‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 55 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE. I J I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. I J I

2*. Altération des fluides blancs surtout , consécutivement à celle des solides organiques chargés de les élaborer. Caractère irritant des fluides lymphatiques . ^

3**. Enfin, action excitante des fluides blancs, ainsi dénaturés , sur les solides vivans déjà profondément détériorés par la dia thèse générale, d'où naissent les irritations ou inflamma* tiens scrophuleuses locales,

II. Causes déterminantes indépendantes de la constitution strumeuse»

Ces causes peuvent agir en même temps sur toute l'économie, mais plus spécialement dans le point où se développe consécutivement l'inflammation ; alors nous les désignons par le terme de générales : elles peuvent , au contraire, ne porter leur action que sur la partie -qui devient le siège de la phlegmasie; nous assignons à ces dernières la dénomination de causes locales.

i''. Causes déterminantes générales.

Appliquées à toute l'économie, elles concentrent leur action sur les parties les plus disposées à en ressentir l'influence. Aussi, les irritations ou inflammations auxquelles ces causes

112 TllAITÉ SUR LES SCROPHULES,

donnent naissance, se manifestent-eiles le plus ordinairement dans les tissus blancs, et spécialement dans les ganglions lymphatiques et les vaisseaux du même nom, qui, sous l'influence de la constitution strumeuse, offrent, comme nous l'avons déjà dit, une altération beaucoup plus profonde que celle des autres systèmes.

On peut regarder comme appartenant à cette classe, toutes les causes capables de déterminer une forte excitation dans l'économie; telles sont particulièrement, l'excès i^. des alimens irri" tans ^ des boissons fermentées, des liqueurs alkooliques, du thé, du café, etc.; 2°. des médicamens trop stimulanSy des purgatifs drastiques, des vomitifs, des préparations ammoniacales, etc.; 3^0 V exercice immodéré , 4°* labus du coït ^ 5". l'habitude de la masturbation^ 6^. les veilles prolongées ; 7^. les passions violentes ^ et surtout les emportemens de colère; 8°. enfin, les travaux intellectuels entrepris avec trop d'ardeur. Toutes ces causes entretiennent dans les organes un état d'irritalion dont les effets ne tardent point à se manifester , avec une intensité variable , dans la partie la plus essentiellement altérée par la diathèse écrouelleuse. C'est ainsi que se trouve le plus souvent déterminée chez les scrophuleux, comme nous le verrons bientôt, l'inflammation des ganglions et des vaisseaux

l>REMiEi\E Partie. 1 1 :>

blancs da poumon, maladie décrite par les auteurs sous le nom de phthisie tuberculeuse,

1^, Causes déterminantes locales.

Elles consistent toujours dans une irritation physique ou chimique, directement et pour ainsi dire exclusivement portée sur la partie qui des^ent le siège de l'inflammation scrophuleuse*

C'est ainsi qu'agit, par exemple, un gaz irri^ ^ûî^zi introduit dans les poumons en déterminant la phlogose des vaisseaux blancs de cet organe ; un chyle grossier, de mauvaise nature, en traversant les ganglions mésentériques, dont il produit l'inflammation. Tel est encore le mode d'action d'une contusion sur le genou , pour y donner naissance à la phlegmasie des tis-^ sus lymphatiques de ce dernier, maladie décx'il.e sous le nom de tumeur blanche. C'est absolu-* ment de la même manière qu'agissent dans la production des maladies strumeuses locales , I -toutes les causes qui font partie de cette classée La plupart des auteur.^ donnent l'explicalion suivante aux effets qui résultent^ eliez un scrophuleux, de Faction des causes que nous "venons d'indiquer, quelle que soit leur nature ; « Une contusion ou toute autre cause irri- » tante, agissant j par exemple, sur l'artioulatioa

Il4 TRAITE SUR LES SCROPHULES.

)) d'un sujet écroueîleux, y réveille le vice ou )) virus scrophuleux assoupi, lequel concentre y) son action sur cette partie , qui devient le » siège de la maladie strumeuse. »

Cette explication est aussi fausse dans son principe, que dangereuse dans ses conséquences. Prouvons Tune et l'autre de ces deux propositions.

L^ explication que nous venons de rapporter est fausse dans son principe. En effet, il n'existe, comme nous l'avons prouvé, ni vice ni virus écrouelleux ; et lors même qu'il serait possible d'admettre la réalité de cet être imaginaire ^ que signifierait son assoupissement dans l'économie , pendant des années entières , et son réveil sous l'influence d'une contusion ? De semblables raisons ne sont-elles pas en contradiction manifeste avec les lois de la saine physiologie, et les résultats constans de l'observation pathologique?

Cette explication est dangereuse dans ses conséquences. En effet, le médecin qui pourrait l'adopter , s'imaginant n'avoir dans ce cas à combattre qu'une affection locale et fixée dans une seule partie, négligerait assurément la constitution générale, s'il était conséquent, et n'emploîrait dès lors qu'un traitement toujours insuffisant, en supposant même qu'il ne fût pas dangereux.

Page 1