‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 15 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

y) feclion syphilitique produit peut-être moins le )) scorbut qu'un état analogue aux scrophules. » L'action du remède qui se passe spécialement )) dans les vaisseaux et les glandes lymphatiques, » les fatigue en relâchant leur texture, et il n'est )) point rare que leur engorgement subsiste long- » temps après que les symptômes vénériens ont )) disparu, ou que même on soit obligé de com- )) battre cette disposition scrophuleuse par les )) amers et les toniques ». ( Richerand , Nosogr. chirurg. Tome I, page 160. )

Q''. On voit fréquemment le mercure seul , et indépeîidamment de la syphilis , produire de semblables effets. Ainsi , les ouvriers qui travaillent ce métal j lors surtout qu'ils commencent un peu jeunes, et qu'ils continuent pendant longtemps , s'étiolent insensiblem.ent , deviennent pâles , bouffis , et très-souvent scrophuleux ; tandis qu'aucun fait ne prouve que la maladie vénérienne seule, et indépendamment du traitement mercuriel, ait jamais produit les écrouelles. Il me paraît dès lors incontestablement démontré, 1°. que c'est bien plutôt à ce traitement qu'à la syphilis qu'il faut attribuer le dév^eloppement consécutif de l'affection strumeuse ; 2**. q.u'en supposant même à la première de ces maladies une influence particulière sur la production de la seconde , elle ne pourrait lui donner naissance qu'en altérant la nutrition ^a tous les organes, en

^4 TB-VITÉ SL'R LES SCROPfiULES.

débilitant toute lecoiiomic, et non point en infectant cette dernière par un virus dégénéré , puisquen adoptant cette hypothèse , ce serait admettre un vice ou virus strumeux , tandis que nous avons prouvé qu'il n'en existe point ; vérité qui deviendra bientôt plus évidente encore par Texposition de la théorie naturelle des scrophules.

Telles sont les principales opinions des humo* listes sur le caractère essentiel de la maladie qui nous occupe; nous avons démontré qu'aucune d elles n'avait pas en sa faveur même un côté de vraisemblance , examinons maintenant celles des solidistes sur le même sujet.

II. SoLiDiSTE^. — Les auteurs de cette classe ont placé dans les solides organiques le siège primitif des scrophules ; mais c'est le seul point sur lequel ils s'accordent, tous sont d'un avis différent, relativement à la nature de cette affection.

1°. Galien ne voit dans les écrouelles que des glandes endurcies et squirrheiises ^une espèce de chair sèche et difficile à résoudre. — Struma caro est sicca quœ non facile solvitur ( Lib. de Définit. ) Sunt quoque qui in inguinibus et

alils duntaxat oriri Phligethlon dicunt y quœ sunt glandularum inflammationes ^ struma est uhi hœ partes squirrhum contraxerint. Ces expressions du médecin de Pergame prouvent assez qu'il ne connaissait nullement la nature des scro-

PIŒMIÈRE PARTIE. 2 5

pilules, et qu'il confondait cette maladie avec l'affection carcinomateuse dont les ganglions lymphatiques deviennent parfois le siège.

2°. Sœmmering SLltrihue Taffection strumeuse au relâcheinent et à la dilatation -passive des vaisseaux absorbans / d'où résulte nécessairement, d'après cet auteur, la stagnation et Faiteration des fluides lymphatiques. Mais comment admettre cette théorie, en considérant que trèssouvent on observe la dilatation indiquée sans aucun symptôme de scrophules , comme on le voit dans Toedème, l'anasarque, et les différentes infiltrations nommées passives ? Que d'un autre côté , ces infiltrations lymphatiques devraient être le symptôme prédominant de Tafiection strumeuse , tandis qu'on rencontre un grand nombre de scrophuleux qui n'en offrent en aucune partie.

5^. Cabanis considère les écrouelîes comme une augmentation d'activité dans les bouches absorbantes des vaisseaux blancs , et en même temps une atonie plus ou jnoins marquée dans le canal vasculaire lui-même. Mais en y réfléchissant un peu , il est bien facile de voir que cette théorie est insoutenable. En effet, i °. les bouches absorbantes , faisant partie des vaisseaux lyuq hatiques dont elles sont l'origine, doivent présenter la même nature et les mêmes propriétés que ces vaisseaux. Comment dès lors concevoir que ces

26 TRAITI? SUR liES SCROPHULES.

deux parties d'un même tout, puissent simuîtaîléoient et sous l'influence de la même cause , l'une augmenter d'activité, l'autre diminuer d'énergie? 2°. En admettant même, pour un instant, la possibilité de ces deux états opposés , la guérison des scrophules deviendra impossible à concevoir. Emploiera-t-on des toniques , des excitans ? mais en même temps qu'ils rétabliront l'énergie des vaisseaux blancs, ils augmenteront encore l'activité morbifique des bouches absorbantes. Aura-t-on recours aux anti-phlogistiques, aux caïmans? mais en diminuant l'activité de ces mêmes orilices , ils accroîtront encore Fatoniedes vaisseaux eux-mêmes ; d'où résulterait que les scrophules seraient à jamais incurables, puisqii'aucun moyen ne serait capable de rétablir l'équilibre qui doit naturellement exister entre les bouches absorbantes et les vaisseaux du même nom.

4**. M. Richerand regarde les scrophules comme une atonie des vaisseaux blancs et des ganglions y une exagération du tempérament lymphatique. Je sois bien persuadé que ce tempérament prédispose à la maladie que nous décrivons, mais je ne )cj:ois pas qu'il soit possible d'admettre que son excès la constitue essentiellement. En effet, 1°. on rencontre fréquemment des individus remarquables par un développement prodigieux du tempérament lymphatique, par un embonpoint ex-

Page 1