‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 150 sur 236 · I. RÉGNE MINÉRAL · texte numérisé non relu

I. RÉGNE MINÉRAL

1°. Electricité. — Elle fut surtout conseillée par Undervood , Mauduyt , et Mozard de Gazelles, qui lui attribuèrent la propriété d^ atténuer le virus écrouelleux , et d'en favoriser l'expulsion. Mais en supposant que ce moyen pût concourir à la guérison des écrouelles, ce serait toujours en excitant les organes de l'économie, et jamais en agissant comme spécifique.

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2°. Mercure, — Il a été mis en usage sous presque toutes les formes, à l'état de métal d'oxide, de sel et de sulfure : i**. à V extérieur, bains mercuriels de Baume ; frictions d'après la méthode de Cyrillo, ou faites avec Tonguent mercuriel ordinaire; fumigations mercurielles de Lalouette 5 frictions sur la muqueuse buccale avec le calomel (proto-cblorurede mercure) , d'après la méthode de Clare ; Varthon conseille même de solliciter la salivation , qui , d'après cet auteu r, a guéri plusieurs écrouelleux : Strumœ fréquenter evanescunt mercurii salipatione. Amatus Lusitanus soutient la même opinion. A. Paré, Baglivi, Bouvard et M. Portai conseillent Fappli cation de l'onguent mercuriel sur les tumeurs scrophuleuses. Bordeu vante beau coup ce métal , et donne, relativement à sa manière d'agir, une explication plaisante et vraiment indigne d'un praticien aussi célèbre. Il conseille de prendre en même temps les eaux de Barèges, qui, comme il le dit luimême, diminuent la férocité du mercure ( Bordeu , Usage des eaux de Barèges et du mercure dans les scroph. p. 102). 1^. A V intérieur , on a Successivement préconisé le mercure gommeux de Plenck ; les pilules de Belles te ; Veau mercu" rielle de Théden; la poudre mercurielle martiale de Lalouette ; le sirop de Belet; les préparations martio-mercurielles de Navier ; le sublimé martial de Hartmann; le sulfure de mercure noir ; le

DEUXIÈME PAIITIE. SSq

sulfure de mercure an tiino nié 5 enfin le sublime corrosif { deuto chlorure de mercure ), auquel M. Baumes conseille d'associer Fopium , la ciguë, la jusquiame , etc.

Si le mercure peut être avantageux dans lo traitement des scrophules, c'est seulement d-ans le cas de complication syphilitique , en détruisant cette maladie; mais il est même alors contraire à la guérison de l'affection strumeuse , puisqu'on a vu son usage déterminer des hydropisies mortelles, et qu'il est susceptible d'avoir beaucoup d'influence dans le développement de la constitution scrophuleuse , lors même quelle n'existe pas, comme nous l'avons démontré, et comme le prouvent encore les observations de plusieurs praticiens distingués. Ainsi, M. Vigaroux ( Oôserpations sur la vérole ^ p. 52 ) a prouvé, par des faits concluans , que le traitement mercuriel administré contre la syphilis, même avec beaucoup de précaution , peut donner naissance à la diathèse écrouelleuse. Ecoutons M. Lombard (cfe r Utilité des évacuans dans la cure des tumeurs , p. 109). (c Si les maîtres de l'art avaient pris la )) peine de ne décider qu'après de justes compay) raisons, ils auraient vu que si des scrophules )) rebelles à quantité de remèdes, proposés parla )) chirurgie et l'empirisme, avaient été radicaley) ment guéries par l'usage des préparations merî> curielies, et du mercure en frictions, il y en

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7) avait d'autres, et c'est le plus grand nombre, y) où ce minéral employé sous toutes espèces de y) formes, les irrite et favorise leur développe- » ment ».

En combattant l'efficacité supposée du mercure dans le traitement des scropbules , je ne prétends cependant pas dire que les faits rapportés par les auteurs que je viens de nommer soient entièrement controuvés; mais je dois faire observer que ces praticiens ont pris , pour la guérison radicale de l'affection strumeuse, la disparition de quelques tumeurs, de quelques engorgemens lymphatiques dont les emplâtres mercuriels fovorisent assez souvent la résolution , et qu'ils n'ont , par conséquent, obtenu que l'élimination du symjjtome^ par un moyen toujours dangereux, relativement à la maladie générale,

^^, antimoine, — ^11 est peu de préparations antimoniales qui n'aient été conseillées dans le traitement des scropbules; ainsi, Malouin et Lewis accordent beaucoup d'avantages au sulfure antimonié de mercure, dans les engorgemens scrophuleux. Lhéman prescrit l'acétate antimonié de potasse commme apéritif et fondant, Fotliergill vante, contre le carreau ^ le sulfure d'antimoine et le tartrite antimonié de potasse, mêlés avec les yeux d'écrevisse réduits en poudre. Delassone regarde comme très-efficace un mélangede calomel (proto-chlorure de mercure).

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