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CHAPITRE II

Ce mode d'aimantation est sensiblement instantané , du moins pour des aiguilles d'une petite longueur, et n'augmente pas d'intensité.

L'aimantation par la |)ile présente les mêmes phénomènes que ceux qui sont produits par le passage d'une décharge électrique.

Lorsque la tension de la pile augmente et que la conductibilité diminue^ la partie de TefTet analogue aux effets des décharges est plus grande et l'action du courant continu a moins d'influence.

C'est ainsi qu'une pile de 20 couples , chargée avec un liquide très-peu conducteur, a donné aux aiguilles un sens d'aimantation contraire à celui que l'on a obtenu avec une pile plus fortement chargée. Dans le premier cas, des aiguilles qui étaient plus longues que des hélices étaient aimantées dans le même sens et plus fortement que celles qui étaient placées au centre de ces mêmes hélices. Quand la pile était plus énergique , le contraire avait lieu.

M. Savary a trouvé que l'action des métaux autres que le fer et l'acier, devient plus sensible sous l'in- Buence des petites tensions. L'exemple suivant en est une preuve. Si l'on place deux aiguilles dans une même héjce, Tune sans enveloppe, l'autre avec une enveloppe de îuivre épaisse, d'environ 5 mill. de rayon, un courant jnèrgîque les aimante à peu près de même, et d'auant plus fortement que la conductibilité de l'appareil »st plus grande ; tandis qu'avec un courant faible les legrés de magnétisme sont d'autant plus différents [ue l'on interrompt davantage la communication , que a conductibiUté est plus imparfaite et la tension plus brte. 11 a reconnu que si on laisse fonctionner longemps l'appareil voltaïque , la différence d'aimantation les deux aiguilles , l'une sans enveloppe et l'autre en- ^eI6ppée d'un cylindre métallique, devient de plus en )lus grande à mesure que l'action est moins vive. Il paaît que l'influence amortissante des enveloppes croît m peu av^ leur épaisseur; cependant, quelquefois ]e3

46o DE l'aimâhtatioii par les gour. éleg.

enveloppes métalliques épaisses augmentent Taimantaiion d'une quantité supérieure aux écarts possibles de ces expériences. D'après tous les faits que nous venons de rapporter, on voit combien on est éloigné encore de connaître toutes les causes qui influent sur IVimantation.

265. M. Savary, qui a analysé avec le plus grand soiu l'aimantation que des aiguilles de fer et d'acier prennent par l'action des décharges électriques ou des courants, s'est borné à exposer les faits qui préexistent à toutes les hypothèses que l'on peut faire pour les expliquer ; il en a déduit cependant des conséquences générales sur la nature des courants électriques , qui s'accordent avec notre manière de voir sur les phénomènes électriques. 11 pose d'abord en principe qu'une décharge électrique est un phénomène de mouvement. 11 examine ensuite si ce mouvement est un transport de matière, ou s'il résulte d'une suite d'oscillations transmises du fil au milieu environnant, et dont la vitesse est diminuée par la résistance des particules agitées. Dans le premier cas, les alternatives de magnétisme opposé que l'on trouve à diverses distances d'un conducteur rectiligne , devraient être attribuées uniquement aux réactions mutuelles des particules magnétiques dans les aiguilles d'acier; mais il rejette cette hypothèse copame inadmissible avec ce qui se passe dans un fil quand sa longueur change. Il pense que tous les phénomènes qu'il a observés peuvent être déduits de l'hypothèse qui 6it dépendre non-seulement l'intensité, mais le sens de l'aimantation des lois suivant lesquelles les petits mouvements s'amortissent dans le fil, dans le milieu qui l'entoure, et dans la substance qui reçoit et conserve l'aimantation. Suivant cette manière de voir , « les oscillations dans le tf fîl auront une vitesse absolue d'autant moindre, elles a s'étendront d'autant plus rapidement que ce fil sera « plus long, plus mince, que la résistance propre à sa « nature sera plus considérable. » C'est un moyen d'expliquer pourquoi , avec un conducteur rectiligne et une

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