CHAPITRE XV
voltaïque par suite de la réaction de l'acide sur le métal oxidable ; mais , dès l'instant que le précipité est commencé, l'élément voltaïque n'est plus moléculaire, comme dans les premiers instants de l'action; alors la réduction continue à s'effectuer en vertu de la présence du métal réduit sur l'autre métal, qui, étant plus attaqué que l'autre, constitue un véritaÎDle élément voltaïque. Mais il ne suffit pas toujours que le métal précipitant possède à un plus haut degré que l'autre la tendance à s'unir, soit à l'oxigène, soit aux acides, quand il est oxidé : par exemple , si l'on met un morceau d'élain dans une dissolution de plomb , il semblerait que l'étain , en vertu de sa plus facile oxidation, devrait enlever l'oxigène gu plomb, et le précipiter; mais il n'en est pas ainsi; d'où cela peut-il venir? il est difficile de répondre à cette question en s'appuyant sur les principes électrochimiques ; car il suffit qu'il y ait une différence dans le degré d'énergie avec laquelle un acide attaque deux métaux qui se trouvent en contact, pour qu'il y ait action voltaïque ; il peut se faire que , dans cette circonstance, cette action ne soit pas assez puissante pour opérer la décomposition des sels de plomb.
On a observé qu'il fallait , pour que la précipitation s'opérât facilement, qiie les dissolutions fussent un peu étendues, et quelquefois légèrement acides. Par ce moyen le métal précipitant est plus facilement attaqué, et réagit mieux sur le sel dissous. Ces métaux réduits, se déposent soit en poudre, soit en cristaux, soit en couche mince. Dans les deux premiers cas , l'action est continue ; mais, dans le second, quand la couche est assez étendue pour masquer la surface du métal oxidant, alors celui-ci n'étant plus attaqué par l'excès d'acide, l'action voltaïque n'a plus lieu, et la précipitation s'arrête. On observe souvent un effet de ce gaire, quand on plonge un morceau de fer dans une dissolution de nitrate d'argent , et lorsqu'on veut dorer ou argenter, dans les arts, le cuivre ou le laiton.
Quand le métal précipité et le métal précipitant ont
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une affinité l'un pour l'autre, la- combinaison s'effectue. C'est ce qui arrive quand on précipite les sels d'or et d'argent par le mercure. Dans ce cas, l'amalgame d'argent, qui cristallise en longues aiguilles, est appelé arbre de Diane. Le cuivre s'allie également avec l'or et l'argent, quand on l'emploie à précipiter ces deux métaux de leurs dissolutions.
Le zinc, mis en contact avec une dissolution d'acétate de plomb, précipite ce dernier en beaux cristaux lamelleux, qui forment l'arbre de Saturne.
L'argent se dépose sous forme cristalline, ou en couclies minces, douées de l'éclat métallique. -
Le cuivre se précipite en plaques informes, ayant l'éclat métallique. Le mercure forme des gouttetettes. Les autres métaux se présentent sous la forme d'une poudre noire, dans laquelle on peut reconnaître immédiatement le caractère métallique.
570. Nous devons appeler l'attention du lecteur sur un effet voltaïque remarquable, qui a lieu daus l'étamage des épingles.
L'étain, comme on sait, précipite le cuivre de ses dissolutions, et cependant on précipite l'étain de ses dissolutions dans l'action de l'étamage des épingles. Si Ton introduit des épingles dans une dissolution contenant de l'étain, un mélange d'une partie de surlartrate de potasse, de deux d'alun, de deux de sel marin et d'une certaine quantité d'eau, les épingles ne s'étament jamais , quelque temps qu'on les laisse plonger dans la dissolution; mais si l'on plonge dans la dissolution un morceau détain qui touche les épingles, celles-ci s'étament aussitôt: les épingles qui ne sont pas touchées par l'étain, ne sont pas étamées. Pour rendre compte de l'effet produit, il faut remarquer que l'étain que Ton plonge, éprouve une action chimique faible de la part de la dissolution, par suite de laquelle le métal devient négatif et la dissolution positive; en établissant le contact avec les épingles de laiton, celui-ci devient l'élément négatif du couple voltaïque , dont l'énergie est suffisante pour dé-