‹ Traité complet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiquesChapitre 34 sur 52 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Du Phimosis et du P araphimosis .

Le mot phimosis , qui vient du grec qi[jLL(À>,prœcludo1 ohluro , désigne cette maladie dans laquelle le prépuce est si resserré, qu’il ne peut se renverser pour découvrir le gland.

Il y a en Europe beaucoup d’hommes qui ont le prépuce naturellement si étroit , qu’il ne se laisse pas retirer assez pour mettre le gland à découvert : c’est le phimosis connata des nosologistes , dont je ne traite pas ici.

La maladie dont il s’agit ici est une inflammation des membranes qui composent le prépuce , accompagnée de la tumeur , de la rougeur et de la chaleur de cette partie, et produite par le virus syphilitique ou quelque autre acrimonie appliquée entre le gland et le prépuce , ou infiltrée entre les membranes qui forment le prépuce. Elle est le plus souvent la suite des ulcères situes dans l’intérieur du prépuce , ou bien de la blennorrhagie du gland.

Les hommes qui ont naturellement le gland couvert d’un prépuce plus étroit , ou chez lesquels le frein est trop court ou trop serré, sont les plus sujets à cette maladie. Tous les peuples qui se font circoncire en sont exempts.

On a recommandé , dans ce cas , de pratiquer sur-

CÎIÀP. Vin. DÜ PHIMOS. ET DU PARAPH. 267

le-champ l’incision du prépuce , et de mettre ainsi à découvert les parties, pour pouvoir appliquer les remèdes convenables , et prévenir les bubons ou l’agrandissement des ulcères, s’il y en a. Cette opération est quelquefois absolument nécessaire ; mais je ne suis nullement d’avis qu’on la fasse légèrement et sans de fortes raisons : car il y a des cas où il se forme dans la plaie que fait l’incision des excroissances fongueuses très-opiniâtres, et d’une conséquence plus fâcheuse que la maladie primitive. D’ailleurs la blessure , en exposant une surface nouvelle et plus grande à l’absorption du virus , doit plutôt exposer au danger du bubon ou de la syphilis générale qu’on redoute. 11 est donc plus à propos, dans beaucoup de cas, d’obvier à ces mauvaises suites par des applications topiques , principalement par des injections entre le gland et le prépuce. Si cependant cela était impraticable , ou qu’il parût des symptômes très- violons ou des taches livides* sous le prépuce , il faudrait en venir à l’opération , de peur qu’il ne s’ensuivît un plus grand mal , la mortification de la partie.

Pour m’assurer s’il y a un ulcère entre le gland et le prépuce, i’introduis un stilet, auquel est fixé un peu de charpie , et je le tourne ensuite tout autour du gland. S’il y a un ulcère, le malade sent communément de la douleur aussitôt que le stilet et la charpie y touchent; et en les retirant je trouve la charpie tachée d’un côté d’une matière purulente; au lieu que s’il n’y a qu’une blennorrhagie du gland sans ulcère , il n’y a pas de douleur particulière dans aucun partie

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