FIN DE LA- TABLE DES CHAPITRES DU TOME PREMIER
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PRÉFACE
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J’ai commencé, dès l’année 1770, à faire et à recueillir des observations sur les maladies
syphilitiques ou vénériennes. Depuis ce temps,
j ai examiné, pendant mes voyages dans différentes parties de 1 Europe, quelles étaient sur ces maladies les opinions des praticiens les plus renommés dans cette partie du monde; et je fus bientôt convaincu que la plupart des théories admises étaient, ou fausses, ou trèsinsuffisantes, et que le traitement de ces maladies était susceptible de grandes améliorations.
Ayant encore recueilli sans interruption ? depuis cette époque, des faits et des ‘observations^ je résolus de les faire connaître, en publiant mon premier ouvrage intitulé : Observations pratiques sur les maladies vénériennes invétérées et opiniâtre s, en 1784, en Angleterre , Practical observations on the more obstmate et inveterate venereal comptants, in-8°, London. Cette première
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édition étant épuisée, j’en fis, en 1784 , une seconde sans aucun changement. — J’en publiai, en 1788, une troisième avec des corrections et des additions, qui fut réimprimée depuis.
Je fais mention de ces circonstances , parce qu’il est doux pour le philosophe d’avoir contribué à l’avancement de l’art et au soulagement de l’homme souffrant. Les inventions utiles, ainsi que les semences des végétaux, croissent et mûrissent sans bruit; les fruits en sont cueillis sans peine, et le vulgaire jouit des uns et des autres, sans s’informer comment ni d’où ils viennent, et sans imaginer ce qu’ils ont coûté. Les compilateurs nombreux, qui copient les découvertes des autres, sans citer les ouvrages d’où ils les. ont tirées, n’en imposent que trop souvent aujourd’hui au public par des prétentions fausses et des droits usurpés ; ils présentent des lumières empruntées , et s’arrogent le mérite d’inventeurs. L’homme honnête, au contraire, indique scrupuleusement les sources où il a puisé; et si on lui dérobe ses découvertes , il se console aisément en voyant ses travaux ser-
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vir de plus en plus à améliorer le sort de V humanité.
Lorsque la première édition fut publiée en Angleterre , le docteur Gibelin en donna, en î ySS, une traduction française, qu’on a réimprimée quelque temps après.
Depuis cette époque , j’ai poursuivi mes re-
cherches et mes observations sur ce meme sujet, et les matériaux sé sont accumulés au point que, songeant à publier une nouvelle édition, j’ai refondu le tout, et, au lieu d’observations, j’ai publié moi -même, en fran-
çais, un Traité complet sur les symptômes , les effets y la nature et le traitement des maladies syphilitiques, en 2 volumes in-8°, Paris, 1798. Cette édition a dû être considérée , à bien des égards , comme un ouvrage nouveau. Outre tout ce que la dernière édition anglaise contenait, elle renfermait beaucoup de nouvelles observations , ainsi que la solution de plusieurs questions importantes que fauteur n’était pas en état de résoudre lors des éditions précédentes , par le défaut de faits et d’observations. Cette édition a été favorablement reçue du public ; étant bientôt
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épuisée, j’èn ai imprimé en 1801 une nouvelle, et en 1809 une autre, qui n’était proprement qu’une réimpression de la précédente. Celle que j’offre ici au public, présente
le traitement de toutes les différentes mala-
dies produites par le virus syphilitique perfectionné.
