‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 4 sur 236 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

les répugnances que devait naturellement inspirer un sujet aussi pénible.

La plupart des auteurs dont nous combattons les théories , écrivirent dans un temps où la physique et la chimie éblouissant les esprits par des progrès merveilleux , étendirent leur domaine jusqu'à la pathologie, et devinrent la base de toutes les explications médicales. Est-il dès lors étonnant que des médecins, même du plus grand mérite, aient éprouvé l'influence inévitable du génie de leur siècle? nous ne le pensons pas, et nous avouons avec sincérité , qu'à leur place nous eussions sans doute fait beaucoup plus mal ; aussi loin de chercher à faire prévaloir aucun mérite particulier, nous reconnaissons que nos seuls avantages sur les écrivains qui nous ont précédé, sont l'époque à laquelle nous publions cet ouvrage , et les circonstances favorables qui nous ont donné la facilité d'observer la maladie scrophuîeuse dans toutes les vai-iétés qu'elle peut offrir.

Mais il était nécessaire, dans un traité complet, d'examiner avec impartialité les opinions émises depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, afin de dissiper toutes les irrésolutions , et de fixer les esprits sur le véritable caractère de l'affection strumeuse.

INTPlODUCTION. xj

Nous désirons bien sincèrement que cet examen ne soit attribué qu'aux motifs qui nous Font montré indispensable; et pour prévenir sur ce point tous les jugemens téméraires, nous déclarons publiquement que notre intention ne fut jamais de faire aucune personnalité; et qu'en relevant les erreurs de ceux qui nous ont précédé, nous savons respecter leurs vertus et rendre hommage à leurs talens.

Aujourd'hui qu'il est évidemment démontré que les corps inertes et les corps vivans ont des lois particulières et différentes, l'explication des phénomènes vitaux, par les lois physiques et chimiques, serait aussi déplacée que celle des phénomènes chimiques et physiques^par les lois de la vie; aujourd'hui que la médecine est heureusement ramenée dans le sentier de l'observation qu'elle n'aurait jamais dû quitter, tous nos efforts doivent être consacrés à la recherche de la vérité, que nous ne pouvons obtenir qu'en, dissipant les ténèbres de l'erreur par le flambeau de l'expérience et de la physiologie. C'est en suivant ces principes que nous avons obtenu des idées plus exactes sur la nature de l'affection strumeuse qu'il est important de bien connaître , puisque cette connaissance doit servir de base

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au traitement seul capable d'arrêter les funestes effets de ce fléau destructeur, qui moissonne ou mutile à chaque instant des victimes dont le nombre s'accroît avec une effrayante rapidité.

En présentant la théorie naturelle des scrophules, je me suis bien gardé de l'établir exclusivement sur mes propres observations 3 j'ai préféré lui donner pour fondement principal, celles qui se trouvent consignées dans les meilleurs ouvrages , et revêtues des caractères les plus authentiques, afin de combattre, par leurs propres armes, les écrivains qui me sont le plus opposés, et d'éviter le reproche que l'on m'aurait peut-être adressé, d'avoir voulu plier tous les faits sous le poids d'une idée dominante ou d'un système imaginaire. Je reconnais toute la vérité de cette belle sentence de Baglivi : Medicina non est ingenii humani -par tus y sed temporis filia. Non, ce n'est pas dans son imagination que le médecin doit puiser les principes de ses raisonnemens, mais dans les fliits. Ceux-ci ne manquent point à la connaissance exacte de la maladie que nous décrivons ; je puis même dire qu'ils sont surabondans; mais les applications qui en ont été faites , les conséquences que l'on a voulu en déduire, sont évidemment fausses. On est

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parti clés principes vrais , mais on a tiré des inductions erronées. Ne cherclions point une autre source à ces théories multipliées sur le caractère et le traitement de l'affection strumeuse.

Afin d'exposer notre sujet avec toute la métuode que nécessitent son étendue, son importance et ses difficultés, nous le diviserons de la manière suivante.

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