‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation desChapitre 20 sur 65 · DES DIVERS SYSTÈMES DE CHEMINÉES · texte numérisé non relu

DES DIVERS SYSTÈMES DE CHEMINÉES

Le premier auteur français qui ait écrit un livre sur les cheminées, c'es Gauger. Notre impartialité nous fait un devoir d'ajouter que cet ouvrage, publié en 1723, a été le point de départ de toutes les améliorations apportées dans la construction des cheminées. Tous ceux qui sont venus après Gauger ont plus ou moins emprunté à son livre, la Mécanique du feu; mais ce qui est curieux mais non sur- ' prenant (le fait est assez ordinaire), c'est qu'après lui avoir pillé toutes ses- inventions, quelques auteurs en sont venus à vouloir annihiler sa personnalité. Ainsi en 1829, un Anglais, Mickleham, auteur d'un ouvrage sur le chauffage et la ventilation, prétend que Gauger n'a jamais existé, et que Fauteur de la Mécanique du feUy le cardinal de Polignac, a pris le pseudonyme de Gauger pour le signer. Cette opinion plus que hasardée, puisqu'elle est fausse, a été reproduite parTomlinson dans la première édition de son livre {Warming and ventilation). Or Gauger a parfaitement existé. Hichaud, dans sa Biographie universelle, lui consacre une courte noticQ; M. Weiss, dans la sienne, parle aussi de Gauger (2). Ainsi donc Gauger n'est pas un mythe. Le second auteur français qui ait traité le même sujet, c'est un moine bénédictin nommé dom Pierre Hébrard. Son livre est intitulé Caminologie, ou Traité des cheminées. Ce dernier auteur, qui a écrit son

(1) Ea résumé, la commission reconnaît qu*avec Tappareil Mousseron on peut :

1» Chauffer plusieurs pièces par un seul foyer, et quelles que soient les matières qu'on br6le; i)(« lors économie de combustible, mal^é le tirage violent qui se produit; 2o Opérer parfaitement la ventilation des pièces; 3^ Obtenir une combustion régulière ;

40 Obtenir la combustion de tous les gaz et leur disparition complète dans le tuyau unitaire ; 5<> Jouir de la faculté de se clore hermétiquement sans risque de fumée, à la condition cependant de munir chaque appareil d'une prise d'air extérieur ; 60 Réduire la dépense des constructions, en diminuant le nombre des tuyaux de terre cuite; 70 Ramoner facilement sans être obligé de passer dans les appartements.

Le rapporteur : L. Pàppbrt. Le président, membre de Flnstitut : Gn.naT.

Le secrétaire principal : Godeimbuf.

Paris, le 4 juillet 1861.

(2) Gauger (Nicolas) physicien, né à Pithiviers vers 1680, mort en 1730, a publié quelques écrits dont les plus remarquables sont : Èlécanique du feu^ ou Vart d'en augmenter les effet» et d^en diminuer la dépente^ première partie, contenant le TraHè des nouvelles cheminées qui échauffent plus que les cheminées ordinaires et qui ne sont point sujettes à fumer ^ Paris, 1713 et 1749, in-lï; — Théorie des nouveaux thermomètres ou baromètres, Paris, 1772, etc. Dans Tun de ses ouvrages, Gauger prend le titre d*avocat au Parlement et de censeur royal. {Bio$r. univ. de Weiss, tome II, page 734).

li\Te en 1756, a reproduit quelques tjpt^s de clieminécs de Gau|^r, el a étudié comme lui les moyens de remédier à la fumée. Il a créé en outre un type de cheminée. Nous allons nous aussi, dans le préseni paragraphe, passer en revue les divers systèmes de cheminées; nous résumerons le plus possible cette partie de notre travail, car les cheminées que nous avons à décrire sont fort nombreuses.

ciicniN«e dn L*a«rc r«r San*. — C'est celle cheminée qui constitue le premier progrès accompli dans le chauiïage domestique. En eiïct, la cheminée de Savot emploie pour la première fois des bouches de chaleur qui sont alimentées par une prise d'air passant sous l'âtre et la'plaque du fond du foyer. Seulement cet air est pris dans la pièce même oij se trouve la cheminée ; mais l'isolement du foyer de toute part est un premier progrès qui ne sera jamais plus délaissé, et qui ouvre la marche aux améliorations subséquentes. Savot avait Imaginé cette cheminée en \6H.