J’ai développé mon sujet autant que l’état actuel de nos connaissances et tous mes efforts me le permettaient. Je n’ai rien omis d’essentiel, et n’ai rien caché à ceux qui désirent de s’instruire; car, autant je regarde comme indigne d’un homme de l’art d’avoir des secrets pour ses confrères, autant je méprise la conduite de ces médecins qui, pour satisfaire la vaine curiosité de leurs malades, ou pour donner une haute idée de leurs connaissances ou une grande opinion de leurs lumières, et pour captiver par ce moyen la confiance , descendent jusqu a leur expliquer le nom et les vertus des médicamens qu’ils prescrivent. Rien ne contribue davantage , selon moi, à propager la vraie charlatanerie parmi toutes les classes de la société, ainsi qu’à avilir l’art de guérir; rien n’est plus ca-
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pable d’entretenir la jalousie et la médisance parmi les médecins. Ce ne sont d’ailleurs le plus souvent que de fausses confidences : car ces sortes d’explications ne sont, pour la plupart des malades, que comme autant de mots grecs ou hébreux , qui leur font imaginer qu’ils acquièrent quelques connaissances dans l’art de guérir, dont ni eux, ni meme trèssouvent celui qui les leur débite, n’ont cependant aucune idée bien claire , et qui finissent généralement par faire plus de mal que de bien. Le malade qui consulte fin homme de l’art a besoin d’être soulagé; et le devoir de celui-ci est de le guérir, et non pas de jouer le rôle d’un savant ou d’un professeur, comme on ne fait que trop souvent, surtout en France. 11 n’y a pas un praticien éclairé qui n’observe , tous les jours, les maux qui résultent pour la société des demi-connaissances de ces gens qui se croient assez instruits pour donner leurs avis aux autres. Beaucoup de malades vivraient , et même seraient guéris, qui ont péri , ou qui traînent à présent une viesouffrante et misérable, pour avoir écouté ces donneurs d’avis.
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En communiquant sans réserve aux gens de l’art tout ce que je connais sur ce sujet, je ne prétends persuader à personne que je rendrai tous ceux qui liront ou étudieront mon ouvrage habiles praticiens. Pour appliquer à propos au lit des malades les vérités les plus simples, les médicamens les plus énergiques, les découvertes les plus utiles et les méthodes les mieux décrites, il faut, outre les connaissances, du jugement, et souvent meme beaucoup de génie: qualités qui ne peuvent pas se communiquer par les livres. Il n’y a cependant aucune science, aucun métier où il soit moins permis, et où il soit plus dangereux d’être médiocre ^ que dans la pratique de la médecine.
C’était une question délicate pour Fauteur! de savoir s’il devait publier les cas qui lui étaient particuliers : mais, après un examen bien réfléchi , il lui a paru que ce serait là une délicatesse mal placée, qu’il était du devoir du philosophe de faire tourner meme ses malheurs au profit de l’humaïiité souffrante. 11 a pensé que les maladies observées par un médecin sur lui-même, pouvaient
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encore fournir des remarques plus instructives et plus décisives pour les jeunes praticiens, et plus consolantes pour les malades eux-mêmes; il a senti qu’il n aurait jamais pu autant approfondir son sujet, ni oser décider sur beaucoup de points , comme il l’a fait dans plusieurs chapitres , s’il n’avait pas eu , en quelque sorte , des témoignages pris sur son propre individu, et des connaissances plus certaines, d’après ses propres sensations.
Il est consolant pour l’humanité , que la raison éclairée et active trouve presque toujours du soulagement et une source de bonheur, là où la passion semblait ne devoir puiser que la mort ou les maux les plus affreux; il est consolant de voir que les fléaux les plus terribles du genre humain, les maladies les plus hideuses , les plus douloureuses, les plus opiniâtres , et qu’on croyait très-souvent incurables , il y a encore peu d’années , sont aujourd’hui non-seulement efficacement soulagés, mais même radicalement guéris. Ce n’est pas une des moindres satisfactions de sa vie, que l’assurance dont l’auteur croit pouvoir se flatter d’y avoir contribué en partie.
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Il est consolant de voir la raison éclairée et active faire tourner au soulagement de l’humanité un malheur qui semblait ne devoir être pour les passions qu’une source d’affreuses douleurs , ou meme la cause de la mort.
