CHAPITRE VI
préalablement dans une dissolution de sel marin ; puis au-dessus, la face cuivre d'un second couple; sur la face zinc de celui-ci , une seconde bande de drap mouillé, et ainsi de suite. En ayant réuni de cette manière un certain nombre , il mit en communication la face zinc supérieure avec l'un des plateaux du condensateur ; il n'eut pas besoin, cette fois, de placer une bande de papier hurnide entre le zinc et le cuivre du condensateur pour obtenir de l'électricité positive», car il en recueillit une quantité très-notable. Son étonnement redoubla quand, ayant augmenté convenablement le nombre des couples métalliques , il tira des étincelles de son condensateur.
La pile était ainsi formée : cuivre, zinc, drap mouillé; cuivre, zinc, drap mouillé, etc. Il suivit ensuite un ordre inverse, en mettant en communication avec la terre la face zinc du premier couple; la pile fut donc formée ainsi : zinc, cuivre, drap mouillé, etc. Les effets furent inverses, et le condensateur prit un excès d'électricité négative à la face cuivre supérieure.
Volta ne se borna pas à constater que l'électricité positive ou négative allait en croissant de haut en bas, selon que la pile communiquait avec la terre par la face cuivre ou la face zmc, il chercha encore à déterminer le mode de distribution de l'électricité, lorsque les deux extrémités elles-mêmes étaient isolées. Il trouva que, dans ce cas, la tension, quoique faible, allait en diminuant depuis chaque extrémité ; que la face extrême zinc possédait le maximum d'électricité positive, et la face cuivre le maximum d'électricité négative. Ce résultat général a de l'analogie avec Ik distribution de l'électricité dans la tourmaline, quand sa température est montante ou descendante.
i44» La découverte de la pile est une des plus belles conceptions de l'esprit humain, en raison de ses importantes application^ aux sciences physiques et chimiques. 1^ travaux multipliés de Volta pour arriver à sa construction et en étudier le mode d'action prouvent
a5o DE L'iLEG. DE TENSION DE LA PILE, ETC.
Si l'on isole les deux pôles , on a les résultats sLt vahts :
Théorie du contact. , Théorie électro-chimique.
I*' cuivre — 2 ^— .<
i*"^ zinc — 1 — 5
Drap mouillé.
r^œe cuivre — I — 2
a"' zinc x). e . . . . »
Drap mouillé.
S""' cuivre o •
3*"* zinc + I ..... +a
Drap mouillé.
4"** cuivre +1 +2
4°"* zinc . +2 +4
Ici les tensions ne sont plus les mêmes; car celles qui* sont données par la théorie électro-chimique sont précisément doubles des tensions que la théorie du contact assigne à chaque disque; de plus, les premières sont les mêmes sur la face zinc, que la pile communique ou non avec le sol par la face cuivre; or, l'expérience montre le contraire, puisque l'on a reconnu que la tension est plus forte quand l'un des pôles communique avec la terre que lorsque la pile est isolée. Comment accorder la théorie avec l'expérience? Rien n'est plus facile ^ si l'on tient compte des recompositions qui ont lieu,* chaque instant, dès que l'action chimique a cessé.
Dans le premier cas , lorsque la face cuivre comnfïUnique au sol, la partie supérieure de la pile ne possède que l'électricité positive; par conséquent l'électroscop* doit accuser la tension relative à cette partie. Dans k second cas , il n'e^n est plus de même, attendu que Iç* lectroscope reçoit indistinctement, et l'électricité posi* tive de la partie supérieure, et l'électricité négative dé 1» partie inférieure, laquelle neutralise la première si 1* conductibilité électrique est suffisante. La tension devrait donc être nulle, si les liquides intermédiaires élaien*