Sagma super quo sederit , immundum erit
10. El quidquid sub eo fuerit qui fluxion seminis patitur, pollutum erit usque ad vesperum . Qui par -
1 6 précis historique
iavcritfiorum aliquid , lavahitvestimenta sua ; etipsê f lotus aquâ , immundus erit usque advesperum.
11. Omnis quem tetigerit qui talis est , zïo/z 4>//.v antemanibus , lavahil vestimenta sua ; et , lotus aquâ, immundus erit usque ad vesperum.
12. Vas fictile quod tetigerit, confringetur : vas autem ligneum lavabitur aquâ.
1 3 . *57 sanatus juerit qui hujuscemodi sustinet pas sionern, numerabit septem dies post emundationem suî ; et, lotis vestibus et toto corpore in aquis viveritibus , erit rnundus.
3i. Docehitis ergo filios Israël ut caveant immunditiem, et non moriantur in sordibus suis .
D’après ce texte, il me paraît évident que cet écoulement n’était point une véritable gonorrhée ou écoulement de semence, comme le texte l’exprime , mais une blennorrhagie, ou ce que nos auteurs modernes ont nommé gonorrhée virulente. Quoique la loi qui obligeait le malade à se tenir propre fût bonne dans tous cas, principalement dans un pays chaud et pour un peuple peu accoutumé aux soins de la propreté, il eût été absurde et inhumain, si la maladie avait été un écoulement de semence, d’obliger les personnes à fuir la compagnie du malade, et d’obliger le malade lui-même de laver constamment nonseulement les parties affectées, mais encore ses mains et tous les outils dont il se servait, principalement dans des climats où l’eau n’était pas commune. II me
DES MALAD. DES PART. .GÉNÏT. 17
parait plus probable que cet écoulement était d’une nature âcre et contagieuse , probablement de la nature de la lèpre ou de l’éîéphantiasis ou léontiasis des Grecs , et qu’il était par conséquent sage et convenable d’obliger la femme qui cohabitait avec un tel homme détenir, le plus qu’il lui était possible, les parties génitales dans la propreté. Le législateur, ou l’auteur de ce livre , ne connaissant pas le siège ni la nature de cet écoulement , mais observant que c’était une matière puriforme coulant de l’urètre, s’imaginait, comme la plupart de nos médecins le faisaient encore il n’y a pas plus de vingt à trente ans, que c’était de la semence corrompue qui coulait ainsi de la verge; et il l’appelait par conséquent gonorrhée. Je trouve une nouvelle probabilité pour appuyer mon opinion, dans l’obligation qu’il imposait au malade, après que l’écoulement avait cessé et était disparu, de laver ses habits et son corps pendant sept jours dans l’eau froide. En effet, cette circonstance suppose que cette maladie était en général guérissable, et qu’elle finissait par se dissiper d’eîle-même, comme nous voyons se dissiper très-souvent nos blennorrhagies; tandis que cette heureuse terminaison n’a jamais ou presque jamais lieu dans une véritable gonorrhée ou écoulement de semence.
La loi imposée par le même législateur aux femmes," pendant et après leurs règles, non-seulement me paraît une loi sage et nécessaire dans un pays chaud , mais je la croîs très-convenable même dans nos climats de l’Europe; car il est constant que le sang mens- I,
l8 PRÉCIS HISTORIQUE
truel , dans des femmes très-saines en apparence* char le souvent des humeurs si âcres , que leur application sur les parties génitales d’un homme sain occasionne des écoulemens ou des ulcères, mais trèsdifférens de ceux produits par le virus syphilitique. J’en ai vu plusieurs exemples bien constatés , et il est probable que l’issue ouverte par cet émonctoire à ces matières âcres et nuisibles , est cause que les femmes sont rarement sujettes à la goutte , etc. Je prie le lecteur de comparer ce que je viens de dire ici avec ce que je dis dans le troisième chapitre de ce volume.
