PREMIERE PARTIE
qui nous occupe n'est aussi remarquable que celle dont parle Buchner (^ Dis sert, de Rachit.)\ €:\\q a pour sujet une femme scrophuleuse qui donna le jour à dix enfans tous affectés de rachitis.
De même que les scrophules, le rachitis se manifeste le plus ordinairemen t dans les premiers temps de la ^'ie , et spécialement depuis la naissance jusqu'à la sixième ou dixième année. On voit cependant assez souvent des enfans qui en sont affectés dans le sein de leur mère. J'ai vu , dans le département de la Sarthe , deux jumeaux du sexe féminin, issus d'une femme pauvre et usée par la misère, qui présentèrent, en naissant, tous les symptômes des écrouelles et du rachitis : Y\xn offrait une déviation manifeste de la colonne vertébrale en devant , et des distorsions trèsmarquées dans plusieurs des côtes sternales ; l'autre présentait des incurvations vicieuses dans les os des membres inférieurs surtout. M. Pinel a décrit dans le journal de Fourcroy (/a Médecine éclairée par les sciences naturelles ) , le squelette d'un fœtus évidemment rachitique. Des observations semblables se trouvent encore dans plusieurs auteurs • mais il ne faut pas en inférer que l'ostéomalaxie soit exclusivement départie à l'enfance. En effet , j'ai vu à la Salpétrière , dans la division des épileptiques , un assez grand nombre de femmes rachitiques, qui n'ont éprouvé le ramol-
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lissemen t et la dé viation des os qu'à l'âge de quinze, dix-huit 5 et même vingt-quatre ans. Je connais à Paris plusieurs portiers qui n'en ont été affectés d'une manière notable qu'à trente ans. Un cordonnier, âgé de cinquante ans , fut reçu à l'Hôtel-Dieu j salle Saint-Paul , en i8i5, pour un anévrisme du cœur ; aucune des parties de son squelette n'avait échappé à F incurçation rachitique. Interrogé sur l'époque du développement de cette maladie , il répondit que les trente premières années de sa vie, passées en province (aux environs d'Orléans ) n'avaient été troublées par aucune autre maladie grave que la variole, et qu'étant alors venu se fixer à Paris, successivement dans les quartiers Saint-Martin , Saint- Denis, et à la place Maubert, sa santé s'affaiblit, et ses membres se courbèrent insensiblement après deux ou trois ans de séjour dans la capitale. Ce malade mourut à la fin du deuxième mois depuis son entrée dans l'hôpital , et nous trouvâmes, à l'ouverture du cadavre, un amincissement et une dilatation très-considérables dans le ventricule droit du cœur ; une multitude de tubercules dans le poumon gauche surtout, les uns déjà suppures , les autres remplis d'une matière friable et grisâtre. Mais aucun fait n'est plus remarquable, sous ce rapport, que celui delà femme Supiot , rapporté par Morand dans les Mémoires de l'Académie des Sciences ^ pour l'année 1 753.
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Causes du rachitis.
Elles sont absolument les mêmes que celles dont nous avons fait Fhistoire en traitant de la constitution strumeuse ; leur mode d'action n'ofc fre également aucune disparité ; ce qui nous dispense de les exposer une seconde fois. J. L. Petit regarde surtout les diJBficultés de la première dentition comme une cause puissante de rachitis; mais ce praticien célèbre nVt-il point pris l'effet pour la cause ; et n'est-ce point plutôt la constitution strumeuse dont le rachitis fait partie, qui rend la dentition orageuse?,On demeurera bien tôt convaincu de cette dernière vérité , si l'on observe que cette première dentition est toujours très-difîicile chez le plus grand nombre des enfans scrophuleux. J'ai bien souvent fait cette remarque dont tout observateur peut constater la vérité.
" Symptômes du rachitis.
Les symptômes généraux de cette maladie sont encore ceux que nous avons indiqués pour la diathèse scrophuleuse ; on pourrait seulement ajouter qu'ils offrent ordinairement plus d'intensité , parce que Yostéomalaxie indique dans la pluralité des cas j une constitution écrouelleuse très-profondément établie ; il existe en outre des symptômes particuliers dépendans de la nature et des usages du tissu osseu:^;»
go TRAITÉ SUR LES SGROPHULES.
Symptômes particuliers.
Quelle que soit la partie du système osseux spécialement affectée, on remarque chez le plus grand nombre des malades, une peau sèche , dure et rugueuse ; une décoloration générale ; une face pâle et terreuse; une maigreur extrême, avec atrophie de presque toutes les parties ; le ventre est ordinairement très-développé , tendu, douloureux, plus ou moins dur ; les sueurs et l'haleine offrent une odeur acide ; les urines contiennent beaucoup de phosphate calcaire ; le sang est, d'après la remarque de Bordeu , pâle, séreux comme celui des jeunes filles chlorotiques. On observe ensuite différens symptômes relatifs à la partie qui devient le siège principal de la maladie.
i°r Z^orsqu'elle affecte les os des extrémités. On voit bientôt survenir le gonflement des articulations qui , contrastant avec Tatrophie des membres, fait paraître celles-ci comme une série de nodosités ; c'est d'après cette disposition qu'on a désigné la maladie qui nous occupe sous le terme de noueures y et que l'on dit vulgairement: tel enfant se noue ; expressions qu'il est facile d'apprécier à leur juste valeur. Les os longs raoux et flexibles se courbent en divers sens.
On a cherché la cause de ces incurvations;