CHAPITRE III
troduire plus ou moins son bord entre les pôles magnétiques. On couvrit d'amalgame le bord du disque, afin d'obtenir un contact mobile; la partie du disque autour de l'axe fut préparée de la même manière ; des conducteurs de cuivre ou de plomb de 4 pouces environ de long, de i pouce de large et de i pouce d'épaisseur, furent évidés à. l'une de leurs extrémités et munis d'amalgame pour être appliqués avec plus d'exactitude sur les* bords du plateau. On mit les conducteurs en communication avec un multiplicateur dont le fil de cuivre entouré de soie formait autour du châssis 16 ou 18 circonvolutions. Les choses étant ainsi disposées, les pôles magnétiques se trouvant à une dislance d'un demipouce environ l'un de l'autre, le bord du disque fut introduit entre eux jusqu'à la moitié de leur largeur environ. On attacha l'un des fils du multiplicateur autour de l'axe de rotation, et l'autre au conducteur qui était maintenu en contact avec le bord amalgamé du disque, précisément dans la partie située entre les deux pôles. Aussitôt que le disque fut mis en mouvement, l'aiguille du multiplicateur éprouva une déviation de 90°, et se mit à osciller à cause de la difficulté d'opérer un contact qui fût parfait. Mais en faisant les expériences avec soin, et régularisant le mouvement de rotation, on obtint une déviation permanente de 45°. Cette expérience démontre évidemment la production d'un courant électrique continu au moyen des aimants ordinaires. £n imprimant un mouvement de rotation en sens inverse, sans faire aucun autre changement à l'appareil, la déviation fut en sens contraire. Quand le conducteur était placé au bord du disque, comme on le voit dans les positions ponctuées de la fig. 112, le courant avait toujours la même direction, et il en était encore de même jusqu'à une distance de 5o ou 60° de chaque côté des pôles magnétiques; mais le courant allait en décroissant à partir du point de la plus grande intensité qui se trouvait entre les deux pôles. A une égale distance des pôles magnétiques le courant avait la même intensité; il n'y
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avait renversement de pôles que lorsque la rotation avait lieu dans un autre sens.
278. Lorsqu'on éleva le disque jusqu'à ce que les pôles magnétiques fussent complètement cachés l'un à l'autre par son interposition (fig. 1 1 3) les résultats étaient absolument les mêmes ; en l'élevant encore plus haut, de manière que c fût la place des pôles, les résultats furent encore les mêmes. Lorsque le conducteur était appuyé sur les bords du disque et qu'il en suivait le mouvement entre les pôles, l'aiguille aimantée fut déviée de peu de degrés , et indiquait un courant électrique tel qu'on l'aurait obtenu en faisant tourner la roue dans la même direction, et en retenant le conducteur stationnaire.
En mettant en contact les deux conducteurs avec les bords du disque de' cuivre, M. Faraday obtint également des courants électriques ; en appliquant les fils, comme •l'indique la fig. 1 14^ le multiplicateur indiquait un courant ; mais pour peu que leur place fût changée, comme dans la fig. 1 1 5, le courant était dirigé en sens contraire. Dans le premier cas , le multiplicateur indiquait la différence entre un courant énergique à travers A, et un faible courant à travers B; dans le second c'était le contraire ; d'où devait résulter une déviation dans un sens opposé. Quand les deux conducteurs étaient équidistants des pôles magnétiques, comme dans la fig. 1 16, l'aiguille aimantée n'éprouvait aucune déviation; résultat facile à concevoir, puisque les deux courants égaux étaient dirigés en sens inverse.
279. M. Faraday disposa ses appareils pour rendre les résultats indépendants du magnétisme terrestre , ou de l'influence mutuelle des aimants et des aiguilles du multiplicateur. Il opéra les contacts à l'équateur magnétique du disque et en d'autres endroits. Le disque fut placé horizontalement , les pôles verticalement ; l'absence de toute action autre que l'action principale se fit promptement reconnaître par le défaut absolu de résultats , lorsque le disque était éloigné des pôles.