Je ne trouve rien dans la maladie de Job qui s’applique à la maladie syphilitique , quoi qu’en dise Calrnet.
Dans la maladie de David: Cadat super caputJoab et super universam domum patris ejus , nec dejiciat de domo Joah fluexs et leprosus. Cap. Il; vers. 7, etc. Le mot fluens pourrait faire penser qu’il avait eu un écoulement de l’urètre, et une affection morbifique que , selon toute apparence , j’appellerais une blennorrhagie lépreuse.
Auteurs Grecs et Latins.
La maladie à laquelle les Scythes furent sujets, selon Hérodote ( Clio ) , et , selon Hippocrate , que l’on avait nommée morbus femineus , ou maladie féminine , semble avoir été une véritable gonorrhée ou une maladie des testicules , qui rendait peu à peu les malades efféminés et inhabiles à l’acte de la généralion. Hippocrate s’étend encore, dans son livre De
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Naturâ muTrebri , sur la méthode de guérir les ulcères , l’ardeur et le prurit des parties génitales ; et , remarquant une année dans laquelle les pufredin.es pudendorum , slmnguriœ , dysuriœ , etc., étaient plus communes , il crut qu’elles appartenaient aux maladies épidémiques. 11 parle aussi, dans ses Epidémies , liv. Vïl , de quelques remèdes contre les ulcères et contre les verrues des parties génitales.
Dans son livre De Morbis millier um il fait mention des ulcères de la matrice et de la suppuration des glandes inguinales , et il attribue la cause de ces maux à la suppression des règles.
Celse, lib. IV , c. XI/, parle d’un écoulement de semence qui n’était excité ni par le coït , ni parues rêves , nimia profusio seminis sine venere et sine nocturnis iniaginibus , c’est-à-dire de la véritable gonorrhée, qui devient à la fin fatale , en causant par degrés la consomption ; et, lib. VI , c. XVÏII , où il parle des ulcères des parties génitales , il dit : Solet etiam inlerdùm ad ne /vos ulcus decurrere , etc. Les symptômes inflammatoires de cette maladie, tels qu’il les décrit , et la méthode de traitement qu’il recommande, doivent assez éclairer sur sa nature, et ne permettent pas de douter que cet écoulement ne fût une véritable blennorrhagie , ou ce qu’on appelle communément une gonorrhée virulente.
Juvénal , satin XI, et Martial, principalement ; lib. J/ Il et IX, parlent des excroissances et des ulcères des parties génitales : maris ca, ficus , ulcus acre, pus -
20 PBJËCTS HISTORIQUE
ialœ lucentes, sordidi lichenes , comme de maladies communiquées par un coït impur.
Dxoscqride recommande des remèdes contre les rhagades , condyiornata , maligna ulcéra vulvœ , tuhcrcula genitalium , et vu h ce exiilceraiiones.
Scribonius L argus ( De Composit. medic. édit. Stephan. c. LXXXIX et XG ) recommande des médicamenspour les rhagades, les condilomes, et verrues des parties génitales; et, c.XCXIV, des remèdes adve retri iumorem ; ulcus sordidum et cancrum ( gangrœ nam ) verctri.
Sextus Placitus , papyriensis, (Parabil. médicament. script, aniiq. ) parle des remèdes contre bubo~ nés seu tumores ad inguina , carbuncul-os in veretro , ficos in ano , rhagades , phymata , cal/os in verétro.
Lucius Apuleïus (De medic amin. herb. ) fait mention de médicamens ad veretri dotorem et Iumorem; ad iumorem et dolorem inguinum ; ad condyiornata; ad veretri pruriginem.
Dans Peine second , lib. TI, epist. XXIK , nous trouvons une anecdote remarquable d’une maladie ou pourriture des parties génitales: Maritus, ex diutino morbo , ciroà velenda corporis , ulceribus putrescebat. Il paraît que Ton regardait alors cette maladie comme incurable.