Fig. 39. — Coupo d« la clieminû de Giuger. (Échille Fig. tO. — Éliinlion dn la cbciuin^ Je Giupr.

<lcO',Oi|»urinMrc.)

ckeniaées «■■(«r. — Dés 1713 Gauger (I) crée plusieurs genres de cheminées qui ressemblent plus ou moins au type que nous donnons dans nos figures 39 et 40.

La figure 30 représente la coupe perpendiculaire k l'Aire et au contre-ctcur : z est la trappe du souffiel; x, son ouverture lorsqu'il souffle; Jt et 1, le cendrier, et au-dessous la cavité qui règne sous l'àtre ; o, i, m, le dessous horizontal de la tablette; c, In trappe qui doit être À l'entrée du tuyau de cheminée; h, le

a deux figurer aont tirées de c:t ouvra||«, mais elles '

LES APPAREILS DE CHAUFFAGE MODERNES, crochet qui la lient levée; r, t, l'épaisseur de la caisse derrièpc laquelle il y a un espace vide.

La ligure 40 est l'élévalion de la cheminée; on a supprimé la tablette et une parité de la traverse pour laisser voir le système, a, a, h, est l'âtre; z, le soufflet avec son chAssis; h, J, le canal pour conduire l'air jusque dans le tambour; it, le cendrier; c, g, f, h, l, m, n, les languettes attachées sur le Tond de la caisse ; la ligne noire qui serpente montre le chemin que parcourt l'air quand il y a cinq séparations ; d, d, sont des amorces, des prises d'air extérieur ; r, t*, les bouches de chaleur.

Notre figure 40 montre h droite le tambour muni d'une aiguille qui sert de régulateur.

F«;«ra d« Pcaajinalc de VrankllH. — Dès 1744, dans une brochure qu'il avait publiée à Philadelphie, B. Franklin disait : f Dans les cheminées que noua construisons onlinairemenl, la plus forte partie dechaleurdufeu, qui est située à la partie supérieure de celui-ci, monte directement dans le tuyau de la cheminée et se trouve perdue en pure perte, h^ timge de la cheminée est si fort qu'il emporte non-seulement la chaleur d'en haut, mais encore celle des cAtés, de derrière e( d'en bas; enfm, celle même que le feu rejette en avant dans la chambre est continuellement renvoyée dans la cheminée et chassée vers le tuyau. Dans mon foyer, la chaleur du haut frappe et échauffe la plaque du comble, qui communique sa chaleur à l'air situé au-dessus. »

Nous donnons, figures 41 et ii, les deux systèmes de foyers de Franklin que nous avons extraits de sa brochure; c'est le même principe qui a présidé dans leur construction.

l'artanl de ce principe que la fumée ^ ^| p j„ p, ^j p„ ^ est une chose trës-traitablc (is a veru PenijiMnio do b. Ponijimoie do b.

Fonilin d" lipe). F™nkHn (* 1;tm>).

tractame Ihing), on peut la gouverner

et la diriger facilement {easîhj gover-

ned and direcled) lorsqu'on connaît les principes de la physique ; s'appuyaot

sur ses connaissances, Franklin réduit le plus possible te passage de la fumée.

Le premier type de ces foyers (fig. 41) se compose de deux plaques de fer a, b, c, d, placées comme l'indique notre figure. La plaque inférieure a, b est bisectrice de l'angle formé par l'àlre et le fond de la cheminée. En « se trouve le combustible.

. Le deuxième type (fig. 42) a la plaque inférieure a, b dans la même position que dans l'exemple précédent, mais elle a plus de hauteur; tandis que la plaque

M TRAITE COHPUT DU CQAi;Pl''AGE ET UE U VENTILATIO .

supérieure c, d est perpendiculaire à l'âlre. En e se trouve le coinbustib,e.

