DEUXIÈME PARTIE
pliuleuscs sans aucun succès, et qu'il a presque toujours trouvé, à Taulopsie, (les eiigorgeniens et des suppurations internes ; accidens attribués par cet auteur au traitement des altérations extérieures. M. Baumes porte le même jugement
surl'amputation : ce Cette pratique est au
y) monis inutile, et elleest en général dangereuse, » parce que le retranchement de ces tumeurs )) n'enlève rien à la maladie, et que le vice qui )) les a produites n'en est, pour cela, ni corrigé , )) ni détruit ....)) ( Ouvrage cité, page 345 , ligne 7. ) Sans admettre entièrement les explications de ces praticiens célèbres sur la manière dont l'amputation peut devenir dangereuse , je suis, avec eux, parfaitement convaincu que cette opération ne peut dans aucun cas promettre, par elle-même, une guérison radicale. Entre plusieurs observations que je pourrais citer à l'appui de cette opinion , je mécontenterai de transmettre succinctement la suivante :
Obseri^ation. — Maillefer (Nicolas), âgé de vingt-un ans , d'une constitution éminemment lymphatique, offrant les principaux traits de la diathèse écrouelieuse , habitant Paris depuis cinq années, fut, dansla première invasion desennemis, arrêté par les Autrichiens, et renfermé dans les prisons pendant plusieurs mois ; il eut beaucoup à souffrir de l'humidité , du froid et de la disette ; l'avant- bras gauche , habituellement serré vers le
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poignet par une chaîne pesante, s'engorgea insensiblement dans rarticulationradio-carpienne; cette partie fatiguée par différens travaux , après la mise en liberté du malade , devint , dans l'espace de six semaines , plus douloureuse et plus gonflée; elle abcéda quatre mois après, et suppura quelque temps ; les cicatrices sont encore aujourd'hui rouges et déprimées. Vers le mois de juillet i8i5, douleurs au pied droit, surtout pendant les variations de l'atmosphère ; gonflement du gros orteil , et cependant progression encore assez facile; entrée du malade à l'Hôtel-Dieu, dans le mois de février 1816 ; formation lente et graduée d'un abcès dans le point engorgé ; ouverture de la tumeur, dont le volume égale celui d'une grosse noix ; écoulement d'un pus séreux et caséeux ; excroissances fongueuses s'élevant de la base du foyer ; carie évidente du premier os métatarsien et de la phalange contigue. Le ig mars 1816, l'amputation du gros orteil est pratiquée avec résection de la tête du métatarsien affecté. Cette opération semble d'abord promettre des résultats heureux : la cicatrice s'opère ; mais un mois après , des ulcérations s'établissent sur cette même partie ; un engorgement se manifeste auprès de la malléole externe du pied gauche ; une autre tumeur se développe sous le cinquième os métatarsien du pied droit ; un abcès se forme audessus de la malléole du même côté 3 les ganghons
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lymphatiques de Taine se gonflent, et deviennent douloureux; une toux sèche se manifeste avec douleur dans la poitrine, etc. Le séjour prolongé de l'hôpital compromettant alors sérieusement Fexistence du malade, on est obligé de fixer son habitation à quelques lieues de Paris. Nous l'avons dès lors perdu de vue sans avoir pu obtenir aucuns renseignemens ultérieurs.
J'ai rapporté cette observation parce qu'elle prouve incontestablement que l'ablation des parties scrophuleuses n'est point un moyen capable de guérir sans récidive la maladie principale; et qu'elle nous fournit un exemple remarquable de la manière dont les altérations écroueîleuses locales viennent pour ainsi dire &^ enter sxxv l'afFectioii constitutionnelle*
2°. Deuxième opinion. — D'autres auteurs, parmi lesquels je dois nommer Celse, pensent que l'amputation est un moyen toujours dangereux, et que les scrophules récidivent constamment dans le lieu même de l'opération, ou, circonstance plus funeste encore, se développent consécutivement dans les organes intérieurs. Il serait facile de prouver, si les faits rapportés par un grand nombre de praticiens dignes de foi ne le démontraient jusqu'à l'évidence , que ce jugement est un peu trop exclusif, et que l'amputation employée avec prudence et circonspection, jooz/r répondre à la seule indication qu'elle peut rem-
pliry et dans les seuls cas qui la nécessitent, est souvent l'unique moyen de conserver les jours du malade. Examinons donc maintenant l'intention qu'on doit se proposer en la pratiquant , et les raisons qui peuvent exiger ou contre-indiquer son usage.
Il ne faut jamais se proposer d'autre but dans le retranchement des parties scrophuleuses , que de débarrasser l'économie d'une masse de tissus plus ou moins altérés, et dont la présence peut, 1°. faire craindre les dangers d'une extension ultérieure de la maladie y 2°. compromettre sérieusement V existence du malade. Dans toute autre circonstance, l'opération que nous venons d'indiquer est toujours inutile et fréquemment dangereuse.
L'amputation devient indispensable à la conservation du sujet, 1°. lorsque les os sont profondément cariés, 2^. lorsqu'ils ont éprouvé la dégénération scrophuleuse, 3°. lorsque les parties molles sont entièrement désorganisées, 4°. lorsqu'il existe des fistules très-nombreuses , surtout dans le voisinage des articulations, avec suppuration abondante, douleurs intolérables , insomnie ; enfin, lorsqu'il est évident que toiis les moyens conservateurs n'ont plus aucun succès , et que le malade va tomber dans un épuisement mortel. Sans doute, il ne faut pas trop se hâter dans l'application de cette extrême ressource,