IV. MÉDICAMENS COMPOSÉS
Les praticiens, fatigués de ne point obtenir des substances simples , qui leur avaient paru les plus efficaces, tous les bons effets qu'ils en aUendaient, ont placé leurs espérances dans l'art de formuler. Ainsi, i°. Oribase conseille un mélange de chaux vive et de miel. — 2**. Janin , ses pilules faites avec le séné, letartrate de potasse.
352 TRAITÉ SUR LES SCROPilULES.
Tagaric, la rhubarbe, le tartrile antimonié de potasse, le raercure doux ( proto-chlorure de mercure ), etc. etc. — 5°. Thomas Burnet, ses bols avec le miel et la cendre de taupe. — 4^. Noël, sa teinture spiritueuse, composée avec la pulpe de coloquinte, les clous de gérofle , l'anis, le safran , la terre foliée de tartre ( acétate de potasse ) , et le vin d'Espagne. — 5°. Lalouette , son fameux spécifique dont nous avons indiqué la composition. — 6°. Chaiineuil , le sulfure de mercure noir combiné à l'extrait de ciguë. — 7^. Fothergill, un médicament composé avec le quinquina, la racine de réglisse, la noix muscade, et la teinture de gaïac. — S°. Dumoulin, ses pilules faites avec l'éthiops minéral (sulfure noir de mercure ), l'élhiops martial (oxide noir de fer), et les cloportes écrasés, et, conjointement, l'eau distillée de Millepertuis. Poissonnier prétend avoir guéri, par ce moyen, l'héritier présomptif de la couronne de Russie, qui, d'après cet écrivain, avait autour du col des glandes dont le volume égalait celui d'une noix. Je m'abstiens de qualifier ces observations du nom qui leur convient; mais je dois ajouter que tous ces moyens sont ou dangereux ou sans efficacité , et qu'il serait inconsidéré de fonder sur aucun d'eux, et d'une manière exclusive, l'espoir de guérir radicalement la diathèse scrophuleuse bien établie. Je dirai la même chose des pilules de
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Faure , de Graleloup, de Yalériola , deLotichius 5 de la poudre de Dehaen , etc. — 9°. Enfin , Peyrilhe conseille l'usage d'une niixlionjà parues égales, d'oxide de fer, de muriate d'ammoniaque et de carbonate de potasse, dans une décoclion amère. Cet auteur a surtout attribué de grands avantages au composé suivant , connu sous le nom d^élixir amer ou anti-scrophuleux : Faites macérer pendant trois jours, dans deux livres d'alkool, un gros de carbonate de potasse et autant de racines de gentiane concassées ; la dose est de deux ou trois cuillerées chaque jour. Ce médicament, employé sans discernement, peut déterminer les accidensles plus funestes; et, cependant , quelques médecins le donnent indistinctement à tous les scropliuieux , comme un spécifique infaillible. J'ai bien souvent observé que son usage produit la fièvre, bâte le développement de la phtilisie tuberculeuse, ou des autres infl.ammations locales, surtout chez les sujets Irèsexcitables; M. Dupuytren nous a fait plusieurs fois cette remarque dans ses précieuses leçons cliniques. La prudence exige, par conséquent, que l'emploi de ce moyen soit réservé pour les écrouelleux d'un tempérament froid , sans ressort et sans énergie , affectés seulement de la constitution strumeuse simple, et sans aucune irritation ni phlegmasie locale ; encore faut-il surveiller ses effets avec une attention extrême,