‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation desChapitre 15 sur 65 · POUVOIR CALORIFIQUE · texte numérisé non relu

POUVOIR CALORIFIQUE

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A âô p. 100 d'eau.

Calorie*.

Calories.

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A 10 p. 100 d'eau

D après ce tableau, on voit le pouvoir calorifique des meilleurs combustibles; mais nous donnerons, pour compléter notre travail, la loi établie par Dulong, qui permet de trouver la puissance calorifique d'un combustible quelconque, dès qu*on connaît sa composition et la puissance calorifique de Thydrogène et du carbone; cette loi est la suivante :

La puissancs calorifique d'un combustible est égale à la somme des quantités de ch%leur dégagées par les éléments qui la composent ^ en ne tenant pas compte de V hydrogène, qui peut former de Veau avec V oxygène du combustible.

Nous devons ajouter que celle loi n*est pas parraitemcnt exacte quand le combustible contient plus de 10 p. 100 d'hydrogène, mais elle donne des résultats assez approchés pour les applications usuelles.

CHOIX d'un COMBUSTIBLE.

Il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, de conseiller le choix d*un combustible, car suivant les besoins on peut employer un combustible différent. Nous n'avons donc qu'à passer en revue les qualités et les défauts des combustibles, afin que cliacun emploie celui qu'il croira le mieux répondre à FeiTet qu'il désire obtenir.

Le BOIS est sans contredit le plus agréable et le plus hygiénique des combustibles, surtout les bois tendres, iqui, brûlant avec beaucoup plus de rapidité et plus complètement, donnent par conséquent à la fois une flamme plus longue et plus continue. C'est pour cela que les bois vermoulus provenant des démolitions sont si recherchés; mais les bois ont le défaut de coûter fort cher, e! par conséquent de ne pouvoir èlre utilisés que par les classes aisées de la société.

La HOUILLE est à l'heure actuelle le moins cher des combustibles (1); mais elle a l'inconvénient de salir et de noircir tout ce qu'elle touche, et de contenir des pyrites de fer qui brûlent difficilement et dégagent des produits sulfureux dangereux à respirer et qui noircissent les peintures, dorures et le mobilier des appartements; aussi ne doit-on brûler la houille que dans des appareils dont le tirage sera énergique.

Les CHARDONS DE BOIS et la BRAISE donnent des dégagements considérables d'oxyde de carbone qui peuvent amener les plus graves accidents et même la mort par l'asphyxie. Ce combustible est en outre d'un prix très-élevé; malgré cela, la vente au petit détail et la facilité de son allumage font qu'il est trèsemployé, même par les classes pauvres.

La TOURBE telle qu'on la prépare aujourd'hui, s'enflamme assez difficilement dans les grilles et foyers ordinaires; il faut donc l'employer dans les appareils dans lesquels on brûle les houilles et les cokes. Le jour où l'usage de la tourbe épurée et moulée sera plus répandu, la tourbe fournira un contingent considérable au chauffage : c'est donc un combustible de l'avenir comme nous Tavons déjà dit.

Quant aux cokes de houille et de tourbe, il faut les brûler aussi dans des appareils spéciaux. Nous en parlerons lorsque nous traiterons du chauffage au coke.

(I) Voici le chiffre de la dépense de divers combustibles pour 100 OOD calories, en utilisant 75 p. 100 du combustible. :

Houille de fr. 80 à fr. 85

(k)ke 90 à 1

Bois 2 15 à 2 20

Gaz 3 80 environ.

La'TANNÉE s'enflamine assez difficilement et donne de l*odeur dans les cheminées qui n*ont pas un fort tirage.

Les HUILES MINÉRALES en général, et le tétrole en particulier, donnent, en brûlant, de mauvaises odeurs, parce que l'industrie livre au commerce des huiles qui ne sont pas assez purifiées, et dans cet état elles constituent des gaz spontanément inflammables qui rendent leur emploi très-dangereux. Si ces mêmes huiles étaient rectifiées et distillées une deuxième fois, le danger que nous signalons cesserait d'exister. Du reste, aujourd'hui leur prix de revient est encore trop élevé pour permettre leur consommation régulière pour les usages culinaires ei le chauflage domestique.