Les ulcères des parties génitales d 'Hérode, dont parle Josephs., semblent avoir été liés à une maladie
DES MAL AD. DES PART. GÉMT
tiniverselle du corps ( probablement l’éléphantiasis) , dont nous ignorons la nature.
La maladie de Galerius Maximinus , dont Eusebe fait mention, semble être d’un genre semblable.
Gaiten ( opcra per J. Cornarium) parle de phimosis, paraphimosis, rhagades , condylomala , bubon es , phymata purulenta acrochordones , thymi , myrmeciœ ad inguina , tubercula in pudendis , ulcus testiculorum.
Oribase ( Synopsis) dit : Thymus est ulcus asperum et squalidum carne excrescens in ano et pu dendo ; ficus cini pudendorumque ulcéra ; tesiiculi ulcéré aphthœ simili correpti. — Ad pudendum intumescens ; ad dolores scroti pudcndiquc. — Ulcéra scroti ; ulcerationes , mordicatiônes et prurifus vulvœ .
Marcellus E mp au eus , ( Dell edica mentis ) médecin de l’empereur The'odose, parle des rhagades, con dylornata ; tumor paniculœ ,• dolor inguinum * — ït recommande quelques médicamens pour prévenir l’ exulcération des bubons. — Item : Ad veretri tumorem ; ulcus sordidum in pene ; cancrum. — Ad ulcéra veretri. — Ad tumores et dolores testiculorum remédia. — Ad carbunculos , et myrmecias in vereiro. — Ad veretri et testiculorum ulcéra tabida et hurnida. — Ad ci avala s et ulcéra veretri. — Ad carbunculos veretri serpentes ; in veretro siimmo c lavas habens callum purrulentum.
Aetius ( Tetrabibl. ) parle des rhagades ; — Cou-
dylomes ; thymus tnorbus frequens ad sedern et pu dérida. — Thymi feri dicti surit duriores, scabriores y fœcutenti , colore lividi , dolorem punctionemque in ferentes prœcipue a t lac lu , sunt insanabUee ; non excisi à radice , sed ampuiatiorie totius membri au ferendi.
De Pudendorum thymis , ex Leonida, ibid. lib* XIV, c. XII. Oriuntur in ipsâ sede, vel in fistulâ pénis , vel in prœputio. — Pour les ulcères, il recommande l’excision, et, après, l’application du caustique. — - Il parle encore de Prœputii rhagades, ulcéra sordida , et pudendorum spontané a exanthemata ; remedia ad pudendorum depascentias ( erosiones ) ; ad pudendorum carbunculos ; ad urinarii meatûs ulcéra; carbunculosa vulvœ ulcéra. Sordida vuho ulcéra. — Thymus in alis vel in ipso pudendo , vel in ore uieri , vel in collo ; pudendorum formicœ ( ulcéra); condylornata et rhagades ad vuham et circà os uteri.
L’évêque Palladius , qui a vécu sous le règne de Théodose le jeune, au cinquième siècle, raconte une anecdote curieuse d’un ermite nommé Hèi'on , qui avait mené jusqu’alors une vie très-vertueuse. Voici ses propres paroles, que je copie de l’édition que je possède (i) , en y ajoutant la traduction française:
(i) Palladii, Episcopi ITelenopoleos , Historia Laujiaca ; Lu gd. Batav. ex odicin't Lud. Elzevivi , in-^P , 1616. Cette édition est grecque et donnée par J. Meursius , et l’anecdote citée se trouve à la page 81, sous le titre H$g( FI çoovoç.
