CHAPITRE in
l9. Avec \jn fil de cuivre parfaitement décapé, si l'on élève Is^ tempérî^ture de l'un de ses tûuts, en plaçant le foyer de chaleur à une certaine distance des points chauffés , pour oxider le moins possible sa surface , et qu'on le pose sur celui qui est à la température ordinaire,, il ne Sie produit pas de courant; mais si Ton oi^i(fet préalis^b^epient la surface afin d'interposer un corps étr£^Q,^er ent^-e la partie chaude et (a partie froide, il y a alors un courant qui va de Tune à l'autre, oomuie dans le fil de platine. L'application d'une couche très-mince de mercure , d'étain , à^'çr ou d'argent, sur la surface des bouts du fil de cuivre, suffit pour produire le même effet que la cou(;he d'oxide.- De là nous pouvons conclure avec beaucoup de vraisemblance que, d^ns le preui^ier cas, où les dei^x surfaces sont tfès-nettçs, le ci^ivre étant bon conducteur, la solution ^e continuité n'oppose qvx'un faible ob^^tacle au passage de la chaleur de la partie chaude à la partie froide; de sorte que l'on peut regarder sa propagation comme étant sensiblement la même à droite et à gauche de la solution de continuité; tandis, que, dans le second cas, l'interposition d'u^i corps étranger modifie suffisamment la propTigation de la chaleMr pour pi'oduire les mêmes effets que clans le platine.
Voir et l'argent, quand ils ne sont pas purs, donnent des résultats semblables à ceux du cuivre; lorsqu'ils renferment du cuivre, la chaleur développe à leur surface qqe petite couche d'oxide, qui met .obstacle à la propagation de la chaleur, et alors on a courant du chaud au froid. H ^st bien entendu que les deux fils de. cuivre, d'or ou d'argent? doivent être pris dans le même bout; car s'ils ne sont pas hoipogènes, il en résulte des effets particuliers.
Veut -on avoir un courant continu avec un fil de cuivre : on coupe ce fil en deux, et l'on réunit deux des lH)uts au moyen de deux crochets passés l'un dans l'autre (fig. 26), taudis que les deux autres bouts commu-
4o ITUFL. DE LA. CHAL. SUR LE D^GAG. DE l'eLEC.
niquent avec un multiplicateur ou tout autre appareil; en plaçant une lampe à alcool, à droite ou à gauche des points de jonction , en a par exemple, on a un courant qui suit la direction acù^ aussitôt que la surface du cuivre est recouverte d'une couche d'oxide.
Les faits précédents nous indiquent que le pouvoir conducteur des métaux pour la chaleur est une des causes qui influent sur la production des effets thermo-électriques. Si Ton opère avec des métaux oxidables, tels que l'antimoine, le fer et le zinc, on a des effets inverses, c'est-à-dire que les courants vont du froid au chaud, comme M. Nobili l'a observé (i).
Quelle est la cause de ce changement ? Est-il le résultat d'une action chimique, ou de tojite autre action? c'est ce que l'expérience suivante va nous dire. Opérons dans l'huile, afin d'éviter l'oxidation des métaux; maintenons l'un des bouts de la lame de fer ou de zinc dans ce liquide privé d'eau et d'air, dont on élève la température jusqu'à 60** ou 80** ; puis , posons sur ce bout l'autre environné également d'huile à la température ordinaire, le courant ira encore du froid au ^haud. L'action de l'air sur le métal n'est donc pas la cause du trouble survenu dans l'équilibre des forces électriques. Peut -être doit -on la rechercher, soit dans la conductibilité de ces métaux pour la chaleur, soit dans la couche d'oxide qui recouvre la surface des métaux, ou dans certaines modifications que la chaleur fait éprouver à leurs facultés électriques.
Le plomb et Tétain donnent des effets variables entre lesquels on ne peut établir de corrélation. Il résulte des faits précédents, que dans les circuits formés d'un seul métal, de la classe de ceux qui sont fortement thermoélectriques, s'il se trouve dans l'intérieur de la masse des corps étrangers qui tendent à modifier la propagation
(i) Bibl. univ. de Genève , t. xxxvii, p. 118.