I 1 8 CHAP. III. DES BLENNORRHAGIES
ûlbus malignus, seu venercus. Le mot Gonorrhée est dérivé des mots grecs r ow ■> genitura, semence, etPêw3 jluo, et il signifie Fluxus seminis , écoulement de la semence. Cette dénomination est très-impropre pour désigner la maladie dont il est question dans ce chapitre, puisqu’elle induit en erreur sur la nature aussi bien que sur le traitement de cette maladie, en présentant l’idée d’un écoulement de semence qui n’a jamais lieu dans celle dont nous parlons ici.
La matière qui coule des parties génitales de l’un et de l’autre sexe dans cette maladie , étant , comme nous verrons bientôt, une humeur muqueuse ou un véritable mucus , changé seulement, quant à la couleur et à la quantité , de son état naturel et ressemblant à une matière purulente , il m’a paru que le nom de blennorrhagie qui vient des mots grecs BAsvm5 mucus , et P îwifluo, était plus approprié à sa nature; et comme il y a deux maladies bien distinctes où cet écoulement a lieu , l’une accompagnée des symptômes d’un inflammation locale, l’autre sans symptômes inflammatoires , j’ai cherché le moyen de caractériser chacune par la simple différence de la terminaison d’un seul et même mot , en appelant la première Blennorrhagie ( Blennorrhagia , seu muci-flu x us activas injlammatorius ) ; et la seconde, Blennorrhée ( Blennorrhœa , seu muci-jiuxus passivus non injlammatorius ) : comme si I on disait écoulement muqueux avec des symptômes inflammatoires , et écoulement muqueux sans symptômes inflammatoires.
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De semblables écoulemens muqueux peuvent avoir lieu dans différentes autres parties du corps , dont iî n’est pas question dans cet ouvrage; ici nous ne parlons que des blennorrhagies et des blennôrrhces des parties génitales.
Mais comme un écoulement accompagné des symptômes inflammatoires peut provenir de différentes causes, pour caractériser plus particulièrement la nature de la maladie dont je parle ici, et pour la distinguer avec précision de tous les autres écoulemens semblables des parties génitales, qui ont été jusqu’à présent généralement confondus ensemble sous le nom très-impropre de Gonorrhée , j’ai ajouté au mot blennorrhagie celui de syphilitique , pour désigner l’écoulement des parties génitales des deux sexes produit par le virus spécifique ( sui generis ), connu sous le nom de virus syphilitique ou vénérien.
J’ai choisi ce mot plutôt quç celui de vénérien parce que , comme on le verra dans le cours de cet ouvrage, ces écoulemens, aussi bien que plusieurs autres maladies des parties génitales dont il est question dans ce traité, peuvent provenir du contact vénérien ou du coït, sans être de nature syphilitique , ou sans participer en la moindre chose de ce virus spécifique.
Le nom de Chaude-pisse a été donné à cette maladie, à cause de la douleur cuisante que les malades éprouvent en urinant.
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Les Anglais la nomment Clap , du vieux mot français clapiers , qui étaient des lieux publics , tenus et habités par des prostituées, et fixés dans certains quartiers de la ville, tels qu’on en voit encore aujourd'hui dans plusieurs grandes villes d’Italie.
Par le nom général de blennorrhagie, j’entends un écoulement d’une matière muqueuse puriforme par l’orifice de l’urètre ou du prépuce dans les hommes, et par celui du vagin dans les femmes , accompagné d’inflammation et d’ardeur ou cuisson , douleur piquante et brûlante, principalement pendant l’émission de l’urine. Cette inflammation est produite par l’action, soit du virus syphilitique , soit de toute autre matière irritante appliquée sur ces parties. Si c’est le virus syphilitique qui cause cet écoulement , la maladie portera le nom spécifique àe Blennorrhagie syphilitique.
La blennorrhagie syphilitique est donc un écoulement contagieux d’une matière jaune verdâtre ou puriforme, tpii provient des glandes muqueuses de l’urètre et de la membrane qui tapisse ce canal , ou du gland dans les hommes , et de l’intérieur des parties génitales dans les femmes. Cette matière est trèsâcre et contagieuse, c’est-^à-dire, lorsqu’elle est appliquée à la surface du corps d’une personne saine et bien portante, elle y produit une irritation et des symptômes inflammatoires plus ou moins violens. Nous allons donner dans ce chapitre une description exacte de cette maladie telle qu’elle se montre pria-
cïpalement dans les hommes , et nous parlerons de celle des femmes dans le chapitre suivant.
Cette maladie se manifeste ordinairement trois on quatre, et quelquefois cinq ou six jours, rarement plus tard, après un coït impur, par les symptômes suivans : Le malade éprouve au bout de la verge une sensation particulière et désagréable, une espèce de titillation, et une sorte de légère démangeaison , qui se font sentir dans la partie de l’urètre placée immédiatement sous le frein , et qui durent un ou deux jours; les jours suivans , l’orifice de l’urètre devient très-sensible , rouge ; il se gonfle , et il en suinte ou il s’en écoule une matière limpide ou d’un jaune clair qui tache le linge. Pendant que l’écoulement de cette matière a lieu , la titillation devient plus forte et plus douloureuse , surtout pendant l’émission de l’urine , qui laisse une impression brûlante et une douleur aiguë sur l’endroit affecté. Dans quelques individus, le premier symptôme qui se présente est l'écoulement d’un mucus épais: dans ce cas, ces malades sentent dès le commencement une cuisson brûlante et douloureuse en urinant. Ces symptômes augmentent ordinairement entrois ou quatre jours; quelquefois cependant cela n’arrive sensiblement qu’après huit ou douze jours. Le gland prend une couleur de rouge foncé ou livide; bientôt l’écoulement est plus abondant, la matière est d’une couleur jaune ou jaune verdâtre, et elle ressemble à du pus délayé. Le gonflement du gland et même de toute la verge devient considéra-