... . OuTOS TiXîUTCUOV Tyj 70V 770V£Ç}f cCollUOl/OÇ tVlÇytlM Xtd)h)Çf fy* V^poê'preCTiS TVÇVÇ tXotVVOfAtVOS iV 7% KiXtyclïv UVTOV KxCiS'
DES MAL AD. DES PART. GÉNIT
«Enfin Héron, saisi par F influence d’un mauvais génie, et transporté comme d’ùn feu dévorant, neputrester enfermé dans sa cellule. Il part tout à coup pour Alexandrie ; le dessein de Dieu F y appelait, et, suivant le proverbe, un clou chassait Vautre ( i ). En effet, il se précipita dans Foubli de ses devoirs, qui devait à la fin le conduire malgré lui à son salut. Il fréquentait les théâtres, les hippodromes, et passait sa vie dans les cabarets. De l’excès de la bonne chère et du vin, il tomba dans Fabus des femmes elle plus sale libertinage. Ayant résolu de pécher, il eut commerce habituel avec une danseuse de pantomime, et lui déclara le mal ( ou blessure ) qui le tourmentait. Sur ces entrefaites, il lui vint dans certains organes un charbon ou anthrax sur le gland. Le mal devint
S-ymi ovk UTrtXÔav ê'e tiç t\ IV* AXi^UvV^élUV TÛfcOt K6&Ï tqvtq
zutu freiuv oizovotuluv ro éH A ty ôpzevov , v,Xa> tov qXov sxpacrtv, Yleçt'i7ris'tv yuç ezovalaç t% à £'to:ÇopJu, Eiç tlçiçov uzéa-tov euçuiùîyoç <rùûryie)icLv. Tiu^i^uXiv yuç zui BreuTÇoiç , xct) )7r?ro£'çofiiutç } km) rets d'ie&TÇiQtç h KwxaXe'ioiç. O tiras Ve yuçpifitupycôv xu) ohotyXvym \nznai)) zui eh tov fibç'Soçov ryç yvvuixîîaç èTU&vyJ uç. K oit àç £<rzi7r- TiTo uy.otQTÇvou uif,icià\ tiv) 7rço<ro/uiXoôv crove^aiç tu ‘ttçoç to tXxoç iaurii ê'iiXiyiTO. Txrav arfflî l>7r uvt'6 Vtu7r^urlû/u6vav yzyovev ùorco,
KUTU TtVU OiZOVOf/J UV CCVÔÇUiÇ, KUTU TW /ZuXâvOU» Ku) É5TJ TiiTXTav
ivoryjriv l^ufcyvtoitov %povov , ùg xuTU7U7rwut uvroi) tu /uzpta , xul uvroy.UT6ùç wzrOTTtcrztv . isepov de oytuvuç xul ZTruveXvaiv aveu txtmv tciiv [teX aiv , kuI etç ôpcivypiU B-ztzov^ zcà etç /uvioc^v tw ùpcivluç 7r°XtTiluç , zut i^OfzoXoyqacifzivoç %uvtu tu cri>f,&£e£qxoTu oovt® toi V ùyioiS 7ruTpu(?iv , evepyîjrott (hv\ (phurotç txos/uviôq /ueru bxlycw nfhpuç*
(i) C’est-à-dire l’orgueil par l’humiliation de sa chute.
ü4 PRÉCIS HISTORIQUE
si grave dans l’espace de six mois, que ses parties tom* bèrent en pourriture et se séparèrent d’elles-mêmes. Enfin ayant été guéri , et retournant chez lui privé du membre qu’il avait perdu, il retourna à Dieu et au souvenir du royaume des cieux; il confessa devant les saints pères tout ce qui lui était arrivé , et ne se laissant plus surprendre par le démon, il s’endormit ( il mourut ) peu de jours après (i). »
Paulus Æ gitseta ( De Me medicâ , c. III et IV ). Ulcéra pudendi et circa scdem. — Nomœ seu ulcus serpens pudendi. — Mimœ et sordida circà coronam ulcéra et maxime cùm detrahere prœputium non possunt. Dans un autre endroit, il parle de l’ulcère universel, ou ce que nous appelons aujourd’hui cléphantiasis ou lèpre noire. Lib. III, c. LIX. —Si vcro in cole intrà pudendi foramen in çonspicuum ulcus fiat , cognoscitur ex eo quod pus et sanguis évacuatur citrà mictionem. — C’est-à-dire, « S’il arrive un ulcère dans l’urètre , on peut le connaître par l’écoulement d’une matière purulente , ou du sang, que le malade perd sans uriner. « Y a-t-il un seul de mes lecteurs qui méconnaisse , dans cette description, la maladie qu’on nomme communément la gonorrhée ?