Arrivons aux combustibles gazeux, qui ont aussi leurs agréments et leurs dangers.

Si Ton n'avait pas à redouter des explosions terribles par le gaz d'éclairage, ce serait sans contredit l'un des meilleurs combustibles domestiques, car la dépense peut être limitée au strict nécessaire.

L'allumage est instantané et des plus faciles; on peut activer ou diminuer la quantité de la flamme suivant ses besoins; enfin on peut la supprimer tout à fait quand elle n'est plus nécessaire. En outre, on n'a pas à faire des provisions à l'avance, ce qui, dans certains cas, peut réaliser une économie de temps et d'argent. Nous dirons même que malgré le prix exagéré auquel le maintient le monopole dans certaines villes, il y a encore avantage à l'employer, et le jour où son prix sera abaissé, le gaz d'éclairage passera entièrement dans la consommation.

Abordons un combustible gazeux qui n'est pas assez connu, et par conséquent peu utilisé : nous voulons parler de Vhydrogène,

L'hydrogène présente tous les avantages des combustibles gazeux, et il jouit en outre d'une propriété particulière qui, au point de vue hygiénique, mérite d'être prise en très-sérieuse considération.

Ce gaz, en brûlant, au lieu de produire de l'oxyde de carbone ou des vapeurs délétères comme d'autres combustibles, produit de la vapeur d'eau. Or il est aujourd'hui reconnu par tous les hygiénistes qu'il y a tout intérêt à introduire dans les lieux habités, chaufl*ésou non chauiTés^, mais surtout dans les premiers; qu'il y a intérêt, disons-nous, à introduire de l'air possédant un degré notable d'hygrométricité (1). Donc, en employant l'hydrogène comme chauflage, il ne serait pas nécessaire de se débarrasser des produits de la combustion. On pourrait même employer des appareils à foyer découvert, ce qui permettrait d'utiliser toute la chaleur produite. Seulement, il faudrait installer la ventilation de façon à se débarrasser de l'excès de la vapeur d'eau condensée, de sorte que la nou-

(1) Voir à ce sujet une note sur rassainissoment de l'air par la vapeur d'eau, par le général Morin {Bull, de la Société d'encour., 1808, 2e série, t. X, p. CSS).

DE LÀ COMBUSTION ET DES COMBUSTIBLES. f 7

velle quantité d'air à introduire dans le local devrait être réglée seuleflieiit en Tue d'entretenir le foyer. Mais cette quantité d'air n'aurait pas besoin d'être exagérée comme cela a lieu par les cheminées ordinaires. L'emploi de llijdrogène présenterait les avantages des chanffe-doux et des braseroSy comme appareils de chaulTage, et des cheminées comme appareils de ventilation.

Le seul inconvénient que Ton puisse reprocher au chauffage à l'hydrogène' pur^ c'est que s'il se déclare des fuites, comme ce gaz ne possède pas d'odeur, il devient difficile de s'assurer de leur présence. Mais ce défaut est bien racheté, puisqu'on peut le respirer impunément et sans danger. Ensuite, rien ne s'oppo^ serait à faire entrer dans sa composition une substance odorante qui informerait des fuites et qui ne serait pas nuisible à la respiration.

On peut voir que Fjiydrogène pourra devenir un excellent moyen de chauffage, car ce gaz est préférable à tous les combustibles, surtout aux gaz et aux huiles minérales, qui présentent tout autant de dangers que lui au point de vue des explosions, mais qui ne sont pas respirables, tandis que les constitutions les plus délicates peuvent impunément respirer l'hydrogène.

D'après ce qui précède, on peut comprendre que le chauffage à Thyérogètte est une idée qui mérite de fixer l'attention des esprits les plus sérieux.

Passons aux produits de la combustion; ils sont nombreux, comme nous allons le voir.

