‹ Traité complet du magnétisme (volume 4)Chapitre 83 sur 127 · CHAPITRE XIV. 3î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 3î

sur la lame de même métal qui plonge dans la solutioo du nitrate ou du sulfale, il devient inutile de pousser plus loin rexpérieiice; il faut alors changer l'appareil. Dans l'expérience où le grand tube renferme du sulfate de cuivre, et le second dans la partie inférieure de l'argile humectée d'une solulion de nitrate de potasse, puis de l'alcool, la réaction chimique du nitrate sur le sulfate a exercé une grande influence sur la production du courant qui a décomposé le sulfate de cuivre, car l'alcool a dû exercer sur le plomb une action assez faible pour qu'il en résulte un courant électi'ique sensible. Il serait à désirer qu'on pût toujours opérer sur des solutions qui exerçassent les unes sur les autres des actions chimiques suiBsamment énergiques pour développer des courants convenables quand la lame qui plonge dans le liquide est d'or ou de platine, afin de pouvoir étudier facilement les phénomènes de tlccom position et de recomposition indépendamment de la réaction des oxides. Ce serait la seule marche à suivre pour découvrir ce qui se passe dans les composés organiques liquides, lorsqu'on y transporte, an moyen de rélectricité, des corps capables d'enlever quelques-unes de leurs parties constituantes. Ou peut suppléer à ce défaut de réaction suffisante des liquides, en opérant avec l'appareil dont nous allons donner la description, lequel permet d'éviler, quand on le veut, l'action des oxides métalliques qui se forment au pôle positif. Connue cet appareil permet d'opérer dans un grand nombre de cas, nous entrerons dans quelques détails sur sa construction et son usage.

557. On prend trois bocaux A, A', A" (fig. Ja3), rangés sur la même ligne à peu de dislance les uns des autres: le premier est rempli d'une solution de sulfate ou de nitrate de cuivre; le second, d'une solulion de la substance sur les parties constituantes de laquelle ou vent opérer des changements; et le troisième, d'eau rendue légèrement conductrice de l'électricité par l'addition d'un acide ou de sel marin capable de réagir chimique-

3a8 USAGE DE l'app. qttand la lame positive, etc.

chlorique dans une dissolution quelconque^ même lorsque ces deux acides s'y trouvent en (rès-petite quantité. On remplace la lame de platine dV d par une lame d'or, puis Ton verse dans le bocal A une dissolution de sulfate de cuivre et dans le bocal A' et l'argile du tube abc une dissolution du composé qui est . censé renfermer les deux acides en combinaison avec des bases; aussitôt que l'appareil commence à fonctionner , l'acide sulfurique chasse les deux acides de leurs combinaisons, lesquels se portent, avec l'oxigène qui provient de la réduction de l'oxide de cuivre, sur le bout d de la lame d'or; la couleur jaune qui se manifeste sur-le-champ indique la présence de l'acide nitrique et de l'acide hydro-chlorique. Cette réaction s'obtient également quand on substitue aux bocaux des tubes de petites dimensions; par ce procédé, aucunes parties des acides ne sont perdues, car toutes sont transportées au pôle positif, et concourent à la production de l'hydrochlorate d'or.

I\ ExPÉRiETfCE. — Sulfite de cuivre. On remplit le bocal A' d'une dissolution de sulfite de potasse, et l'on remplace la lapie d'or d b' d par une lame de cuivre. L'extrémité d étant toujours le pôle positif, attire l'oxigène ej: l'acide nitrique ; ce dernier décompose le sulfite et s'empare de la base; l'acide sulfureux se porte sur l'oxide de cuivre qui se forme en même temps et se combine avec lui ; le sulfite de cuivre se combine lui-même avec le sulfite de potasse, d'où résulte un composé qui cristallise en beaux octaèdres; mais l'acide nitrique continuant toujours à arriver, finit par décomposer ce double sulfite : il se dégage alors du gaz acide sulfureux , le sulfite de potasse est transformé en bisulfite et en nitrate de potasse. Quant au sulfite de cuivre, il se précipite en cristaux octaèdres transparents, d'un rouge vif, avec l'éclat du grenat pyrope. M. Chevreul a obtenu, il y a long-temps, ce sulfite de cuivre, par les procédés ordinaires de la chimie.

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