Le même auteur parle des remèdes : Ad üolores in
(i) TJne maladie trcs-semblable à celle de Héron s’était manifestée , il y a plusieurs années , dans le nord des Etats-Urlis de l’Amérique : le vulgaire lui donnait le nom de black clog (chien noir). Cette maladie , qui attaquait le membre viril, faisait des ravages si rapides , que les parties affectées tombaient en quarante-huit heures après que le malade s’était aperçu de l’infection.
BES MAL AD. DES PART. GÉNIT. 2 5
pudendo ; ad tumidum pudendum; ad verrue a s in pudendis, thymos appellatas ; ad rimas irjlann notas et ulcerationes sedis cum fe/vore et morsu ; ad callo sas exhiber antias ; cire à uteri o scutum fissures fiant.
* — Quandbque contingit fissuras diuturnasin condylomata mutari ; verrucœ et formicaria seu verrucœ latum fundum hab entes ; ad cancrosa et ma ligna et ad rubosa sedis ulcéra , item que ad injlammationes in pudendis et tes ti bus . — Thymi seu car nos œ c minent iœ in glande vel prœputio : condylomata in ano solùm loco différant ab eo quod in millier ib us pudendis est. Lib. VI, c. LXXX.
Cleopatra (in Colle ci. Gynccior. ) fait mention des remèdes: Ad ulcéra incorpore matricis ex pr origine ; ad ulcéra et vitia vulvœ sordida vel putrida. — Ad ruinera et calefactiones et tumorem et dolorem matricis ; ad vitia juxtà anum ; ad condylomata.
Moschion ( in Collect. Gynccior. ) dit : ïn pinnaculis et in sinu muliebri, et in orificio vel in collo matricis, clavi nascuntur.
Actuarius ( Method. medendi , L IV, c. VIII ) dit: Nonnumquam in internât pénis parte exiguum tu berculum ohoritur, quod, dum disrumpitur, sanguinem ac exiguum puris effundit : quare quidam ar bitrantur ex profundo ea prodire, citràque rationem metuere cœpèrunt; verîim res ex dolore pénis deprehenditur. — Il ajoute : La saignée et la diète réfrigérante soulagent bientôt le malade ; et il continue : Quod si vitium moram traxerit et ruinas ali lus per-
venerit , etc., c’est-à-dire, « si la maladie traîne en longueur, et si l’ulcère s’étend plus en avant « , il recommande de faire des injections, de faire usage des bains, et de s’abstenir de tout ce qui est âcre ou échauffant en mangeant et buvant. Je demande si le médecin le plus éclairé d’aujourd’hui pourrait donner des préceptes plus raisonnables pour traiter la gonorrhée virulente.
Ki col. Myrepsus ( Medicamentor. opus ) fait mention: K° 81, Pudendorum putrediries et flux io nés. K° 83 , il recommande une poudre ad pudenda fluxione laborantia ; et il ajoute : His eniin cicatricem inducit , valde bonus est.— Il parle aussi des remèdes : Ad ulcéra in pene , condylomata, verrucas; ad carbunculos pudendorum ; ad pudenda ulcerata et rimas ; ad mulierum ulcerosas intertrigines ; ad nomas potissirnum pudendorum ; — Puhis ad ulcéra pudendorum , et pudendorum putredinibus et fluxionibus accommodatus .
Je passe ici tout ce que les auteurs arabes et ceux qui les ont suivis nous ont transmis sur les maladies des parties génitales, que plusieurs de ces écrivains affirment décisivement comme contagieuses , et produites ou communiquées par le coït. Mais je ne peux passer sous silence les faits suivans :
Le Dr Thiène, médecin très-estimé de Yicence, a déterré, en 1801, un procès dutreizème siècle, entre mari et femme, qui ont demandé séparation à cause de la maladie bien caractérisée que la dernière ( si
DES MAL AD. DES PART, GENIT
je ne me trompe pas ) avait communiquée à son époux. Il était dans l’intention de publier cette anecdote lui -même.
