O CUAP. VIII. DU PHIMOSIS
ïiotre attention. Cette dernière maladie est par conséquent plus dangereuse.
Les hommes qui ont naturellement l’orifice du prépuce étroit sont les plus sujets à cette maladie , qui doit son origine, soit à la grande tuméfaction du gland, comme cela arrive quelquefois dans les blennorrhagies , soit à une violente irritation par des ulcères. Cette maladie était bien connue des anciens , et j’ai peu de chose à ajouter à ce qu’on trouve sur ce sujet dans Celse.
Je dois observer seulement que le plus grand danger à craindre dans cette maladie est la mortification du gland. J’ai vu une fois la gangrène s’y mettre par suite d’un pareil étranglement , avant que le chirurgien eût eu le temps d’arriver pour y apporter du remède. Nous devons par conséquent , dans ces cas, ne pas perdre un moment, et faire nos plus grands efforts pour ramener le prépuce en avant sur le gland , en dégorgeant ce dernier ou en coupant l’autre.
Le remède le plus efficace pour dégorger ou diminuer la tuméfaction du gland est la dissolution de l’acétate de plomb dans l’eau , qu’on applique froide avec soin , pressant en même temps le gland doucement avec les doigts , et évitant que le prépuce soit mouillé de cette lotion. L’effet de ce remède est si puissant, que la tumeur du gland est souvent réduite, en peu de temps, au point qu’on peut ramener aisémeut le prépuce en avant, et faire disparaître ainsi très-vite cette dangereuse maladie. Si l’on n’a pas
ET DU PARÀPHIMOSIS.
de ce remède sous la main, on peut essayer de jeter sur le gland de l’eau froide , à plusieurs reprises , ou de presser doucement cette partie avec les doigts , qu’on plonge de temps en temps dans l’eau froide , afin de faire réabsorber par ces moyens le sang qui est accumulé dans sa substance caverneuse. Ce sont les moyens les plus efficaces pour diminuer ce gonflement; et avec de l’adresse et de la patience , en poussant doucement le gland en arrière , pendant qu’on tâche avec les doigts de l’autre main de ramener le prépuce en avant , on y réussit très-souvent , et l’on délivre le malade d’un danger imminent. La glace ou l’eau à la glace sert utilement à la personne qui opère pour remplir cet objet. Si la maladie était accompagnée d’une blennorrhagie syphilitique , on pourrait objecter qu’il faut être circonspect relativement à l’application du froid , de peur de causer une répercussion ; mais le degré du danger présent doit nous déterminer à risquer plutôt un remedium anceps quàm nullum. Les saignées locales produisent souvent aussi d’excellens effets. Si l’on ne peut parvenir à réduire bientôt le paraphimosis, et que les symptômes soient violens , il ne faut pas différer de faire une incision au prépuce ou au frein ; opération qui n’est nullement dangereuse , et qui devient absolument nécessaire pour prévenir l’un des plus fâcheux accidens qui accompagnent cette maladie , la mortification du gland. S’il y a des ulcères d’un côté , je préfère toujours de faire l’incision du frein ou du
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prépuce sur le côté opposé , afin de garantir la blessure des impressions du virus autant qu’il est possible, et d’en empêcher F absorption par les vaisseaux lymphatiques de cette nouvelle plaie.
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