DEUXIÈME PARTIE
TRAITEMENT DES SCROPHULES.
J jes scropliiiîes sont, comme il est maintenant aisé de le concevoir, beaucoup plus faciles à prévenir avant leur développement, qu'à détruire après leur invasion. Cette seconde partie ne doit donc pas se borner à l'exposition des moyens capables de combattre FaHeclion strumeuse après sa manifestation , mais encore embrasser l'histoire de ceux qui , par leur ensemble , jouissent du précieux avantage de garantir l'homme naissant des influences funestes cjue peut avoir sur lui cette fâcheuse maladie. Je croirais n'avoir rempli que très-imparfaitement la tâche que je me suis imposée, si je n'envisageais maintenant mon sujet sous ce double point de vue. Deux indications générales s'offrent ici :
1°. Prémunir l'homme contre les attaques de la constitution scrophuleuse. — Nous répondrons à cette indication importante, dans la première division , sous le titre de Traitement prophylactique des scrophules y ou pjincipes géneraux^ sur la meilleure éducation -physique des enfans-.
2". Obtenir une guérison radicale de la diathèse écrouelleuse et des différentes inflammations locales qui peuvent la compliquer. — Tel sera l'objet de notre seconde division , sous le titre de Traitement curatif des scrophules.
PREMIERE DIVISION
TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE DES SCROPHDLES , OU PRINCIPES GÉNÉRAUX SU II LA MEILLEURE ÉDUCATION PHYSIQUE DES ENFANS.
Jje médecia qui voit avec Fœil de la philanthropie les principes défectueux d'après lesquels on élève la majorité des enfans , conçoit à peine eette insouciance générale pour tous les moyens |ui pourraient concourir au perfectionnement de l'espèce humaine. Il souffre surtout en considérant que chaque jour, même chez les nations les plus civilisées, on propose des encouragemens et des prix pour l'amélioration des plantes potagères et des animaux domestiques , tandis qu'on ne fait rien de semblable pour l'homme. «Nous em- )) ployons tous nos efforts (dit Cabanis) à nous )) procurer de bons fruits, de belles fleurs, des
yy animaux vigoureux Combien n'esl-il pas
» honteux de négliger totalement la race del'hom- » me? Comme si elle nous touchait de moins près 3
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» comme s'il élail plus e>,s( nlirl travoir des bœufs y) gratids et fi>rls, que des homiues vigoureux el y) sains; des pêches bien oiiorautes et des tulipes y> bien tachelées , que des citoyens sages et » bous, etc. » Ces reproches d'un médecin philoso[)he sont smlout très-apphcables au siècle présent , où l'on voit les excès et les abus de la civilisatioii porter jusques dans les dernières classes de la société, l'amour exclusif des plaisirs sensuels et l'oubli total de la santé, trésor le moins apprécié, et cependant le plus digne de l'être.
Descartes a plusieurs fois répété : Si V espèce humaine peut être perfectionnée , c'est dans la médecine qu'il faut en chercher les moyens. Je partage entièrement cet avis, mais je pense en même temps que l'application des préceptes salutaires que peut donner cet art, ne doit pas être exclusivement confiée aux médecins; c'est aux parens surtout qu'il faut apprendre à secouer le joug des préjugés et de l'erreur, dans la manière d'élever les fruits de leurs amours j seuls en efftt^ ils peuvent, par une surveillance continuelle, et cette indispensable sollicitude qu'inspire la tendresse et l'amitié, éloigner de l'homme naissant tout ce qui pouri'ait lui devenir funeste. et rassembler autour de son berceau toutes les influences favorables au développement parfait . de sa frêle machine.
L'éducation paternelle du premier âge ne peut
être avantageusement remplacée par aucune autre; c'est la seule avouée par la nature. Cette idée n'est pas neuve; sans doute, elle dut se présenter à l'esprit du premier homme qui sentit au fond de son cœur le bonheur d'être père, et les obligations sacrées qu'impose un aussi beau titre. L'histoire nous fournit l'exemple d'un assez grand nombre de parens qui ne voulurent s'en rapporter qu'à leur tendresse pour élever leurs enfans. Caton le censeur quittait tous ses travaux pour surveiller les soins que l'on donnait à son fils pendant le bain ou les exercices. Auguste enseignait lui-même l'écriture et la natation à ses petits-fils. Enfin , Cornélie , cette femme célèbre sous tant de rapports , mais particulièrement sous celui de la tendresse maternelle, regardait l'éducation de ses enfans comme la première de toutes ses occupations ; fière d'être mère, et de voir près d'elle ses plus chères espérances, croître dans une santé parfaite, elle les montrait avec orgueil en prononçant ces paroles mémorables : Voilà mes plus beaux ornemens .
Mères tendres et vertueuses, vous chercheriez en vain un plus beau modèle ! Qu'il devienne celui de votre conduite; écoutez la voix de la nature et de l'amour: sacrifiez tous les vains plaisirs du monde au bonheur (Y être mère ^ et ^vouâ recevrez chaque jour un prix inestimable