Astruc (dans son Traité des maladies vénériennes ) nous a communiqué les statuts manuscrits du lieu de débauche d’Avignon ( De discipliné la panaris pu— blici Avenionis), qui ont été faits, en 1 3 4.7 , par la reine Jeanne Ire, où nous trouvons, d’après d’autres règle mens, l’article IV qui s’exprime ainsi : La Reine » veut que, tous les samedis, la baillive, et un chi- » rurgien proposé par les consuls, visitent chaque » courtisane; et s’il s’en trouve quelqu’une qui ait' » contracté du mal provenant de paillardise , qu’elle » soit séparée des autres pour demeurer à part , afin « qu’elle ne puisse point s’abandonner, et qu’on évite « le mal que la jeunesse pourrait prendre. »
Voilà non-seulement un fait positif et très-instructif pour le médecin, mais en même temps, de la part d’une souveraine , un soin pour la santé publique , qui ferait honneur aux législateurs du siècle le plus éclairé.
Lanfranc, et plus encore Salicet , ont fait mention , dès le treizième siècle, de pustules, d’ulcères , de chancres du gland, qui paraissaient « post coitum cum fœdà rnuhere. » Nous trouvons, dans le quatorlé me siècle, que G grdqx, Arnaud de Villeneuve, et surtout Guy de Ghauliac, qui a écrit vers le milieu de ce siècle, font mention d’excoriations, d’ul-
sS PRÉCIS HISTORIQUE
cères brûlans, corrosifs et putrides, venant « propter » decubitum cum muliere fœdâ. »
Becket nous a observé ( dans les Transactions philosophiques ) plusieurs faits très -remarquables. Il dit ; « Bans un ancien manuscrit que j’ai entre les mains, écrit en i3go, se trouve une recette pour la brûlure du pénis et pour les ulcères sanieux; et, dans un autre manuscrit écrit environ cinquante ans après, il se trouve une recette pour la brûlure de cette partie par une femme. » Il rapporte aussi deux passages remarquables des statuts anglais, concernant les mauvais lieux. lAin, de n63, dit : « Que nul concierge » ne garde de femme qui ait la maladie dangereuse « de la brûlure ; » et celui de i/j.3o, écrit sur vélin, et conservé dans les archives de l’évêque de "Winchester , commence ainsi : « Ici commencent les or- » donnances, les règlemens et les usages, tant pour » la conservation de la vie de I homme, que pour » prévenir les malheurs et les inconvéniens. » Il y a une loi portant une amende de cent schellings ( grosse somme pour le temps ) contre le concierge qui tiendrait dans sa maison des femmes ayant cette maladie abominable (rnalurn nef an dam ) , ou, comme on l’a traduit ensuite , « étant affectées de la brûlure. »
J’aurais pu rapporter un plus grand nombre de semblables preuves ; mais j’ai pensé qu’il n’était pas nécessaire que je m’étendisse davantage sur ce sujet. Ceux de mes lecteurs qui désirent être plus profondément instruits sur ce point, liront avec plaisir les cx~
DÉS MALÀD. DES PART. GÉNIT, 'jg
serpta latins que le docteur Hensler a publiés dans son Histoire de la Maladie vénérienne j écrite en langue allemande , ainsi que l’ouvrage cité : Supplementum in collectionem Luisini auctorum de Inc venereâ. A uct. Gruner. M. D. et Prof, in-folio.
Lorsque j’ai fini ce Précis historique sur les maladies des parties génitales chez les Anciens , j’étais bien persuadé que le sujet n’était nullement épuisé , et qu’en continuant ces.recherches on trouverait probablement encore une riche moisson , surtout en Italie , le pays le plus éclairé de l’Europe à cette e'poque.
