CHAP. VIII. DU PHIMOSIS
du gland , et toute la charpie se trouve également tachée.
Dans les cas où les symptômes de l’inflammation sont très-considérables , surtout lorsqu’ils sont accompagnés d’ulcères , il est utile de faire des saignées locales, principalement par le moyen des sangsues. Dans les cas moins violens , il suffit d’appliquer un cataplasme fait de mie de pain et d’eau , avec un peu d’acétate de plomb. J’introduis, selon les circonstances, l’onguent mercuriel, ou je fais injecter , trois ou quatre fois par jour, entre le prépuce et le gland , soit une dissolution de nitrate ou d’oxi-muriate de mercure dans l’eau t soit l’injection ad phimosin. { Koyez ph. syph. ) Je fais en sorte que l’interstice entre le prépuce et le gland soit rempli et distendu par l’injection. S’il y a quelque ulcère , on fera bien d’y appliquer , une ou deux fois par jour , au moyen d’un stylet, de la charpie trempée dans les mêmes lotions : les fumigations mercurielles sont aussi4 trèsutiles dans ces cas. Je pense qu’il n’y a jamais de danger que les parties s’unissent , tant que les ulcères sont dans l’état d’irritation ; et lorsqu’ils ont changé de nature , le phimosis est ordinairement dissipé , au point qu’on peut retirer le prépuce. On ne doit jamais négliger d’administrer les remèdes mercuriels à la fin de cette maladie.
On voit quelquefois dans le phimosis le prépuce acquérir une grosseur énorme , et former même des excroissances fongueuses ou condylomateuses. Cet accident est pris souvent par les praticiens moins ha-
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biles pour un cancer , et on conseille l’amputation de la verge. Je pense qu’il est très-imprudent de conseiller et de faire cette opération sans la dernière nécessité ; car ce mal se guérit , comme je l’ai souvent observé , par un régime nourrissant , par des remèdes fortifians, et par l’application externe de la lotion liquor ad condylomata , ou de l’eau phagédénique. ( V ijez ph. syph. )
La grande tuméfaction du prépuce, qui subsiste quelquefois après que les symptômes les plus violens sont abattus , cède souvent aux frictions locales du mercure et à la vapeur de l’eau chaude ; quelquefois aux fomentations spiritueuses , en ayant soin de porter en même temsla verge toujours liée en haut. Dans les cas les plus opiniâtres , l’usage externe de la ciguë ou les fumigations mercurielles sont d’un grand secours; mais quelquefois il devient nécessaire de couper une partie du prépuce.
Du Paraphimosis.
Le paraphimosis , mot dérivé du grec ^///oçetcrapa, prceclusio , est une maladie dans laquelle le prépuce , étant retiré derrière le gland , y est contracté comme un anneau , au point qu’on ne peut plus le retirer sur le gland. On pourrait la nommer, avec plus de justesse , étranglement du gland.
Dans le phimosis , le prépuce est la partie principalement affectée ; dans le paraphimosis, c’est le gland qui souffre , et qui exige le plus immédiatement