‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 227 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

maison doit cependant savoir se décidera propos, et ne pas attendre , comme Font conseillé quelques praticiens modernes , le développement des accidens généraux de l'épuisement, tels que les sueurs nocturnes, Finsomnie , la fièvre hectique , etc. , parce qu'alors l'amputation ne fait le plus souvent que hâter les derniers instans du malade, qui n'a plus assez de force pour la supporter , et pour fournir aux frais du travail consécutif.

Cette opération est contre-indiquée , i*^. lorsque la maladie aiSecte une partie qui ne peut être enlevée sans des dangers imminens; 2°. lorsqu'il existe en même temps plusieurs inflammations scrophuleuses graves, telles que des phlegmasies articulaires , la carie des os dans plusieurs membres; 3**. lorsque l'un des organes centraux, tels que le mésentère, le poumon, par exemple, se trouve disposé à Finflammation strumeuse , et surtout lorsqu'il est déjà le siège de cette maladie , car l'excitation vive que produit l'amputation dans toute l'économie, ne manque jamais d'exaspérer cette phlogose locale qui fait alors des progrès rapides , et devient le plus souvent mortelle; 4^. enfin, lorsque le malade est arrivé au dernier degré du marasme et de la dia thèse écrouelleuse.

Il n'est pas nécessaire dans cette opération d'enlever scrupuleusement tous les tissus blancs

qui n'ofFieut qu'une apparence Jardacée , et dans lesquels la dégénération blanche n'est p^js encore achevée; en effet, M. Boyer a fait observer que l'inflammation consécutive donnant à ces parties plus d'activité, les ramène bientôt à leur état naturel 5 et qu'elles peuvent dès lors fournir la base d'une bonne cicatrice. J'ai souvent vérifié cette opinion dans les diÔerens hôpitaux de Paris.

L'amputation étant pratiquée on doit redoubler de soins et d'activité dans le traitement général de la constitution strumeuse ; c'est pour avoir négligé cette précaution que l'on a vu si souvent des suppurations intarissables se manifester dans la plaie, avec décollement delà peau, dénudation et carie des os , etc. C'est encore pour cette raison que l'on obtient si lentement, et le plus souvent avec tant de difficulté, la cicatrisation du moignon , dans les hôpitaux où régnent, en si grand nombre , les plus puissantes causes d'insalubrité. J'ai fréquemment vu des malades amputés avec tout l'art, pansés avec tout le soin possibles, séjourner pendant huit, douze, et même quinze mois dans les salles de chirurgie, sanspouvoir obtenir une guérison que l'habitation à la campagne , pendant deux ou trois mois, complétait ensuite de la manière la plus heureuse.

Nous devons faire une dernière observation relative à l'amputation. Les praticiens ont remarquédepuis long-temps que l'ablation d'un membre

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