Je me suis, en conséquence, adressé , en 1802 , à mon ami , M. Fortis, bibliothécaire à Bologne , et Je l’ai prié de chercher dans la bibliothèque de cette ville s’il n’y aurait pas quelque manuscrit, ou quelque ancien livre imprimé sur la maladie vénérienne, ou sur les maladies en général qui ont régné dans le XVe. siècle en Italie. Ayant eu l’espérance d’aller moimême en Italie pour faire des recherches ultérieures, sur ce sujet et autres , j’ai différé de publier sa réponse plutôt , la voici :
« Je viens de trouver dans la bibliothèque qui * m’est confiée un traité de chirurgie , dont personne, » je crois , n’a parlé , et dont l’édition n’est pas même » connue par les bibliographes que j’ai pu consulter. » Il est imprimé à Venise in- 4° , en 1 4 7 4- ? par maître » Philippe de Pierre. Son auteur est un maître Guil - » laume de Plaisance ; il est écrit en patois vénitien v du temps. Dans le quatrième chapitre , il parle de
3ü PRÉCIS HISTORIQUE
« fumeurs des glandes de l’aine, qui arrivent que!-» » qnefois lorsque l’homme a mal à la verge pour « avoir couché avec une femme infecte , ou pour » autre raison ( e adevien a la jiada quando l’omo a » mal à la verga , per una femena fedada (infectée). » et per altra cakorie . » Ce sont ses propres mots, ©ans le chapitre quarante-septième, où il parle de !e pustule , e s usure, le quai vien in la verga et cer cha el prepucio, « des pustules et ulcères qui viennent » dans la verge, et autour du prépuce. Il conseille » positivement à celui qui voudrait s’en garantir, de « se laver et frotter bien avec de l’eau fraîche tout « après le coït avec une femme fétide et putain, par» » ce que la lotion défend la verge de corruption. « { La lav axone con aqua freda , cl adoso forbirse ( se frotter doucement ) , de quêla dricto lo corato (coït) con fetida femena, oçer meretrice, defende la verga de courcione.
M. Fortis ajoute: Il est très-possible que, fouillant dans les papiers de cette bibliothèque, je déterre quelqu’autre preuve de l’antériorité du mal vénérien à la découverte de l’Amérique. Il ajoute :
J’ai cherché jusqu’à présent , sans profit , des ren-* seignemens de ce maître Guillaume de V l aisance ; chirurgien : aucun auteur n’en parle. Son ouvrage n’annonce pas un grand génie , il y a cependant une sorte de distribution raisonnable. Le premier livre parle des maladies qui proviennent au dehors du corps humain par des causes intérieures; le deuxième, des blessures et contusions qui lui viennent de dehors;
DES MALAD. DES PART. GÊNIT. 3ï
le troisième , de la manière de traiter les différons disloquemens ; le quatrième , de l'anatomie en gros , et des membres qu'il faut couper ou brûler, avec la manière de s’y prendre ; le cinquième , des cautérisations et des instrumens qu’on y emploie. Le dernier chapitre de celui-ci est consacré aux propriétés médicales de quelques plantes et préparations minérales.
Dans sa seconde lettre, il dit : « Facificus maxiïius , poète et littérateur du XVe. siècle , naquit à Ascoli, dans la marche d’Ancône , et mourut à Fano dans le duché d’Urbin , vers i5oo , âgé de cent ans. On conservait à Pérouse, il y a quelques armées, un très-beau manuscrit de ses poésies latines , qui est censé avoir été écrit par lui-même dans le temps qu’il y était professeur à l’ancien collège de la Sapienza. La première édition imprimée de ces poésies , porte la date de 14894 il était alors âgé de quatre-vingt-dix ans , et très-repentant des vers libres qu’il avait laissé courir étant jeune, et qu’il n’a cependant pas eu le courage de supprimer à cette époque. C’est dans ces vers, dont l’on ne saurait fixer la date qu’entre i/f3o et 1460, que Pacifiais donne la description bien circonstanciée de la maladie dont il se trouvait personnellement attaqué. Dans une élégie qu’il adresse à Priape ( Hecatelegii lib. III,) , au quatrième distique , il apostrophe ce dieu :
Hortorum custos , tu soins , summe tuorum Àrte salutiferâ , sancte Priape fave !
