DEUXIÈME PARTIE. 4o
sans ménagement et sans précaution chez les sn jets doués d'une grande sensibilité, ils peuvent alors, par une douleur trop vive , déterminer une excitation générale, une augmentation très-marquée dans les mouvemens du cœur, produire la fièvre, et tous les accidens funestes qui, presque toujours, en sont la conséquence inévitable.
3^. Enfin , si , malgré toutes ces précautions , la phlegmasie scrophuleuse fait des progrès, avec agitation générale, fièvre habituelle, redoublemens vers le soir , insomnie , sueurs nocturnes, etc. ; il faut renoncer à la prétention de guérir la constitution strumeuse,et traiter exclusivement l'inflammation , par les gommeux , les mucilagineux , la diète lactée, etc. On conçoit qu'il ne reste plus aucun espoir dans ces funestes circonstances, puisque la diathèse scrophuleuse ne peut que faire des progrès rapides sous l'influence du traitement que réclame si impérieusement alors la phlegmasie locale.
Une question se présente naturellement ici : Est-il avantageux d^ ouvrir un émonctoire dans le traitement des écrouelles7
Les auteurs qui considèrent cette maladie comme l'effet d'un vice ou d'un virus altérant les fluides de l'économie, n'ont pas manqué de con« seiilerlescaulères, lessétons, lesvésicatoires, etc., dans l'intention d'évacuer par une issue libre et facile ce qu'ils nomment V humeur morbifique.
4o4 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
Mais nous avons démontré antérieurement que l'affection strumeuse ne dépend jamais d'un principe semblable, et susceptible d'être éliminé par un émonctoire. Nous considérons, dès lors, ces moyens comme entièrement inutiles dans le traitement de la diatlièse scropliuleuse simple ; disons plus, ils sont, dans cette circonstance, toujours nuisibles, et souvent même funestes. En effet, la douleur qui les accompagne, les frais qu'exige la suppuration dont ils sont le siège, augmentent encore l'épuisement général , produisent quelquefois la fièvre, le marasme et la mort. J'ai recueilli plusieurs faits qui prouvent la vérité de cette observation pratique.
Il n'en est pas de même pour la constitution strumeuse avec affection locale ; en effet , i°. lorsqu'il s'agit de guérir un ulcère scrophuleux très-ancien , fournissant habituellement un pus abondant, il est alors prudent d'établir un vésicatoire pendant quelque temps, à l'un des bras, afin de substituer cet exutoire artificiel à celui qu'avait ouvert la maladie; en agissant ainsi , on favorise, d'une part, la guérison de l'inflammation scropliuleuse locale, et, de l'autre, on prévient 1@ développement consécutif d'une plilegmasie nouvelle dans l'un des viscères importans à la vie; accident qui se manifeste le plus ordinairement , lorsque cette pratique n'a pas été suivie. On peut dire absolument la même chose pour tous les