Rien ne retarde plus les progrès de la médecine que les erreurs propagées par des écrivains qui ont acquis quelque réputation. Je me suis donc attaché , surtout au commencement de cet ouvrage , à combattre les opinions queje.crois erronnées: mais je n’ai fait ailleurs que les indiquer. Si mes observations sont vraies , et si le résultat que j’en ai tiré est juste , cela suffira pour les réfuter et les faire oublier.
Dans le premier chapitre , j’ai eu pour but de développer l’histoire des maladies des parties génitales, connues des anciens avant l’é-
poque à laquelle la maladie syphilitique s’est manifestée en Europe.
Dans le second chapitre y j’ai tâché d’approfondir et d’éclairer l’histoire de la maladie syphilitique. Je crois avoir démontré la fausseté de l’opinion de ceux qui soutiennent que
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cette maladie nous vient deT Amérique, et qu’elle a été importée en Europe par les Espagnols. Les différens faits historiques que j’ai rapportés , et sur lesquels je fonde mon opinion, me paraissent incontestables; et je vois avec satisfaction qu’un auteur moderne profondément instruit dans l’histoire critique de la médecine, est du meme avis que moi, et qu’il l’appuie encore par quelques nouvelles considérations (i).
J’ai rendu très-probable l’opinion que la maladie syphilitique a commencé à se manifester en Europe vers l’année i483 et suivantes. J’ai du moins fait voir avec évidence *
qu’elle avait été répandue en Italie et en Allemagne avant le retour de Colomb de son premier voyage en Amérique. J’ai prouvé qu elle
(i) Versuch einen pragmatischen geschichte dei : Arzneikunde , vom Kurt Strengel , professeur en médecine et botanique. Halle, 5 vol. in-8°, 1800 : c’est-à-dire , Histoire philosophique et critique des progrès des connaissances médicales et des diverses théories en médecine dans les différens siècles et chez les différens peuples, depuis les temps les plus anciens jusqû’à la fin du 18e siècle. — Je regarde cct ouvrage comme vraiment classique, et une bonne traduction française qu’on en ferait serait fort utile.
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s'est montrée, au commencement de son apparition en Europe, comme une maladie épidémique, très-contagieuse, non-seulement par le contact avec le corps des infectés , mais encore par celui avec leurs habits et leurs ustensiles., et probablement meme par l’atmosphère sans aucune espèce de contact ; qu’il en mourut un très-grand nombre d’individus , et qu’elle était regardée, pour cette raison, comme pestilentielle; qu’elle avait alors une grande ressemblance avec l’éléphantiasis , et surtout avec le yaws ou pian des Africains; qu’elle a perdu peu à peu le caractère d’une maladie cutanée pestilentielle et épidémique , et qu’elle a fini par devenir, telle que nous la voyons aujourd’hui , bénigne, et par se communiquer avec beaucoup moins de facilité.
Dans lé troisième chapitre et suivans du premier volume, j’ai traité des effets du virus syphilitique sur les organes de la génération. .
La Gonorrhée , ou plus proprement la Blennorrhagie, a été un des principaux ob~
iets de mes recherches.
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L'abus des mots est la source inépuisable des erreurs humaines. Le mot gonorrhée , grec d'origine , signifie un écoulement de semence. Il n'y a pas encore soixante ans que van Swieten et de Haen, deux des plus célèbres médecins de l’Europe , à cette époque, enseignaient cette doctrine. Pourtant rien de plus faux, rien de plus absurde. L'observation de la nature nous offre des notions plus claires et plus précises.
