‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 74 sur 127 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

DES ANNEAUX COLORÉS, FÔftiftés StJll LES PLà- [ QUES MÉTALLIQUES PAR LÉS GÔtlRANTS ËLEfr- TRIQUES.

517. On doit à M. Nobili une nouvelle classe de phénomènes clectro-chiraiques, fort remarquables par leur singularité (j). On les obtient en concentrant le courant dans un fil de plâline, dont l'extrémité plonge dans la dissolution que Ton veut décomposer, tandis que le courant, qui arrive de l'autre pôle, débouche^ clans cette même dissolution, par un disque de métal placé perpendiculairement à la direction du fil, et lej plus près possible de sa pointe. On varie la distance a volonté au moyen d'un mécanisme convenable; la fig. j 10 représente l'appareil fonctionnant. Cet appareil se compose de deux de ces petits engrenages qui s'adaptent aux lampes pour élever ou abaisser la mèche. Ils scmt placés verticalement, à la distance d'un pouce l'un de l'autre, isolés sur un pied, et soutenus à une hauteur suffisante pour que l'on puisse placer un petit vase audessous d'eux. Ces deux engrenages font mouvoir deux petites hampes, terminées inférieurement par des pinces, dans lesquelles se placent deux gros fils de platine, e^ filés à leur extrémité.

Soient P et N les pointes en question, commi

^1^ Anual. de Ch. et de Phvs., t. xciv, p. a8o.

CHAPITRÉ XI. a^S

cfiiant l^uAô âVee k pôle positif de la pile , et l'autre avec le pôle négatif; AB la lame métallique destinée k tee^voir les apparences électro-chimiques. Cette lame est placée dans une soucoupe, qui renferme assez de liquide pour que celui-ci forme au-dessus une épaisseur d'une ou deux lignes. Les lettres n et p indiquent sur Itt lame les points auxquels correspondent exactement . leê pointes P et N. L'apparence négative se forme autoqr du point fï, et l'apparence positive autour du point p.

Quand le courant est établi avec une pile à la Voliâslon , composée d'une douzaine d'éléments, d'un pouce carré -de surface , il se produit sur la lame des anneaux colorés , précisément vis-à-vis de la pointe qui termine tis conducteur opposé. La couleur et la nature des anneaux dépendent de la nature des dissolutions, et varient suivant que la lame est en communication avec le pôle positif ou le pôle négatif. Quelques exemples vont donner une idée de ces phénomènes.

Opérons avec une solution de sulfate de cuivre, et successivement avec des lames d'argent , de platine , d'étain , de bismuth et de laiton ; on n'obtient des effets qu'avec celles d'argent et de laiton. Quand la lame d'argent est positive, il se forme vis-à-vis de la pointe négative quatre ou cinq cercles concentriques , qui sont alternativement clairs et obscurs; lorsqu'elle est négative, on obtient trois petits cercles de cuivre, provenant de la décomposition du sulfate. Les deux cercles extrêmes sont d'un rouge foncé , et celui du milieu d'une couleur plus daire; quelquefois aussi il s'en forme quatre ou même cinq , qui alternent comme les précédents. Le laiton positif présente de même des figures contcentriques dont les teintes alternent également.

Sur le laiton négatif, dépôts analogues à ceux qui sont formés sur l'argent.

L'acétate de plomb produit, sur l'or et l'argeni positifs, des iris concentriques aussi brillants que les an* neaux colorés de Newton. Quand on multiplie les pointes négatives, il ^e forme sur 4a lame autant de systèmes

nSlÀ DES ANNEAUX COLORÉS, FORMES SUR LES, ETC.

d'acétate de plomb , afin de produite les deux apparences électro-chimiques.

On conçoit effectivement que lorsque la lame ABest introduite dans la solution, le courant fait son trajet de la pointe P à la pointe N , partie par la voie du conducteur humide, et partie par la voie de son conducteur métallique. Cette seconde voie étant meilleure que IW tre, il en résulte, pour la portion du courant qui préfère le chemin le plus facile, une augmentation d'iote&f site qui est appréciable avec le multiplicateur.

