électriques produisent jdes décompositions comme les courants voltaïques. Il suffit , pour le prouver, de plongeV dans une solution de nitrate de cuivre les deux Jiouts d'un fil de cuivrç, formé de deux fils, disposés comme l'indique la fig. gS. Si l'on place la partie ba au-dessus de la flamme d'une lanipe à alcool, on a un courant qui suit la direction çbc^ et dont l'énergie est suffisante pour opérer la décoroppsîtioq du nitrate ; le bout n se recouvre de cuivrç métallique et l'autre d'oxide. Nous reviendrons bientôt sur cette décomposition.
§ ni. De quelques conditions générales des déconi"
positions électro-chimiques»
466. Depuis la détouverte des phénomènes électrochimiques, on a remarqué que les éléments qui sont combinés avec le plus d'énergie sont aussi ceux qui sont décomposés avec le plus de force par le courant , et que les corps qui sont combinés en vertu de faibles affinités ^nt ceux qui obéissent le moins à l'action décomposante de l'électricité. Cette observation est de la plus haute importance ~ pour la théorie électro-chimique; prenons pour exemple les verres, comme l'a fait M. Faraday : plusieurs d'entre eux sont formés de silice, de chaux, d'alcali ou d'oxide de plomb, et peuvent être considérés, jusqu'à un certain point, comme des dissolu-^ tioas de ces substances l'une dans l'autre. Si l'on fond une, bouteille de verre et qu'on la soumette à l'action de la pile, le yerrç n'est pas du tout décomposé ; mais si l'on (^re sur du flint-glass, qui renferme des éléments plus directement opposés , il y a décomposition comme lorsqu'on opère sur un borate, qui est un composé chimique, et transport des éléments aux électrodes.
On peut donc dire que tous les corps composés se
aoO DE QUELQ. CONDÎT. GENER. DES DJÉCOMP. , ETC.
séparent, sous l'influence d'un courant électrique, avec une facilité proportionnée à la force de l'affinité qui unit leurs éléments.
Parmi les corps qui résistent à l'action décomposante de l'électricité on doit distinguer d'abord l'acide borique , ensuite les iodures de soufre, les chlorures de soufre, de phosphore et de carbone; les chlorures d'antimoine, les hydro-carbures, l'acide acétique cristallisé, Fammoniaque, les acides sulfurique, arsénique et nitrique privés d'eau. Il est probable que le défaut de décomposition dans ces corps tient à l'absence du pouvoir conducteur. La dépendance entre la faculté décomposante et la faculté conductrice est telle, que les corps non conducteurs à l'état solide, qui le deviennent à l'état liquide, sont, alors décomposés. La seule exception que Ton connaisse est le périodure de mercure et l'eau très-pure.
407. M. Faraday ayant remarqué que le proto-chlorure d'étain conduisait rapidement et était décomposé, tandis que le perchlorure ne conduisait pas et n'était pas décomposé; que le proto-iodure. d'étain était décomposé , lorsqu'il est fluide, et que le périodure ne l'était pas, il a cherché si les décompositions électro - chimiques n'étaient pas soumises à quelque loi, sous le rapport de la composition atomique. Les nombreuses expériences qu'il a faites à ce sujet l'ont conduit seulement à conjecturer que tous les corps qui peuvent être décomposés à l'état liquide, sont formés de simples proportionnelles de leurs principes élémentaires. En ce qui concerne les sels et les combinaisons des corps composés, il ne paraît pas avoir trouvé une loi aussi simple. Nous allons rapporter quelques-uns des faits qui l'ont mis à même de tirer de semblables conséquences.
Les oxides, les chlorures et les iodures, qui sont soumis à la loi de conduction et de décomposition, comme nous l'avons vu, sont décomposables, à l'exception du chlorure d'antimoine, du périodure de mercure et peutêtre du deuto -chlorure; tandis que plusieurs des côià-