En 1744 ou 1745, Franklin invenlaît un poêle qui réalisait comptéleinenl leprogrès qu'il voulait obtenir; nous donnerons plus loin cet appareil.

chcMlnée ■éhMrd. — Le père Ilébrard reprocbe avec raison aui cheminées de Gaugcr leurs complications, el pour obtenir un eiïel analogue, il propose un appareil beaucoup plus simple qui contient en germe l'idée première des appareils Fondet. Nous donnons la description de cetie cheminée d'après l'auteur luimême (1) : ( Il est vrai que les cheminées de M. Gauger ne sont point exposées aux inconvénients de la fumée; mais ce n'est qu'à l'aide d'un ouvrage très-composé et qui par celte raison est Torl coûteux. Or, comme ce n'est là que remédier  un inconvénient sans en éviter plusieurs autres, on a cru qu'il élaît possible de construire une cheminée fort simple et i peu de frais, au moyen de laquelle, non-seulement on empêche la fumée, mais on procure même tous les avantages des cheminées de M. Gauger, si on excepte le renouvellement de l'air de la chambre. La description qu'on va en donner démontrera l'ulililé de cetle nouvelle invention, a, b (lig. 43) est une j>artie du mur contre lequel la cbe-

Fig, U. - CIm-uiUiÔl- di' I'. ililinnl (|.b.ij. Fig. *l. - Clicini.K!« ik I'. HiH.r.ril.

minée est adossée; c, en est l'àtre et d, e les (leux jambages ; jusque-là il n'y a rien d'extraordinaire, si ce n'est que l'âlrc doit cavpr un peu â l'endroil c.

» Tout le secret de celle cheminée dépend de deux espèces lie caisses faites en tôle forte, dont la figure est assez singulière : 1 , 2, 3, 7 el 6, 8, 4, 5, sont ces deux caisses placées aux deux côtés de la cheminée, en dedans; elles ont chacune une pièce pareillement de têle, 2, 3, el 4, 5, qui en font les joues, telles qu'on en voit une représentée par a, h, c, d (dg, 44). A chaque côlé de la caisse (fig. 44) il y aura une ouverture, /, qui se fermera avec une pelite coulisse, m. » L'ouverture placée entre c et rf communique à l'aide d'un tuyau aux bouches de chaleur placées sur les côtés de la cheminée.

CheNilBé«de ■oNMieBBbert. — Ce système (fig. 4"») comprend une pelite che-

(I) Caminologie ou Traîlé da chcminétt, p. \'iî, cliip. xrti. Deicriptian d'une nouvelle clic-

minée dans une plus grande ; le cotnbusiible est placé en a ; au moment de l'allumage, à l'aide d'un cordon de tirage d on ferme la trappe c, et du cordon / on ouvre au conlraire la trappe a; les produits de la combustion s'échappent direclement dans la cheminée b ; le feu étant bien allumé, on fait une manœuvre contraire : on ferme la trappe a.

on ouvre la trappe c, et la fumée suit le prcours indiqué par les flèches, descend à droite, passe sous l'àtrc, et remonte à gauche pour sortir par le conduit de la fumée b.

Cette cheminée, malgré sa construction compliquée, futun progrès lors de son apparition, car elle économisait une grande partie de la chaleur qui, dans les cheminées ordinaires, se dissipait en pure perte.

Comme on peut le voir en jetant les yeux sur celte figure 45, le trajet de la fumée est considérablement augmenté, et la fumée arrivant au point c doit avoir beaucoup perdu de sa chaleur. fig, 45. ciiciuiixic du aanpiii te )iMiiat«nb«ri.

Ch«u>U<« de KBMiord. — Rumford n'apporte d'autres modilications dans la

construction des cheminées que de réduire l'intérieur des anciennes et de rétrécir le départ de la fumée pour ne laisser passer que celle-ci et conserver le plus de chaleur. Il

incline à 45* les parois latérales destinées Fig.47.— couiwikigcheiEiniiotionuinibrd. à réfléchir ta chaleur rayonnante, et il remplit les anciens foyers de plairas qui sont mauvais conducteurs. La figure 46 montre le plan de cette cheminée ; a, b, c, d indique le rétrécis-

Si TRAITE COMPLET DU CHIUFFAGE ET DE U VENTIUT10N.

sèment et le vide e, e garni de plùtras; la figure 41 montre une coupe qui fait voir en a, b le peu d'espace qu'on laisse à la fumée ; cet espace est si étroit qu'il fallait démolir les (rois briques placées au-dessous de a pour laisser passer te ramoneur quand la cheminée avait besoin d'être ramonée.

