‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 204 sur 236 · II. TRAITEMENT LOCAL · texte numérisé non relu

II. TRAITEMENT LOCAL

On rencontre successivement Tune ou l'autre des trois indications suivantes dans le traitement local delà maladie que nous examinons : i°. déterminer la résolution de Tinflammation strumeuse ; i°. favoriser l'ankilose de l'articulation malade; 3*^. enfin enlever, par l'amputation, les parties désorganisées, lorsque leur présence compromet la vie du sujet, et que cette opération est praticable. Examinons en particulier chacune de ces indications.

1°. Résolution. — C'est la seule terminaison avantageuse , aussi devons-nous accorder tous nos soins à l'exposition des moyens capables de la favoriser. Ces moyens varient suivant la période inflammatoire , et le degré d'intensité que présente la phlegmasie.

Première période. — i°. Repos absolu de l'articulation affectée ; lorsque l'inflammation est très-aclire, diète modérée, suspension momentanée des excitans généraux, fomentations émollientes , larges cataplasmes avec la farine de seigle, de graine de lin, la décoction de racines de guimauve, de tête de pavot, etd'unepetitequantilé de safran^ avec addition de huit ou dis gouttes

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de laudanum et d'extrait de Saturne 'acétate de plomb ) ; bains partiels , émolliens , mucilagineux, et légèrement narcotiques, soit liquides, soit sous forme de vapeurs ; on est quelquefois même obligé de faire, avec précaution, une ou deux applications de sangsues dans le voisinage de la partie phlogosée.

Deuxième -période. — Les premiers accidens de Finflammalion ayant diminué dintensité, les douleurs aiguës de l'articulation étant calmées , on doit prévenir l'ankilose par des mouvemens gradués avec ménagement et précaution , faciliter la résolution des ençorsemens survenus dans les tissus blancs affectés; le plus sûr moyen d'y parvenir consiste à stimuler convenablement la peau qui les recouvre. C'est dans cette intention que Ton a conseillé 5 i°. les bains et les douches hydrosulfureuses ; — 2°. les bains de vapeurs aromatiques ; — 3°. les bains de sable chaud ; — 4*^. Tapplication habituelle d'une flanelle épaisse , recouverte par un taffetas gommé; — 5*^. les frictions avec la poudre d'amidon , très-employées chez les Anglais ; — avec l'onguent mercuriel , moyen spécialement recommandé par Bell ; — avec^ falkool , le Uniment ammoniacal camphré, etc. ; — - 6*^. les cataplasmes avec addition de muriate d'ammoniaque. — Lorsque ces moyens ne sont pas suffisans pour opérer la résolution, et qu'il devient indispensable d'exciter plus fortement et

plus profondément , nous trouvons les suivans pour remplir cette indication. Je les ai vu si fréquemment employer à THôtel-Dieu de Paris, qu'il m'est bien facile, guidé par des observations très-nombreuses, d'établir leur efficacité respective : 1°. Le cautère actuel, — On peut l'appliquer de deux manières , soit en -pointant les parties avec un fer incandescent , soit en y traçant à^^ raie s de feu. Ce moyen produit une irritation quelquefois beaucoup trop vive, et peut avoir des inconvëniens sous ce rapport ; d'un autre côté , son action , toujours instantanée , n'est jamais assez soutenue pour entretenir pendant le temps suffisant une excitation convenable. Je n'ai jamais observé de résultats bien satisfaisans de son emploi dans la maladie qui nous occupe. 2®. Les sétons , — La meilleure manière de rendre leur usage avantageux consiste à les établir successivement au nombre de cinq ou six à la périphérie de l'articulation malade, avec l'attention de les passer très-superficieliement. J'ai vu plusieurs fois employer ce moyen, et presque toujours sans succès. ?>^. Le cautère -potentiel, — ■ On se sert le plus ordinairement de la pierre à cautère ( oxide de potassium solide ). On en prend un fragment dont le volume égale celui d'un petit poison d'un grain de blé; on l'applique de la manière ordinaire sur le point de l'articulation le plus riche en parties molles , en tissu cellulaire

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surtout. L'escharre tombée, on entretient la suppuration par les procédés connus ; ce moyen réussit dans un assez grand nombre de circonstances. 4°' Le Tîioxa. — On doit toujours le faire brûler avec beaucoup de lenteur , et le convertir en cautère après la chute de Fescliarre. Il produit des effets quelquefois merveilleux, employé surtout dans les engorgemens profonds. On doit , suivant les circonstances, en placer successivement trois ou quatre autour de Farticulation affectée. 5°. Enfin les çésicatoires. — Il faut en appliquer, à des intervalles sufïisans, jusqu'à cinq ou six. en faisant suppurer chacun d'eux seulement pendant huit ou dix jours ; ils doivent être larges et bien camphrés. J'ai vu employer ce moyen, avec les plus gi^ands succès, par M. Dupuytren. Je crois important de rappeler une observation sans laquelle on pourrait se décourager trop tôt dans l'application de ces topiques. Il arrive très -fréquemment que le premier et le second semblent empirer l'état du malade, par la phlogose superficielle qu'ils déterminent • mais le troisième, le quatrième et les suivans produisent, dans presque tous les cas, une amélioration sensible, et fréquemment la guérison du malade. Si cependant l'inflammation semblait faire des progrès, il faudrait s'arrêter au quatrième, et calmer les accidens par les cataplasmes émolliens

et narcotiques , les embrocatioiis de camplire j d'huile d'opium , etc.

Tels sont les moyens excitans qui , convenablement appropriés à l'état de la partie malade, peuvent déterminer la résolution; mais il est maintenant indispensable d'établir les distinctions générales et relatives à la préférence que l'on doit accorder à chacun d'eux, suivant le siège primitif de la phlegmasie strumeuse ; i*^. lorsque l'inflammation débute par le tissu osseux, et que celui-ci se trouve recouvert d'une grande épaisseur de parties molles, on doit employer, comme très-puissans , les cautères actuel et potentiel, les sétons , et spécialement le moxa, qui, presque toujours, offre alors beaucoup plus d'efficacité ; 2**. lorsque la phlegmasie affecte d'abord les autres tissus blancs , tels que les tendons, les ligamens, les capsules fibreuses , etc.; qu'elle est très-superficielle, et que l'épaisseur des parties molles est peu considérable, il faut préférer l'usage des douches et des bains hydro-sulfureux, les applications de flanelle et de taffetas gommé, les frictions sous différentes formes, les cataplasmes excitans , et surtout les vésicatoires volans , dont l'emploi bien dirigé peut donner naissance aux résultats les plus heureux. Quant aux modifications relatives à la position , à la grandeur de l'articulation, elles sont trop faciles à saisir

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