‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 46 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Fassentiment des médecins physiologistes et observateurs.

D'autres ont admis Fexistence d'un vice ou virus particulier ; cette opinion est celle de M. Baumes (ouvrage cité, page i23) : ce Le vice )) scropbuleux se complique souvent avec le ra- » chitique; et de cette association de deux virus )) si formidables , même lorsqu'ils sont isolés , il y) en provient une cause mixte qui semble agir )) plus fortement sur les os et sur les glandes y> mésentériques que sur toute autre partie. On y> sait que de tous les virus connus le rachitique y> est le seul qui porte une action directe sur les y> os mêmes, qui leur fait subir les changemens » et les variations les plus singulières, comme le y> vice scropbuleux porte une action directe sur )) les glandes lymphatiques ». Je ne m'arrêterai point à la réfutation facile de toutes ces explications défectueuses et contradictoires aux lois de la vie ; je ferai seulement observer qu'il n'existe pas un seul fait en faveur du prétendu vice ou virus rachitique, tandis qu'on peut en démontrer la nullité par toutes les preuves que nous avons opposées à l'existence du vice pu virus écrouelleux.

Quelques auteurs, avons-nous dit, considèrent le rachitis , non comme une maladie essentielle , mais comme la conséquence d'une autre affection , M. Portai, qui .a publié un assez grand nombre

d'observations sur cette altération, adopte cette manière d'envisager le ramollissement des os , et le regarde comme l'effet et le symptôme de plusieurs maladies, et spécialement de la syphilis, du scorbut et des scrophules. Nous reconnaissons, avec cet auteur, que le rachilis peut se manifester chez un sujet affecté de scorbut et de syphilis; nous en pourrions même citer plusieurs exemples ; mais dans tous ces cas la constitution strumeuse existait ; de manière que nous ne balançons point à considérer la première de ces affections comme essentiellement écrouelleuse, et n'offrant des symptômes différens de ceux que présentent les scrophules dans les autres tissus , qu'en raison delastruclure etdes usages particuliersdusystème osseux, comme il nous est bien facile de le prouver par des observations très-simples et directement liées à la nature des choses.

Le tissu osseux parfait est essentiellement composé, i**. d'une -partie organique ^ véritable trame celluleu^e qui lui donne sa flexibilité, en forme pour ainsi dire le parenchyme et le canevas ; 2°. d'une partie inorganique à laquelle il doit sa résistance et sa dureté naturelles ; c'est le phosphate calcaire.

Ces deuxélémens, si différens par leur nature, sont produits, entretenus et réparés par la nutrition. Si donc la constitution scrophuleuse se manifeste dans l'économie ^ et dirige particulière»

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ment son action sur le tissu osseux , comme elle consisteessentiellement, d'après ce que nousavons démontré, dans une altération nutritive ^ il arrive un terme où cette altération est telle, dans le système osseux, que la partie calcaire ne s y trouve point assimilée. Si le sujet est déjà parvenu à l'âge adulte, ses os se ramollissent ; s'il est, au contraire, dans les premières années de sou existence , ils n'acquièrent point leur solidité naturelle ; dans l'une et l'autre circonstance, ils sont mous et flexibles comme des cartilages • ils se contournent en difFérens sens, comme nous le dirons bientôt; ces incurvations une fois produites , si par les progrès de l'âge , ou par une amélioration ultérieure dans le travail nutritif^ les os parviennent à s'assimiler le phosphate calcaire, ils se durcissent dans ces directions vicieuses , dès lors incorrigibles, et le malade conserve j pour toute la vie , une colonne vertébrale gibbeuse , et des membres plus ou moins contournés.

C'est à cet état du système osseux que les auteurs donnent le nom de rachitis ^ à^ostéoma' laxie^ etc. , qu'ils regardent comme une maladie de nature particulière , tandis qu'il n'est autre chose que l'affection scrophuleuse des os, offrant des particularités relatives à la structure de ces derniers. Ainsi, dans la constitution struraeuse, les autres tissus s'étiolent : tandis que le système

osseux se trouvant dans rimpossibilité , i°. de s^ assimiler^ i^. oz/^^ré-par^rlephosphate de chaux indispensable à la solidité qu'il doit naturellement offrir, ne prend aucune consistance dans le premier cas, et dans le second , se ramollit et devient îrès'Jlexible.

En supposant même qu'on ne voulût point admettre cette explication naturelle du ramollissement des os dans la maladie qui nous occupe, il serait encore impossible d^élever aucun doute sur l'identité du rachitis et àQ& scrophules, d'après les considérations suivantes :

i°o Tous les sujets affectés d'ostéomalaxie offrent en même temps le tableau plus ou moins complet des symptômes qui caractérisent la constitution stumeuse ;

2**. Les causes prédisposantes et efficientes de Tune et l'autre de ces maladies sont absolument les mêmes , dans leur nature et leur mode d'action ;

3^. Enfin le rachitis est héréditaire ainsi que les écrouelles , et sous l'influence des mêmes circonstances relativement aux parens, comme le pensent la plupart des bons observateurs , et comme le prouvent un grand nombre d'observations. Cullen assure que le rachitis des enfans dépend le plus souvent d'une mauvaise constitution ou d'une habitude scrophuleuse chez la mère. Mais aucune observation relative à la maladie

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