Il est fâcheux que Ruml'ord n'ait pas tenu compte, dans la construction de ce foyer, des perfectionnements trouvés avant lui et qui avaient pour but d'amener de l'air chaud dans les pièces, au lieu de l'air froid qui est souliré par les portes et les fenêtres, avantages qui assuraient avec l'économie du combustible un meilleur tirage aux cheminées.

Cbet»ia«e irMuac. — Cette cheminée, représentée fi^re 48,marque unpas en avant dans le chauffage ; les pieds droits sont munis de plaques de faïence pour réfléchir la chaleur.

L'appareil est muni en outre d'un tablier ou rideau en tdie qui facilite l'allumage, et le feu est porté sur un chariot à roulettes a, b, qui permet de l'amener

Pie. i8. - ClicDiinëc BroDuc. Rg. 49. — Clicmin^ 1 vcnlouM.

plus avant dans la pièce une fois que le combustible est bien allumé. La construction de celle cheminée, qui a figuré à l'exposition industrielle de 1835, a beaucoup de rapport avec celle dite de Lhomond.

chcnainée * ¥«■!•■>«. — Notre figure 49 montre une cheminée à ventouse qui souille sur le feu par le point ;j, c'est-à-dire beaucoup plus bas que nos ventouses modernes, qui ne donnent le plus souvent de l'air que sous la traverse des cheminées.

Ce genre de ventouse, qui prend l'air exlûrieuremenl, doit être Ir&s- efficace, mais doit occasionner une grande dépense de combustibles.

CbcnlMée Cb. M»ty. — M. Joly (1) a imaginé un foyer neuf et original qui peut s'adapter à toutes les cheminées et qui présente certains avantages. En

(1) Jolj eit raulour d'un Traité de dtmffagt et de vtntUation, l vol. în-8°, Paris, J. Baudry,

LES APPAREILS D£ CHAUFFACE MODEREES. 55

effet, le feu est apparent, l'air se renouvelle racilement, et les surfaces de chauffe et de rayonnement sont établies dans d'excellentes conditions.

En outre, on peut brûler indistinctement dans ce foyer toutes sortes de combustibles, et il donne d'excellents résultats au double point de vue de l'hygiène et de l'économie.

Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par nos figures, le foyer Joly est formé par des surfaces ondulées, munies de nervures ; les angles supérieurs sont arrondis et ramènent les produits de la combustion à un orifice central dont la section a été calculée pour laisser un passage suffisant, mais non exagéré, pour la sortie de la fumée.

Une prise d'air (fig. 50) vien t déboucher au bas du foyer par une ventouse di-

F<l[. ai . — tl^Tution dy tuycr ta\j. (Échelle do a>.03 pour iD^'lrc.) — A. pla<|iw d'iira ; B, coquilto on fonte; C. cluialiro d« cImleur; E. (nppe.

rigée en avant sous la plaque d'àtre A, dans la chambre de chaleur C ; B est une coquille en fonte formant réflecteur. Cette coquille, par sa forme, peut recevoir indifféremment des cbenels pour brûler du bois ou une grille pour brûler du charbon de terre ou du coke.

En avant du foyer il existe une galerie ou cadre en fonte D, qui permet de l'adapter & tous les châssis, quelles que soient leurs dimensions. Ce cadre supporte une trappe E à fermeture conique.

Le plan de ce foyer (fig. 50) est fait sur la ligne 0, U' de la ligure 56.

La figure 51 représente l'élévation de ce foyer ; A est la plaque d'ilre; B, la coquille en fonte ; C, la chambre de chaleur; E, la trappe.

