INTRODUCTION
Jl/N couronnant mes faibles efforts pendant trois années consécutives; en se chargeant, avec une bienveillance toute particulière, des frais de ma réception, la Faculté de Médecine de Paris m'imposa de grandes obligations, et je dus songer à m'acquitter le mieux qu'il me serait possible d'une dette aussi sacrée. Le choix du moyen n'était pas difficile , mais l'exécution avait quelque chose de décourageant.
Je savais, depuis long- temps, que cette Ecole célèbre, spécialement occupée du soulagement de l'humanité, considérait avec un œil de bienveillance tous les travaux dirigés par une intention aussi noble; et cette considération m'engagea dans une tâche longue, difficile à remplir^ par elle-même sans aucun agrément; mais offrant, en dédommagement de tous ces dégoûts, l'espoir de seconder , dans leurs' pénibles travaux, des maîtres justement célèbres, et de pouvoir dire, avec eux, j'ai sacrifié l'agréable
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à Futile, j'ai négligé ma satisfaction personnelle pour les intérêts de l'homme souffrant!
Tels furent les motifs qui m'affermirent dans la résolution que j'avais formée de publier un traité complet sur la maladie scropliuleuse. Je présentai, dans ma dissertation inaugurale, toute la partie théorique de ce travail , et le plan d'après lequel je me proposais d'en rédiger l'ensemble; cette première ébauche obtint plus de succès que je n'avais osé Tespérer : notre savant professeur, M. Duméril, daigna publiquement, et au nom de la Faculté, m'encourager avec bienveillance , à donner tous mes soins aux recherches que j'avais annoncées , et m'assurer ^W elles pouvaient devenir la hase d'un ouvrage très-utile. Entrepris sous de pareils auspices, et d'après les intentions que je viens d'exposer, cet ouvrage aura du moins quelques droits à l'indulgence générale; puisse-t-ii en avoir un jour à la reconnaissance des malheureux, à l'estime des hommes libres de préjugés et d'ambition!
Témoin, depuis long-temps, de tous les ravages qu'exerce Faffection scropliuleuse dont les exemples sont malheureusement trop nombreux à Paris, soit dans la ville, soit dans les hôpitaux, je commençai mes recherches, sur cette
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maladie , par un ample recueil d'observations ; mais il ne suffisait pas de posséder des faits isolés et sans liaison , il fallait les rassembler autour d'un centre commun, les comparer entre eux, en tirer des conséquences , afin d'en former un corps de doctrine utile aux progrès de l'art. Je cherchai vainement ce point central dans les différens auteurs qui traitent spécialement de l'altération strumeuse- je m'aperçus dès lors que cette même altération était, de toutes les maladies, celle qui avait le moins ressenti l'impulsion communiquée de nos jours à toute la science médicale, et qui conservait encore, dans son histoire , le caractère le plus marqué des théories physiques et chimiques ; je sentis en même temps qu'il était indispensable de déblayer avant de construire , afin de ne pas élever un édifice nouveau sur des fondemens ruineux. Ces réflexions me découragèrent au premier instant, en me faisant entrevoir des difficultés beaucoup plus grandes que celles qui d'abord s'étaient présentées, et surtout en me démontrant l'indispensable nécessité de heurter les opinions d'un assez grand nombre de praticiens très-distingués- mais le désir d'être utile fit taire en moi tout autre sentiment, et me donna la force de surmonter