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Pour établir là relation du courant électrique produit par rînfluénce du pôle magnétique avec la direction de rotation dd disque , M. Faraday a remarqué que lorsque le pôle austral est au-dessous du bord du disque, et que (Se dernièi^ tourne horizontalement à la manière d'une vis, rélectricité ,qm est recueillie aii bord du disqufe le plus près dû pôle est positive.
Si le pôle boréal est placé au-dessus, rien n'étant chatigé du reste (fîg. 117) l'élettricité en B est encore positive ; s'il est placé au-dessous ou bien si l'on place lé jjôle austral àu-dessùs , il y a renversement dans l'électribité.
Il résulte des faits précédents, que l'expérience du disque en rotation revient à celle par laquelle on fait passer un morceau de métal entre les pôles magnétiques dans utie direction rectiligne ; dans ce cas, il y à des courants électriques produits à angles droits à la direction du mouvement , et qui traversent cette direction à l'en- . droit des pôles ou du pôle magnétique. Ce fait peut être rendu sensible par une expérience très-simple : on place entre les pôles magnétiques un morceau de cuivre amalgamé sur ses bords , qui communiquent avec les deux bouts du multiplicateur. Si l'on tire la plaque dans là direction de la flèche (fig. 118) Taiguille du multiplibateur est aussitôt déviée, et le setis de la déviation indique que le fil A reçoit l'électricité négative : en renversant le mouvement de la plaque , l'effet est contraire. Nous ne suivrons pas M. Faraday dans toutes les expériences qu'il a faities pour montrer les courants électri- 3ues qui sont produits en différents points de la plaque e cuivre en mouvement, et leurs différents rapports avec les pôles excitateurs, parce que nous serions entraînés dans des expériences dont les développements donneriEtleht trop d'étehdue à cet ouvrage. Je dirai seuletnent que les faits qu'il a observés , et particulièrement ceux que nous avons rapportés précédemment, l'ont mis à même de conclure qtie le courant électrique, qui eit excité dans uti métal mis en mouvement auprès d'un
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aimant, dépend entièrement, quant à sa direction, des rapports de position du métal avec la résultante de Faction magnétique, ou avec les courbes magnétiques dont on détermine la position avec la limaille.
On peut indiquer ces rapports de la manière sui« vante, d'après M. Faraday:
aSo.Soient AB (fig.i 19) un cylindre magnétique, dont le pôle qui est tourné vers le nord soit désigné par A, et P N une lame de couteau d'argent placée en travers de l'aimant, le tranchant en haut et le bord entaillé tourné vers A. Quelles que soient la direction et la position que prenne le couteau, le tranchant étant toujours en avant, tant vers le pôle austral que vers le pôle boréal, le courant ira toujours de P en N , pourvu que les courbes qui procèdent de A, rencontrent la surface entaillée du couteau, et que celles qui partent de B rencontrent la surface non entaillée.
Si le couteau est mû avec le dos en avant, le courant chemine de N à P. Il semble donc que l'induction des courants électriques soit excitée circulairement par une résultante magnétique ou axe de puissance, de même que le magnétisme circulaire dépend d'un courant électrique et est représenté par lui. Il paraît démontré maintenant que lorsqu'on fait passer une pièce de métal, soit devant un simple pôle, soit entre les pôles opposés d'un aimant, il en résulte des courants électriques à travers le métal, transversalement à la direction du mouvement, lesquels, dans les expériences deM. Arago, approchent de la direction des rayons. Si donc l'on fait mouvoir un simple fil, comme le rayon d'une roue, près d'un pôle magnétique, il se manifeste dans toute la longueur du fil un courant électrique. Si Ton considère maintenant une roue, comme formée de la réunion d'un nombre infini de ces rayons tournants près du pôle, de la même manière que le disque de cuivre, on aura dans chaque rayon un courant électrique, à l'instant où il passera près du pôle.
Voici maintenant l'explication que donne M. Faraday