Dans ce système, l'air froid pris à l'extérieur est amené à la partie basse de la cheminée C; voyez (Igure 5i (cette figure est dessinée au double afin d'en faciliter l'interprétation). Cet air circule d'abord sous la plaque d'àtre, comme nous l'avons déjà dit, puis sur les cQtés, où il finit par s'échauffer, pour s'échapper ensuite par la partie supérieure de la chambre chaude au moyen des bouches I, qui sont placées à i°',05 au-dessus du sol, sous la tablette de la cheminée.

H. Joly a laissé à dessein dans la chambre de chaleur un libre passage à l'air ;

HÙ TRAITE COMPLET DU CUAl^FTACE ET DE LA VENTILATHUI.

le butdetoul cliaulTagc rationnel élantde procurer un grand renouvelteinenld'aîr à une température moyenne, plutàl qu'une petile quantité d'air lrË3>cliaud,maîs desséché, et ses molécules calcinées. Un rideau ordinaire, fixé à l'intérieur, facilite l'allumage et caclic le Toyer pendant l'été.

Le simple déplacement de la chicane G (fi;. 5â) glissant sur coulisse, permet un ramonage direct sans clémonter l'appareil.

Kiï, jl.-3orlied«l.fi

I, bouche de (hilcur; J, ridcai

Afin de pouvoir obtenir une meilleure utilisation du calorique, l'inventeur a placé un coiïre supérieur en Me, que l'on voit dans la figure 52, et à l'aide d'une disposition ingénieuse, le départ de la fumée peut ftre déplacé à volonté soit À gauche, soit à droite, soit au milieu du coiïre, comme nos figures l'indiquent: 7tS est la sortie de la fumée à gauclie, 54 iV droite, et 55 la sortie au milieu du coffre.

LES APPAREILS DE CBAOrFAGE MODERNES. E>T

Notre figure 56 montre la moitié de l'élévation et de la coupe verticale^ du fojer engagé dans une cbemtnée.

Ml>< <Io l'iildvall ', chinihn de I

Fajcr réOecior * lamea «nduiéca. — MM. Gaillard ct Haillot, pour Utiliser le plus possible la chaleur rayonnante, ont imaginé un foyer réflecteur à lames ondulées. La figure û7 montre le foyer dans la cheminée vue de face; tandis que la figure 58 montre la coupe de -ce même foyer. Dans ce dernier croquis, on voit la prise d'air froid passer sous la plaque d'âtre et du foyer ; cet air s'échaulTe et sort dans la pièce par des bouches de chaleur placées sur les côtés de la cheminée comme à l'ordinaire. La partie haute du réfiecteur est fortement inclinée, de sorte que comme il ne reste que très-peu d'espace pour le passage de la fumée, toute la chaleur est renvoyée dans la pièce. Ce foyer réflecteur nous parait être de ceux qii'oii peut classer parmi les bons appareils, de même que la cheminée suivante, à laquelle nous reprochons cependant d'être un peu compliquée lorsqu'elle est accompagnée de la colonne eapnothertnate.

CbcMinée Cordier. — Celle clieminée (Og. âO) se compose d'un appareil articulé et mobile K, qui permet le passage du ramoneur ou desoninsinimentpar un simple mouvement de bascule imprimé à cet appareil de l'avanl à l'arrière; d'un triple Juuite tubes du fonte réunissant deux boites à air du nii^me métal; la boite inrérîuure M communique avec la prise d'air U et amène par conséquent l'air Frais dans les tubes qui surmontent colle boite M ; la boile supérieure T reçoit

t'annchc la frillc ; T, coiiduil d« la [unlé« : S. priu d'air ïiLcHciirde Larolvnnei L» (Miveiluiv par oA Tair cnLre dani La colonne; J, Inbcidc h colonne; V, fètla^ de la funHJe.

par S de l'air frais qui pénètre dans son intérieur par la couverture L. Cet air g'écbauiïe en passant dans les tuyaux J, qui le déversent par des bouches de chaleur dans la pièce ; enfin une plaque de foyer en fonte, N, est percée d'un trou qui permet le nettoyage de la botte, si de la suie ou quelque autre matière venait à y tomber par accident. Ce trou est muni d'un tampon.