Pour s^assurer si les courants qui n*abandonnent pi$ la voie du conducteur humide, ont une intensité ooa* stante , ou si cette intensité varie en présence du conducteur métallique AB , on fait plonger dans le liquide,entre les pointes PN, deux fils très-fins de platine, communiquant avec le circuit d'un multiplicateur; on voitfai*' gnille marquer une déviation, qui diminue de plusieun degrés ^<\\xdLï\ A on introduit la lame AB dans la solution. Cette diminution dans la déviation indique qu'une partie des courants a pris la voie du meilleur conducteur.

M. Nobili est parti de là pour chercher, à l'aide dei apparences électro-chimiques, comment s'exécute k mouvement du courant entre les deux pôles P et N, ifr dépendamment de la lame A B. Les effets ne sont passu^ fisamment distincts sur des fiisminces, tels que ceux doit on fait usage ordinairement, mais ils le deviennent avec des fils plus gros, et mieux encore avec des lames posé» parallèlement Tune à l'autre, à la place des deux poinli* P,N. Si Ton opère, comme de coutume, avec la solulioû d'acétate de potasse et de cuivi^, on observe, i® queki voiles électro-chimiques se forment d abord sur lesaagles a a (fig. 112, qu'ils s'éloignent des trois côtésirf, aa\ a b\ non pas également, mais plus vite sur lecôlf horizontal et inférieur a a' que sur les deux vertical* a b\ab; a^ qu'enfin Tapparence envahit rinlêrieor* la lame cd^ en fonnant di^s anneaux contouroés coiMi^ Tindique la figure; puis^ les voiles électro-chimiquesit rejoignent en d. Cette description est rdative à b i^t

iQtérieiire defune dés deux lames pamllèles; quant à la face extérieure, elle se colore un peu plus tard que là face intérieure, mais à peu près suivant le môme ordre. Si l'on considère maintenant deux filsP, N (fîg. 1 13)960 M reportant aux effets produits sur les lames ^ on doit en conclure que le rayonnement doit commencer aux ' pointes extrêmes P et N, et de là monter en P" et N" jusqu'au niveau du liquide. On voit donc que la décom» position électro-chiinique ne commence pas au niveau , 4u liquide en N"^ V\ m(|is bien aux extrémités N,P, Voyons maintenant comment se passe ce phénomène. Qliand on introduit lu lame AB (fig. 1 14) dans la solu* tioil I cette hme faisant partie du circuit , c'est entre elle 0t les peintes P,N que commence le rayonnement du courant. Le rayonnement s'étend ensuite un peu au-de* li> j^&^^^^n P' N', et continue toujours à avoir lieu sur ^ bine AB; les courants arrivent ensuite jusqu'au ni- ¥eilU du liquide en P'' N", mais ils ne parviennent jus* 1|4ié-Ià <{«i'après s'être partagés en deux filons, l'un direct parla voie de la lame, l'autre qui abandonne eetl*e direction pour passer directement de l'un k l'autre. H «'efltre ici seulement que les parties internes dan (ils N'' N P''P. Quant aux parties externes, elles continuent ^ myofiner leurs courants vers la iauie AB^ qui est ex-

rée directement à son action, et d'où se pr/ecipitent ootiraais, quoiqu'ils soient forcés de se œntourner > fNmr passer du coté ext^ieur du fil à celui de TaMire. -M. Nobili attribue à cette causela dibitatioii qu'éprouvant 4ea apparences électroH^bfmiqœs du coté exterii^r, diia- '. 4atioD <{ui manque en partie du coté intérieur , fiarce qiut H jr a suppression du rayono<«ieDt qui s'eâectM^ pgr 1 in- M|i|iiédîaire du <xMiducteur bumide*

Les centres des appareoces semblent corresp^^odreexaf^tement aux poistes P, M^ quaud les deux apparencA's woBt reçues mr une plaque Irès^oisine de ces |ioii^U'4» ; nuHs si VoB doigne tour h tour ct% [Muiei^ dtn la fia* foe, OM voit ^ue l>e«it le système ^t 4éUHirué {H^. nUji k» «ppmMKw €PUWieiH«i4 *loil^ k #^ 1m§fm m f/Uf

284 I>^S ANNEAUX COLORES j FORMES SUR LES, ETC.

comme si elles étaient animées d'une répulsion réciproque.

