DEUXIÈME PARTIE
de tilleul, des feuilles de morelle, de ciguë, en proportions convenables, en y ajoutant une petite quantité d'étlier ; les émulsions, les loochs mucilagineux, avec addition du sirop diacode, de celui de karabé , etc. , auront alors beaucoup d'efficacité. Lorsque les crachats sont trop abondans , on a conseillé Fusage du laudanum, du lichen d'Islande et du quinquina, avec les gelées de corne de cerf, de colle de poisson , etc.
Troisième et quatrième -périodes. — Le traitement local et général doit encore être suivi d'après les principes que nous avons établis; mais il ne reste le plus souvent alors aucune espérance de guérison. Plusieurs auteurs ayant obtenu quelques bons effets des gommes résines , des baumes, de l'eau de chaux, de l'acétate de plomb, etc., appliqués extérieurement dans le traitement des ulcères cutanés scrophuleux, ont pensé que ces médicamens, employés à l'intérieur, pourraient avoir le précieux avantage de cicatriser les ulcérations du poumon. Mais l'expérience a démontré que ces moyens sont alors toujours funestes, et qu'ils n'ont, le plus souvent, d'autre résultat que celui de hâter la mort du sujet. Si donc il survient, dans les derniers degrés de la phthisie scrophuleuse , expectoration purulente, irritation vers la poitrine, excitation générale, fièvre, sueurs nocturnes, etc. etc., il faut alors abandonner entièrement le traite-
ment anli-scrophuleux; faire Ja médecine des symptômes dans ces cas désespérés; mettre le malade à la diète lactée, à Tusa^je des crèmes de riz , de gruau, de sale]), de sagou, en les aromatisant seulement de manière à rendre leur digestion plus facile. Si les douleurs de poitrine sont très-aiguës, avec insomnie, etc., on doit prescrire les potions mucilagineuses , avec addition de sirop diacode, les demi-lavemens avec la décoction des têtes de pavot, en y versant cinq ou six gouttes de laudanum. Il importe cependant de modérer l'emploi des narcotiques, s'il survient des sueurs très-abondanles; on fait alors, avec avantage, des lotions tièdes au moyen d'une infusion de sureau , légèrement aiguisée avec le vinaigre, ou très-faiblement aromatisée par l'alkool camphré. On a beaucoup vanté Tusage intérieur de la sauge contre ces transpirations surabondantes; je Fai vue réussir plusieurs fois à l'Hôtel -Dieu , dans ces cas extrêmes ; et cependant je ne puis trop recommander la plus grande modération à ceux qui voudraient en essayer les bons effets; car il me semble qu'elle peut, chez un grand nombre de malades, présenter des résultats très-fâcheux. On doit encore , pendant les fortes irritations du poumon , employer sur le thorax les fomentations narcotiques et mucilagineuses, et s'abstenir des stimulans et des rubéfians externes, dont l'action ne peut