PREMIÈRE PARTIE
cessif , et qui cependant ne sont pas scrophuleux. 2°. On rapporte un grand nombre d'observations, et je pourrais en citer quelques-unes , qui prouvent que des sujets, les uns sanguins, les autres mêmes bilieux , retenus long-temps dans des cachots sombres et humides, privés d^ine bonne nourriture , etc. , sont devenus écrouelleux , sans offrir aucun des traits du tempérament lymphatique. Quant à l'atonie du système lymphatique, elle me semble également inadmissible , comme caractère essentiel de la maladie , puisque Ton voit un assez grand nombre de scrophuleux dont les membres grêles, et pour ainsi dire desséchés, même dans les premières périodes de TafFection , ne présentent point ces infiltrations, ces œdèmes passifs j sym])iome le plus certain de l'atonie dont il s'agit, tandis qu'on l'observe souvent chez les vieillards, surtout après des maladies longues, sans affection strumeuse.
5"*. Girtanner pense que les scrophules dépendent constamment âfune augmentation notable dans Virritahilité du système lymphatique,' M. Broussais a fait revivre cette théorie, en changeant l'expression qui la caractérise , pour y substituer celle de sub-irritation y sub -inflammation des i^aisseaux blancs. Mais n'est-il pas évident, qu'en regardant l'irritation de ces derniers comme le caractère essentiel des scrophules , ces auteurs ont pris pour l'affection elle-même , les
maladies locales , telles que les ulcérations , les engorgemens, etc. , qui peuvent survenir chez les scrophuleux ? Si ces altérations constituaient essentiellement les écrouelles, j'adopterais à l'instant même la théorie de Girtanner et de M. Broussais ; car je ne conçois pas que des i:ilcérations et des engorgemens puissent être directement prodaiis par atonie , comme le disent beaucoup d'auteurs. Mais je prouverai bientôt, d'une manière incontestable, que ces maladies locales diffèrent essentiellement de la constitution strumeuse, dont elles ne sont que la conséquence et le symptôme. Le système que nous combattons est d'autant plus dangereux qu'il conduit directement à l'adoption d'un traitement nuisible. En effet, si les scrophules n'étaient autre chose que la sub-inflammation des vaisseaux blancs, on devrait mettre exclusivement en usage les moyens anti-phlogistiques ; tandis que l'expérience de tous les siècles garantit l'efficacité des toniques et des excitans, employés avec discernement, modifiés et mitigés suivant les périodes de la maladie, l'état inflammatoire et l'importance des organes où se manifestent les affections locales concomitantes. Il est donc absolument indispensable de bien distinguer ces dernières de la constitution scrophuleuse. Cette distinction existe dans la nature , et se présentera pour ainsi dire d'ellemême, lorsque nous aurons développé le véri-