52 1 . M. Nobili attribue cette particularité à la réaction de chacun des deux systèmes de courant qui s'établissrnt dans le liquide, l'un qui va directement d'une pointe à l'autre, l'autre qui pénètre dans la plaque AB. On vérifie cette influence des courants les uns sur les autres de la manière suivante :

Substituons à chacun des deux fils ordinaires, une espèce de fourchettes P P' N N' (fig. f i6), et placée^ à . égale distance de la plaque; alors il se forme deux apparences de même nom, qui ontleurs centres eup^p' et n, n% plus voisins que ne le sont les pointes P, N: cet effet, qui résulte évidemment de ce que les courants dirigés du même côté s'attirent, ne s'obtient qu'autant qu'on endploie une pile plutôt faible que forte, et des pointes fines qui plongent peu dans le liquide, et sont distantes de trois a quatre lignes de la plaque. Pour observer les effets de la répulsion des courants , quand ils cheminent dans des directions contraires , appliquons une bandelette d'étain (fig. 117) sur une plaque de platine AB, et rece^ vous ensuite dans le milieu de celle-ci les anneaux colorés ordinaires qui constituent l'apparence positive de l'acétate de plomb. Sans la bande d'étain les anneaux restent tout ronds, tandis qu'avec la bande, les anneaux extérieurs restent écrasés du côté de celle-ci, et ronds dans le reste du contour. Or l'étain et le platine forment une combinaison voltaïque donnant lieu à un courant qui part de l'étain, et entre dans le platiné après avoir ' traversé le liquide. Le courant qui produit 4'apparence-:= positive j:>, sort au contraire du platine. Les deux cou — rants sont donc dirigés en sens inverse. Dès lors VeffetM doit être attribué à la répulsion des courants.

522. Il paraît que les courants ne peuvent ni se.croiseï^ ni se superposer comme les rayons de la lumière, puis — que tout courant est obligé de suivre un chemin séparé—^ comme le démontre l'observation des deux apparence^= contraires positive et négative , qui ne peuvent jama^

cfiAPiTJiK XI. a85

coexister dans le même endroit. M. Nobili a encore fait les deux expériences suivantes pour trouver la véritable route des courants, quand ils se cioisent verticalement. Plaçons dans un vase, rempli d'une solution d'acétate de plomb, 4 petites plaques, comme l'indique leur projection en'P,N, P', N' (fig. ii8), chacune à l'extrémité d'une des diagonales d'un carré. Mettons en communication les deux plaques P,N, avec une pile, et les deux autres P', N', avec une autre pile, on aura parce moyen deux courants qui se croiseront à angles droits. Les piles

|)euvent être de même force, ou de force inégale. Dans e premier cas, les deux piles ne fonctionneront pas séparément l'une de l'autre; elles ne formeront qu'un seul circuit qui passera deux fois par le liquide , l'une de P en N' et l'autre de P' en N, comme le démontrent les apparences positives qui commencent à se former en pp\ du coté de n n\ Le plomb qui se réduit sur les lames négatives N,N', indique aussi le même mouvement.

Avec des piles dont l'action est inégale, on a représenté TefTet produit dans la fig. 1 1 9 ; si la pile la plus forte est celle qui communique aux plaques P, N, ton courant se divise en deux parties, l'une suit directement la diagonale PN, l'autre s'unit au courant le plus faible, avec lequel il fait le trajet indiqué dans l'expérience précédente. Cet effet peut être suivi sur la plaque P', où la Coloration n'a lieu seulement que du côté N. La plaque P se colore au contraire partout, mais un peu plus. fortement du côté de N', où passe le courant de la pile la plus faible.

La fig. 120 représente la direction du courant, telle C|u'il résulte de l'ensemble des observations précédentes. ïiPS courants qui vont des pointes à la plaque sont indiqués par une ligne ponctuée, et ceux qui vont directe- ^nent d'une pointe à l'autre par des lignes pleines. Ces derniers forment les apparences les plus réelles.

5a''). Les apparences électro-chimiques, sur lesquelles ^ous nous sommes un peu étendus, eu raison de leur inaportancê, montrent de la manière la plus évidente que

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lorsque les éléments électro-positifs et éleclro-négatîfs des solutions soumises à l'action de la pile, sont transportés par le courant, ils réagissent les uns sur les autres pour se refouler dans deuK sens opposés , par suite du principe que les portions contiguês d*un même courant se repoussent. Nous verrons , en exposant la théorie électro-chimique, le parti que Ton peut tirer de ce résultat pour faire concevoir comment le transport des éléments peut s'effectuer.

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