CHAPITRE IV. ifjn
Ces résultats noiis montrent que Tintensité est la plus forte possible sur les bords.
S IV. De l'action par influence^ exercée à distance par un corps électrisé sur un corps à l'état naturel.
104. Nous n'avons considéré jusqu'ici que des corps électrisés mis en contact avec d'autres corps à l'état naturel; nous allons maintenant étudier les phénomènes produits dans ceux-ci, lorsqu'ils se trouvent placés à peu de distance des premiers.
Si ion attache de distance en distance à un cylindre de cuivre isolé, terminé par deux hémisphères, des électromètres à pailles ou à balles de sureau, et que, le teoant par son support isolant, on l'approche d'un corps électrisé et muni également d'un électromètre ci balles de sureau , on voit aussitôt celles-ci se rapprocher d'autant plus que les -corps sont plus près ; tandis ^ue dans le cylindre les balles divergent de plus ^^ plus, mais avec celte différence néanmoins, que la divergence va eu diminuant jusqu'au milieu du cylin- "^e, où se trouve un point neutre, dont la position change ^ ïiïesure que l'on écarte ou que Ton éloigne les corps ; V^ à partir de ce point la divergence augmente jusqu'à '^Xlrcmilé opposée. Avec le plan d'épreuve on recon- ^,^*t que les deux moitiés du cylindre sont électrisées "'téremment, et que la partie qui est la plus rapprof'^ée du corps électrisé possède une électricité contraire ^ Ja sienne. Ce corps n'éprouve aucune perte dans son électricité, comme on peut s'en assurer en mesurant sa ^^^ction électrique avant et après l'expérience.
Ces faits nous font coimaîlre plusieurs propriétés im- P^ litanies : i® qu'un corps électrisé exerce à distance ^^ï* un autre qui ne l'est pas une action qui dissimule *^ffet de son électricité, et rend l'autre corps électrique; ^ que l'action par influence décompose le fluide neutre ^'^ corps non électrisé, en sépare les deux électricités, ^•^1 se recombinent aussitôt qu'on éloigne les deux corps, ^^pposons que le corps électrisé possède l'électricité II. la
a02 THIÉORIE DE LA MACHINE ELECTRIQUE.
a aucun signe d'électricité ; tandis quVn employant des amalgames de métaux oxidables, les effets sont toujours très-marqués. Il a trouvé que l'amalgame de zinc produit plus d'effet que celui d'étain, et que le meilleur est celui qui renferme un mélange de zinc et d'étain.
Je rappellerai encore ici, que pour s'assurer jusqu'à quel point l'oxidation facilite la production de l'électricité, il a fait monter une petite machine électrique composée d'un cylindre, d'un coussin, d'un conducteur, dans un vase où l'on pouvait changer l'air à volonté et y introduire un gaz quelconque. Avec de l'acide carbonique, il lui fut absolument impossible d'obtenir aucun signe d'électricité^ mais ces signes reparurent aussitôt qu'il fit rentrer de l'air atmosphérique. On a avancé, à la vérité, depuis, que le dégagement avait lieu, quoiqu'à un faible degré ," dans le gaz acide carbonique desséché; ainsi cette expérience aurait encore besoin d'être repétée.
Les expériences de Wollaston prouvent que l'action chimique exerce au moins une grande influence sur le dégagement de l'électricité dans lès machines électriques, si toutefois elle n'est pas une des causes les pfus déterminantes.
Nos connaissances actuelles nous permettent de préciser davantage les faits. Nous avons vu, dans le chapitre III, qu'il y a dégagement d'électricité dans les corps, toutes les fois que leurs molécules perdent leur position naturelle d'équilibre par l'effet de la chaleur, des réactions chimiques ou d'un ébranlement mécanique. Les deux premières causes ont chacune leur mode d'action; la troisième est dépendante de l'une et de l'autre, et particulièrement de la première, car il peut y avoir ébranlement sans action chimique, tandis que l'ébranlement ne peut exister sans dégagement de chaleur. Revenons un instant sur cette question.
Les phénomènes thermo- électriques prouvent que lorsque la chaleur se propage dans les métaux cristallisés, et probablement dans tous les corps, il se manifeste