Produits de la combastiom. — On nomme ainsi tous les corps produits par l'oxydation des combustibles.

Nous avons déjà vu que beaucoup de ces corps étaient volatils, et de plus que l'hydrogène et le carbone étaient les éléments essentiels de presque tous les combustibles.

La SUIE est une portion de fumée qui se condense sur les parties froides dans l'intérieur du tuyau.

La FUMÉE qui se dégage bien au-dessus du feu représente à nos yeux les parties solides des produits de la combustion; ce n'est en réalité qu'un mélange de divers corps, mais en proportion variable, suivant l'intensité de la fumée et la variété du combustible.

La fumée des bois, des bois tendres surtout, est légère et s'élève dans tes airs; celles des huiles, chargées en carbone et plus denses, s'élèvent moins dans l'atmosphère. Arrivées à une certaine hauteur, elles restent pour ainsi dire stationnaires au point de masquer le soleil dans les grands centres industriel' où il y a beaucoup d'usines, surtout les jours de brouillard. Aussi, devant cet état de choses, il serait désirable de trouver des foyers brûlant le plus complètement possible les combustibles; on éviterait de la sorte non-seulement les désagré*ments d'une fumée noire et épaisse, mais on brûlerait encore une partie die

combustible qui s'en va en pure perte en fumée, car cette dernière sera d'autant pips légère que le combustible sera plus complètement brûlé. Pour obtenir ce résultat, il faudrait fournir au combustible une proportion convenable d*air à une température élevée; c'est pour cela qu'on a imaginé une quantité de foyers qui sont disposés de manière à faire passer les produits de la distillation du combustible nouvellement introduit, sur le combustible ancien incandescent. Les dispositions les plus communes consistent dans l'emploi des foyers à alimentation inférieure et les foyers à flamme renversée, dont nous parlerons dans le courant de notre ouvrage.

Quelques physiciens ont calculé la chaleur perdue par une combustion imparfaite, et ils ont trouvé :

Pour la fumée noire tO p. 100 de perte

Pour la fumée légère 7,61 — —

Pour la fumée incolore 1 ,C4 — —

Quand le combustible est complètement brûlé, il reste dans le foyer un résidu nommé cendres, dont la composition est très-variable ; les cendres des végétaux contiennent de la soude et de la potasse.

Le bois donne en volume environ 2 p. 100 de cendres, la tourbe 4 à 5 p. 100; quant aux houilles, lignites et anthracites, des quantités très-variables suivant leur qualité.

Nous ne nous appesantirons pas davantage sur les produits de la combustion, mais nous parlerons de l'allumage des feux ; nous reviendrons ensuite sur la fumée, pour son utilisation, et pour décrire les moyens de l'empêcher d'envahir les locaux que nous habitons ; enfin nous terminerons ce que nous avions à dire sur les produits de la combustion, en les résumant dans un tableau.

De raiiamace du leo. — Nous avons défini précédemment la nature de la combustion, les différents combustibles, ainsi que les produits de la combustion ; pour compléter ces données nous parlerons de l'allumage du feu.

L'allumage et l'entretien du feu appartiennent exclusivement à l'homme; en effet, il ne viendra jamais à la pensée d'aucun animal mourant de froid devant les restes d'un feu, d'y ajouter du bois ou tout autre combustible qu'il aura à sa portée. Le singe lui-même, qu'on trouve si imitateur de l'homme (ce qui n'est pas vrai), ne l'imite toujours pas en cela.

A quelle époque et de quelle façon l'homme a-t-il fait un premier usage du feu? Il est bien difficile de le dire; ce qu'il y a de positif, c'est que le feu est connu de toute antiquité, puisque c'est l'un des quatre éléments du monde. A défaut d'autres preuves sur son ancienneté, la légende de Prométhée et du forgeron Yulcain nous prouverait l'antiquité de son origine. L'homme a pu le connaître par un cas fortuit : l'amoncellement de fourrages ou de végétaux en

fermentation a pu s*enflamnier; la foudre du ciel, en frappant des arbres morts ou des broussailles sèches dans une forêt, a pu provoquer un incendie.

