HISTORIQUE DU CHAUFFAGE
Vmifé et néeeflslté du chaalTage arllOclel. — De tOUS les animaux qui
vivent sur la surface du globe, l*hoinroe est le seul qui, en venant au monde, n*apporte pas une fourrure pour le protégercontre les variations de température.
11 est donc obligé de se vêtir, afin de maintenir son corps dans une atmosphère de 37 à 38 degrés centigrades, qui lui sont indispensables pour vivre en bonne santé.
Dans notre pays, la température varie entre — 48* et + 38**; or notre corps tend toujours à se mettre en équilibre avec le milieu qui l'entoure, de sorte que lorsqu'il fait très-froid nous sommes obligés, pour maintenir notre chaleur corporelle à 37 ou 38 degrés, d'y suppléer par divers moyens.
Au dehors, on peut combattre le froid par un excellent moyen, par l'exercice; dans l'intérieur de nos habitations, au contraire, le plus ou moins de vêtements ne peut nous garantir suffisamment du froid, et pour maintenir l'équilibre entre notre corps et le milieu dans lequel il se trouve, il faut employer le chauffage artificiel, c'est-à-dire élever la température ambiante.
Seulement, il est très-difficile de déterminer le degré le plus convenable pour notre santé, car ce degré peut varier avec chaque individu, suivant son état de santé, suivant ses habitudes et suivant aussi la nature de ses occupations. Mais si on ne peut établir une édielle des températures applicable à chaque constitution ou à chaque corps d'état, on peut fixer des températures moyennes qu'on a reconnu bonnes et qui sont :
12 à 14'' pour les ateliers ;
15 et 17** pour les bureaux et appartements ;
17 à 18*" pour les lieux publics, tels que magasins, amphithéâtres, salles de spectacles, etc. ; Enfin, 18 à 20'' pour certaines salles d'hôpitaux.
chaleur. Aucune communicatioD n'existait e( ne devait exister entre la chambre etl'liypocauste. Une bouche tout à Tait semblable à celle d'un Tour pour la forme, la dimension et te genre de construction, s'ouvrait toujours à l'extérieur du bâtiment, dans un petit réduit comparable â un fournil, ou dans une cour basse qu'on nommait propnigeum (Tr/mmc/iûï); c'est dans cette cour que se tenaient les foruarii ou fomacatore», c'est-à-dire les esclaves charges du service de rtiypocauslc.
Nous donnons, figures 1 et 2, le plan et l'élévation d'un hypocauste découvert â Paris, . diuis l'ancienne rue Constantinc, urès de
Fig. I. - Plan J'un li>-]»caiisto ilcrouvcrl ^
i pirii (nncivniie ruo de CoïKMntiiH». Notre-Dame. Nous avons donné cet exemple,
( c e , pmir nicire. ^a.Tce qu'il est inédit et tout i fait caracléris-
tique.
La bouche el les parois intérieures de ("hypocauste, et en général toutes les
parties qui pouvaient avoir à subir l'action du fuu, étaient construites en briques
comme les piliers, et hourdées comme eux en terre à four.
Le sol de l'Iiypocausle était formé d'une couche de terre à four étendue sur
une fondation en béton ou d'enrochement et pavé de briques ou tuiles plates retournées. Sur ce pavement s'élevaient les piliers hauts d'environ O^iSO centimètres et composés de briques carrées de O^glS de côté, briques dont la forme, les dimensions, le degré de cuisson et même la nature de la pâte étaient toutes spéciales pour ce genre de construction, et qu'on ne voit employées dans aucun autre.
La forme des tuyaux pour la fumée était carrée, leur longueur variable, el quelques-uns avaient leurs cdtés percés de trous ronds ou rectangulaires destinés à remplir l'oflice de véritables bouches de chaleur pour te chauffage de la
HISTOnlQtfi DU CHAUFFACE. Î5
chambre. II esl superQu d'ajouler que ces orifices élaieal bouchés dans les tuyaux <le fumée.