L’acrimonie , ou le virus appliqué à la membrane muqueuse de l’urètre d'un homme ou au vagin d’une femme pendant un coït avec une personne infectée, agit sur les parties tendres et irritables, comme une matière âcre ap.pliquéeà l’intérieur du nez: ce virus y produit une irritation , une sécrétion plus abondante; ce qui change en quelques jours le mucus qui lubrifie ces parties , et qui dans l’état naturel est limpide et clair, en une matière jauneverdâtre, en apparence purulente, exactement comme cela arrive dans ce que l'on appelle rhume de cerveau (coryza). Voilà la vraie notion que la nature nous présente sur cette maladie 5 il ne fallait donc pas la nom-
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mer gonorrhée ou écoulement de semence , mais bien écoulement de mucus : je lui ai donné ce nom , en l’appelant Blennorrhagie.
Le siège réel de cette maladie est toujours, originairement, chez les hommes , dans la cavité de l’urètre à la fosse naviculaire, dans la membrane ou muqueuse, directement sous le frein, et meme quelquefois dans le corps des glandes muqueuses, qui alors forme une tumeur qui entre ordinairement en suppuration , où qui s’endurcit.
Quand le siège de ce mal se trouve plus avant dans l’urètre, c’est toujours par une suite des erreurs de traitement , ou par des fautes de la part du malade.
Presque tous les praticiens ont pensé que la gonorrhée venait toujours du meme virus que' la maladie vénérienne; quelques-uns pourtant en ont douté dernièrement ; et ceuxci sont tombés dans l’autre erreur extrême , en maintenant que la gonorrhée n’était jamais produite par le virus vénérien. Le repos et la tranquillité de beaucoup de familles, non moins que les effets funestes et le traitement
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de cette maladie, semblaient demander une recherche approfondie sur ce sujet. Je me suis convaincu, après des expériences bien constatées, et d’après des observations nombreuses et bien suivies , que les partisans de l’une et de l’autre de ces opinions ont eu tort de trop généraliser, et de parler si affirmativement et si légèrement sur un point aussi important pour le médecin que pour les malades. Je crois avoir prouvé jusqu’à l’évidence, dans le chapitre troisième , que la Blennorrhagie des parties génitales des deux sexes doit son origine , tantôt au virus vénérien ou syphilitique proprement dit , tantôt à quelque autre acrimonie appliquée à l’urètre ou au vagin. J’y ai rapporté plusieurs faits bien constatés, qui démontrent que cet écoulement est souvent vraiment vénérien ou produit par le virus syphilitique : entre autres un qui m’est personnel, où la vérole fut l'effet et la suite évidente d’une gonorrhée ; j’ai observé un grand nombre de cas semblables , où cette maladie fut la suite d’une gonorrhée négligée ou mal traitée. De l’autre côté, j’ai établi, par des faits bien avérés,
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que la Blennorrhagie des parties génitales était souvent évidemment très-différente , par son origine et par sa nature , de celle qui est produite par le virus syphilitique. On sent aisément combien cette distinction est importante dans la pratique, où d’un côté on voit des praticiens qui traitent toutes les gonorrhées comme vénériennes , par les mercuriaux; et où de l’autre, par une théorie mal fondée, on laisse communiquer le virus syphilitique ? et propager la maladie vénérienne dans des familles entières , sans s’inquiéter beaucoup de ses suites malheureuses.
La nouvelle théorie et la nouvelle méthode de traitement que j’ai données sur la tumeur des tésticules, dans la première édition, ont été confirmées par toutes mes observations postérieures. J’ai regardé cette maladie comme une simple affection sympathique , produite par le virus , qui irrite certaines parties
de l’urètre, sans que le testicule soit jamais
lui-même, dans ce cas, affecté originairement. Mes observations ont reçu une égale confirmation de celles des praticiens les plus éclairés de l’Europe. ' 4
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Le chapitre sur la suppression des urines et les rétrécissemens du canal de l’urètre , a reçu , depuis la première édition , des additions considérables. C’est aux efforts réunis des gens de l’art les plus habiles de l’Europe , que l’on doit la connaissance exacte de ces maladies de l’urètre, dont la nature n'était guère connue il y a cinquante ans. Ces maux, qui causent des douleurs affreuses et souvent la mort, et qui faisaient l’opprobre de l’art, il n’y a pas plus d’un demi-siècle, sont aujourd’hui en général non-seulement très-efficacement soulagés , mais meme , pour la plupart, radicalement et très-souvent assez aisément guéris. J’ai tâché de réunir, sur cet objet intéressant, tous les résultats utiles que la dissection des cadavres , mes observations et les découvertes des hommes les plus instruits nous ont procurés.