Ce qu'il y a de certain, c'est que Thomme a aimé et redouté à la fois le feiT qu'il a adoré comme un dieu. Ce culte s'est même continué fort avant dans la civilisation, puisque à Rome un corps de prêtresses, les vestales, étaient* chargées d'entretenir perpétuellement le feu sacré sur l'autel de Yesta; sans doute la religion avait fait un dogme de cet usage, dans la crainte de perdre un des éléments si précieux à la santé et au bien-être de l'homme.

Dans les temps modernes, les briquets en acier, le silex et l'amadou ont permis de se passer des vestales pour avoir du feu à volonté. On a même inventé une quantité de briquets plus ou moins phosphoYiques ; enfin les allumettes chimiques ont détrôné tous les anciens systèmes, et les fumeurs en ont fait un usage si considérable que la fabrication annuelle des allumettes dépasse aujourd'hui 32 000 000 de francs.

i:tiiiMi«iom de la famée. — La fumée possède une température assez élevée pour qu'on ait songé à l'employer dans l'antiquité pour, sécher du bois et faire vieillir le vin, comme nous le verrons un peu plus loin lorsque nous parlerons du fumarium des anciens.

Un de nos confrères, M. de Sanges, s'est même fait breveter à ce sujet pour ce procédé renouvelé des Romains.

A en croire les prospectus lancés par notre confrère, son procédé oCfrirait des avantages très-considérables qu'on peut résumer ainsi :

1** Le tirage des diverses cheminées serait constant et égal;

2* Il atténuerait et supprimerait même en grande partie l'effet du vent violent sur les cheminées, dont le résultat est de les faire fumer;

3"* Il supprimerait totalement toutes les souches de cheminées, dont la présence offusque la vue d'une façon si désagréable dans l'ensemble des constructions des villes;

4** Il supprimerait en même temps tous les appareils fumivores.

5* Au point de vue de l'humanité, il diminuerait presque entièrement les dangers auxquels sont exposés les fumistes.

G<* En cas d'incendie, les secours peuvent être beaucoup plus prompts, plus faciles et sans dangers.

7** Il permet de réaliser une importante amélioration, puisque avec la perle du calorique des appartements des premiess étages, il serait possible de chauffer les étages supérieurs.

8<* En faisant passer dans la chambre de la fumée le tuyau ventilateur des fosses, l'extrémité de ce conduit étant chauffée activerait le dégagement des miasmes et supprimerait ainsi toute odeur dans les cabinets.

Voilà pour les avantages signalés par notre confrère. Parlons un peu des inconvénients qu'il oublie de nous signaler.

Ce système supprime-t-il en effet la fumée par le rabattement? Il est permis 'd*en douter. Ensuite un désavantage visible, c'est la perte de Tctage des combles, car il faut réunir tous les conduits de cheminées sur un seul et même point, et les tuyaux coupent cet étage de façon à le rendre impropre à quelque usage que ce soit. Aussi nous pensons qu'il est préférable d'utiliser la fumée dans le voisinage immédiat du foyer; c'est là la solution pratique de l'utilisation de la fumée.

Nous devons savoir gré à notre confrère des efforts qu'il a faits pour remettre en lumière le procédé du fumarium romain, mais nous pensons que cette idée, pour devenir pratique, aurait eu besoin d'une étude plus approfondie.

DIVERS CORPS QU'ON RETROUVE DANS LES PRODUITS DE LA COMBUSnON.

i. Corps simples Carbone, hydrogène, oxygène, azote.

Q . l Vapeur d'eau, oxyde de carbone, acide

i carbonique.

II. Corps binaires/ Cjirjjure d'hydrogène, j C*2 *^cs marais, pétrole, goudron,

( huiles empyrcumatiqucs, etc.

Composés d*azolcs . . Ammoniaque cyanogène.

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