Nous donnons, figure 3, l'un des vestiges les plus curieux du cbauiïage des anciens. C'est uti dessin de l'époque trouvé dans un taconicum (1) découvert à Rome près de l'église Sainte-Cécile. On y voit de nombreux tuyaux dans les murs, et l'emploi de briques creuses brevetées de nos jours comme une invention nouvelle; ce qui prouve une fois de plus qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
.\vant les Itomains, les Cliinois avaient employé un mode de chaurface en tout semblabla à l'hypo- „ ., „ . „ ,
" ■"^ Fil. 3. — Pusm d'un bypouuile
causte, mais qui n'avait qu'un seul conduit au lieu <rouvj i Hnnto lur in mon
de plusieurs pour l'échappement de la fumée. Nous le donnons dans nos figures 4 et 5; ces deux ligures sont tirées des Phttosopftical and miccUaneous papers (année 1787, appendix n" 111, page 4(j). Nous tniduisons littéralement l'article, et cela pour deux raisons. La jiremière, parce qu'il indique que depuis longtemps les Chinois employaient la ventouse des cheminées ; la deuxième, parce que le système ingénieux des Cliinois, perfectionné par l'auteur de l'article , pourrait être appliqué avec de nouveaux perfectionnements encore pour le chaulTage des serres, jardins d'hiver el bains publics. Voici la traduction dé cet article : t Dans le nord de la Chine, il existe un mode de chauffer les rez-de-chaussée qui est ingénieux. Ces étages sont dallés avec tuiles ayant un pied carré et deux pouces d'épaisseur (mesures anglaises). Les angles de ces tuiles sont supporléii par des briques placées debout qui mesurent un pied de long sur quatre pouces carrés, les tuiles elles-mêmes se joignent tes unes aux autres par emboîtement. Cette cavité qui existe au-dessous de la totalité de l'étage, a sur l'un des côtés de la maison une prise d'air près du foyer, et de l'autre un ^'f '■ ~ '^'■''''' <>« conduit qui entraîne la fumée. Le combustible employé est c>u<ia ciiiiiuii.
du charbon de terre, dont l'odeur ne se sent point dans la chambre à cause du fort tirage, et l'étage, el naturellement la chambre, est chaulTé ; mais comme chaque pilier de ce sous-sol est noirci par la fumée et
util ainsi l'e^trtnliW ilcnii-circiiluirc il'uno chambre thûrmale itu caUlaHa ir.f\x^r.fKt des Croc*. NarLîal, VI, 13, 16.
t6 TRAITE COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTtt.ATIO.t.
la suie, celle-ci empêche l'application ilirccle de. l'air chaud aux luilcs, el on comprend que la combuslion de la fuméc,qui est obligée de pnïsergur lescharbons cnllammés, fait que ce système est Irës-avanlagcui el donne plus de chaleur et par la llamnic cl par la fumée. L'élage étant tenu isole par ce sous-sol a besoin de moins de combustible pour être échauffé. *
Ensuite l'auteur propose une amélioration, i) demande avec raison (ce qui augmente fortement le tirage, qui sans cela bisse ù désirer) que le conduit de la fumée soit fermé devant la grille, de façon à n'avoir qu'une plaque de fer entre le feu et le conduit de la fumée alin d'augmenter le tirage. Puis il donne la description des (Igures : (lïg. i) a est le conduit de la cheminée ; b, la grille sur laquelle est jilacé le combustible; e, une des ouvertures par laquelle la fumée descend, attirée dans le conduit d de la figure 5; arrivée là, elle suit tous les
circuits désignés par les lléches, et arrive enfin aux ouvertures e, e: de là elle s'échappe par le conduit a ((ig. 4). f^, </, dans les deux figures, est la plaque de fer qui est placée prés du feu. Par suite de sa position, celte plaque est chauffée; elle rarcHe l'air dans celte partie du conduit, et cause l'uscension rapide de la fumée.
Sans la modification apportée par Franklin, nous comprenons diillcilement que la fumée passe par les conduits souterrains sans que le feu donne beaucoup de fumée dans la pièce, avant que le tirage s'accomplisse; car il esl bien entendu