Dans le chapitre sur les chancres ou ulcères aux parties génitales, qu’on a tous regardés jusqu’ici , presque généralement , comme des maux vénériens, j’ai établi des distinctions essentielles, nécessaires pour le praticien , et utiles pour le malade, en ren-
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clant par cela meme leur traitement, de routinier qu’ il était, plus exact et plus rationnel.
J’ai distingué avec soin les différentes espèces de tumeurs des glandes lymphatiques inguinales, qu’on appelle communément Bubons ; et, en faisant servir les découvertes des anatomistes modernes sur le système des vaisseaux absorbans, j’ai cherché à approfondir la nature de ces tumeurs, et à établir une méthode de traitement beaucoup plus prompte, plus simple et plus raisonnée que toutes celles qu’on avait suivies auparavant.
J’ai tâché, dans les premiers chapitres du’ second volume , de présenter la description et le traitement de la maladie syphilitique telle qu’elle se présente aujourd’hui en Europe, et de ses effets sur les différentes parties de l’économie animale, d’une manière claire, plus simple et plus précise qu’on ne l’avait fait jusqu’ici.
En examinantles différentes manières d’administrer le mercure, en comparant leurs avantages et leurs désavantages respectifs, j’ai désiré surtout faire sentir aux jeunes praticiens qu’il n’existe pas une seule méthode
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ou une seule préparation particulière également convenable dans tous les cas, La paresse , l’ignorance et la routine , trouveraient , à la vérité , leur compte à supposer ou faire accroire, les uns, que c’est par le sublimé corrosif*, d’autres, que c’est par les frictions mercurielles, ou quelque autre préparation mercurielle, qu’on obtient, dans tous les cas, une guérison radicale : ce sont des faussetés avérées , qui ne tournent que trop souvent au malheur du malade. Le médecin éclairé, le praticien* probe et attentif, sont aisément convaincus qu’en suivant une routine générale dans le traitement des maladies , non-seulement on ne fait souvent aucun bien, mais qu’au contraire on fait beaucoup de mal. Les blennorrhagies , les bubons , les ulcères , et toutes les maladies syphilitiques locales , exigent , autant que la maladie syphilitique générale ou affectant le système du corps , des méthodes et des remèdes différons , selon la constitution, l’âge, l’irritabilité, la sensibilité et l’idiosyncrasie du malade; selon le degré,
l’opiniâtreté et la durée de la maladie , et se-
Ion sa complication avec d’autres affections»
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En négligeant ces considérations si nécessaires pour obtenir une guérison prompte et heureuse ; en traitant tous les malades, tous les degrés de la maladie , par la même méthode et avec une seule préparation , ainsi qu’en appliquant divers médicamens mal à propos et sans jugement, il n’est pas étonnant que des praticiens routiniers se plaignent si souvent de rinefficacité des méthodes , ou des mauvais effets de certains remèdes; qu’ils deviennent sceptiques , et qu’ils attribuent à l’imperfection de l’art et de la science ce qu’ils devraient attribuer plutôt à leur négligence, à leur ignorance, et principalement au défaut de ce coup d’œil si nécessaire pour juger la nature et le degré de la maladie , et pour y appliquer, au moment convenable, les moyens et les remèdes appropriés à la constitution du malade, selon les espèces, et souvent selon les variétés différentes, de la même maladie.
L’action du mercure sur le virus syphilitique méritait une discussion particulière, surtout d’après les analyses et les découvertes des chimistes modernes, Le lecteur me saura pro-