‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 99 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

peu près comme la substance du plus grand nombre des tubercules écrouelleux ; enfin , d'offrir parfois la membrane cristalline épaissie , formant nn véritable kyste rempli d'un fluide épais et blanchâtre, ce qui lui a fait accorder, par quelques écrivains, la dénomination de cdzto/'^c^^ laiteuse. J'en citerai plusieurs exemples dans la secçnde partie.

2^. A la pituitaire .'— On observe l'épaississement de cette membrane , et par suite un rétrécissement des fosses nazales ; quelquefois des ulcérations à la muqueuse, particulièrement sur les cornets et sur les saillies de i'os etlimoïde ; le gonflement et la carie de cet os et du cariiiage de la cloison. J'ai vu cette dernière entièrement détruite après une inflammation semblable , chez un jeune homme de dix-huit-ans, scrophuleux et racliitique. Bien souvent aussi la phlegmasie strumeuse s'étend au canal nazal, au sac lacrymal , augmente l'épaisseur de la tunique muqueuse qui les revêt à l'intérieur, d'où résulte nécessairement la diminution ou même l'oblitération totale de ces cavités^ le ralentissement ou l'interruption du cours des larmes, et consécutivement la tumeur et la fistule lacrymales ; maladies très-communes chez les scrophuleux, et qu'il estsouventioipossible de guérir sans retour, avant la destruction radicale de la constitution strumeuse.

2 3o TRATTK SUR LES SCROPHULES.

3°. Dans le conduit auditif. — Un écoulement Dîuqueiix très-fétide s'établit par roreille ; la douleur est quelquefois aiguë, plus souvent obtuse, profonde, avec dureté de l'ouïe, bourdonnemens et tinteniens continuels. Dans quelques circonstances plus fâcheuses, il survient des ulcérations avec destruction de la membrane du tjmipan, carie des osselets, suppuration abondante et surdité incurable.

4''. Dans la bouche et le pharynx. — Le malade éprouve des angines fréquentes ou continuelles , souvent accompagnées ou suivies de l'engorgement des amygdales, et de leur dégénération lardacée.

5°. Dans les intestins. — L'ivjflammation scro})buleuse produit des diarrhées niuqueuses rebelles, et souvent des ulcérations, surtout à la valvule iléo-cœcale, ou dans son voisinage.

6°. Au larynx. — Des angines opiniâtres; quelquefois des ulcérations à la muqueuse ; la destruction des cordes vocales; le gonllement, la carie des cartilages, d'où résulte une voix rauque, enrouée, et souvent une aphonie complète. L'ensemble de ces altérations constitue la maladie décrite par les auteurs sous le nom de jjhthi" sie laryngée.

7°. Dans la trachée-artère et les bronches. — Des catarrhes persistans, et parfois des ulcérations avec expectoration purulente, épuisement

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progressif de loute la constitution , etc. , affection , désignée par quelques auteurs sous la dénomination de phthisie ulcéreuse,

8®. Dans Vurètre, — Un écoulement tantôt séreux et Verdâtre, tantôt épais, jaunâtre et puriforme, désigné sous le nom de blennorrhagie scrophuleuse ^ et que son opiniâtreté a souvent fait confondre avec la blennorrhagie syphilitique; erreur qu'il est bien important de ne pas commettre.

9°. Dans la vessie. — ^La phlegmasie strumeuse présente une maladie Irès-grave et bien souvent funeste, connue sous le noîn de catarrhe vésicaL Les urines entretenant une excitation continuelle, perpétuent la pliîogose , d'où résultent des ulcérations ou des fongosités &ur la membrane muqueuse, une xériVàhle pjurie y Fépuisement général, et la mort du malade.

lo**. Dans le vagin. — L'inflammation scrophuleuse de la membrane nuiqueuse vaginale se trouve décrite dans les auteurs, sous les noms de leucorrhée y jluxus muliebris , menstrua alha , flueurs blanches y etc. Nous ne voulons pas dire que tous les catarrhes chroniques du vagin soient écrouelleux, mais nous ne craignons pas d'avancer que la plupart des femmes qui sont affectées de l'écoulement bien caractérisé que nous venons d'indiquer, le sont en xntvcLÇ, temps de la constitution strumeuse. C'est aussi ropi-

lîion de Selle, qui regarde \e?> Jîueurs blanches comme une maladie scrophuleuse. Elles se manifestent surtout par les symptômes suivans : sentiment de cuisson aux parties génitales , qui sont d'un rouge pâle, blafardes, constamment humides, avec ou sans callosités, avec ou sans ulcérations; la malade ne se livre à la progression qu'avec douleur, en écartant les cuisses autant que possible ; ce qui lui donne une démarche toute particulière ; écoulement blanc, ténu , verdâtre, irritant, purulent quand il existe des ulcérations; bouffées de chaleur au visage, tiraillemens , douleurs à l'estomac, dérangemens notables dans les digestions, etc.

II**. Dans Vutérus, — Lorsque rafPection strumeuse concentre ses effets sur l'utérus , chez une fille dont la première menstruation est sur le point de s'effectuer, on conçoit que cet organe partageant la détérioration de toute l'économie, ne présentera presque jamais une énergie suffisante au développement libre et facile de cette espèce de fonction que veut alors établir la nature. Dès loi-s , les règles ne paraîtront qu'imparfaitement; la muqueuse utérine, au lieu d'être, dans chaque mois, le siège d'une perspiration sanguine., fournira seulement un fluide séreux, jaunâtre ou légèrement sanguinolent ; toute l'économie sera dans un état de souffrance et de langueur, sous la double influence de la diathèse scrophuleuse,

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