Il 1 invite à le secourir, comme Neptune secourt
les marins, et Yuîcain ceux qui ont recours à lui a l’occasion d’un incendie.
Taque meum si non properas sanare Priapum >
Decidet 5 heu , non hoc nobile robur erit.
Je ne trouverai plus de jeunes filles, dit- il, qui veuillent de moi :
Si cadet liic , non me tristior alter erit.
Me miserum! sordes quas Marcidus ore remittit!
Ulcéra quæ fœdo Marcidus ore gerit.
Il n’y a donc point de doute que les gonorrhées, ou écoulemens âcres , les ulcères , les verrues , les condylomes des parties génitales , les gonflemens des glandes inguinales, etc., n’aient existé chez les différens peuples de la terre depuis un temps immémorial : mais quelle était la source , quelles étaient les causes de ces maladies? Quel est le virus ou l’acrimonie qui avait produit ces blennorrhagies, ces ulcères, ces tumeurs des glandes inguinales ? Les auteurs anciens et modernes nous ont laissés, à cet égard , dans une ignorance profonde. J’ai tâché , dans le cours de cet ouvrage , de déterminer quelques-unes de ces causes ; et j’espère que les expériences et les observations que j’y ai communiquées serviront sinon à éclaircir à fond ce sujet neuf, au moins à débrouiller un peu cette matière confuse et obscure.
Je crois avoir démontré que tout virus, ou quelque acrimonie que ce soit, appliqué à l’urètre de 1 homme , peut et doit , selon les lois constantes et générales de l’économie animale , y produire une ir-
DES MAL AD. DES PART. GÉNIT
TÎtatlon , line inflammation , et en conséquence une sécrétion plus abondante de la membrane muqueuse, c’est-à-dire un écoulement; exactement comme un grain de sable, ou quelques matières âcres, tombés dans l’œil , y produisent une irritation et une sécrétion plus abondante de l’humeur lacrymale. De même, si quelque virus , ou une matière âcre quelconque est appliqué à quelque endroit des parties génitales ou à quelque autre partie du corps, et qu’il y reste le temps suffisant pour y pouvoir produire son action, il y excitera une irritation et un écoulement, ou un ulcère : si cette matière est absorbée par les vaisseaux lymphatiques , et portée aux glandes lymphatiques voisines, elle y produira, si elle est assez âcre pour les irriter, un gonflement, une inflamma-
tion, etc. Il s’ensuit de ces considérations, quelesdits écoulemens , ulcères ou tumeurs , doivent varier selon la nature différente du virus, ou de la matière
âcre qui a été appliquée , ou de la cause qui les a pro duits. J’ai fait connaître quelques-unes de ces causes, et j’ai tâché de déterminer leur nature. J’ai distingué en conséquence les blennorrhagies en syphilitiques , lépreuses, herpétiques ou dartreuses, goutteuses, etc., ainsi que les ulcères en syphilitiques, scorbutiques, scrofuleux , herpétiques , lépreux , mercuriels , asthéniques, etc. Voilà tout ce que nous connaissons jusqu’à présent sur cette matière. Nous sommes bien loin d’avoir épuisé le sujet, et d’avoir découvert ou déterminé toutes les causes qui produisent ou qui sont capables de produire ces maladies locales aux parties
génitales : mais cela peut et doit nous suffire 7 en attendant que les lumières réunies des médecins et des chirurgiens éclairés et attentifs de l’Europe éclaircissent mieux ce sujet intéressant , nous fassent distinguer ces différentes espèces de maladies , et nous indiquent les moyens de les guérir d’après des principes plus raisonnables et moins empiriques.
DES MAL AD. DES PART. GÉNIT. 35
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