La ligure 60 montre la coupe de cette cheminée à la même échelle que l'élévalion, c'est-à-dire à O^flO pour mètre. Comme celte coupe est cotée cl annotée.

LES AfPAnEILS DE CHAUFFAGE nODEHNES. 59

nous croyons inutile de donner des explications, tant on peut la comprendre aisément.

Étudions maintenant les divers détails qui composent le foyer. L'appareil Fondet, que nos lecteurs connaissent, présente beaucoup d'inconvénients. A l'époque de son apparition il apportait une heureuse modification dans le chaufTage par les cheminées, et nous ne devons pas oublier qu'il a ouvert la voie auï perreclionnements; mais un des principaux inconvénients de l'appareil Fondet est la difficulté du ramonagp; l'appareil encombrant et | bouchant presque toute la cheminée, on ne peut la nettoyer qu'à la corde, et il faut extraire la suie par une ouverture pratiquée à la partie inférieure. 11 faut ensuite boucher cette ouverture au moyen d'un tampon et le luter avec de la'terre à four.

Cela rend l'opération difficile, ce qui fait que les fumistes neltoyent imparfaitement les cheminées munies de ces appai'eils.

- Pour obvier à cet inconvénient, Cordier (!) a adopté une disposition pratique et ingénieuse.

Au moyen d'une articulation on peut relever l'appareil dans la cheminée (lig. &0), ce qui donne passage au ramoneur et à l'instrument qu'il emploie pour opérer le nettoyage du conduit de fumée.

L'appareil Cordierse compose (flg.61) d'un cylindre A (B, B',sonfdes manchons avec feuillures qui s'emboîtent pour éviter les infiltrations de la fumée)-, d'une botte C; d'une plaque d'âtre D avec tampon. Les tubes sont plus grands à l'intérieur que ceux de l'appareil Fondet;

F'<e- 00. — Coupe de I

G Conlur. (Ëcliclle da

(1)M. Cordier élait un ancien notaire qui,i cause de sa mauvaise lanlé, avait quitté de tionne beure sa proression; mais comme tous les gens maladifs il était Irès-friteux, et il chercha à obtenir im meilleur chaunîige pour économiser son bois; ce sont ces recherches qui lui llrenl inventer Tappureit que nom décrivoni.

ils présenlcnt donc une plus grande surracc de chauffe, el risquent moins d'èlre lirùlùs par le coiiiliuslible. Cependant l'inventeur applique contre son appareil des grilles-tubes (fig. 02) qui s'accrochent aux lubes de l'appareil, ce qui les Q préserve du contact immédiat de la

liouille ou du coke cl empêche ainsi l'appareil de se détériorer. Ces grilles ne nuisent en rien au rendement calorifique.

Notre figure 03 montre l'appareil de proOl, tandis que notre lijjute 0-1 (ait voir la colonne capnolhermalc T, qui repose sur une rondelle R. Par les ouvertures L l'air froid pénètre dans l'inlé- 'L'in;-^-D''nti^irh"nVnv«f™iihiÎT»-c ù!ri^ ricur dcs lubes de la colonne, et il sort >iip;.oru.iit rii;.pinH!; 0. x-h'}«c de r..jcr aico cliAud par Ics ouverlurcs du haut.

Avec ces appareils on pcnl consener aux Foyers leur forme ordinaire; grâce à leur mobilité, ils peuvent être enlevés * de la cheminée et replacés en quelques ¥<g. cï. — criiif-iii t ik I :i|i|.uvii c,>r irr. minutcs saus rien détériorer el avec la

plus grande facilité.

Au pjïnt de vue du rcnilemcnt calorifique, nous donnons en noie desrésullats constatés par une commissiun de la Société centrale des architectes (I).

Frg, 03. — Appareil Corilicr m do profil. Fi;. Oi. — Coionnf cjpaoïhermile.

nlvvf, lindii qu'ca E il ni tbiuté. H, ronJelk; L, air Itaii.

(I; Voici lus résull.iU qii<} nutr; Cammissian a conslatËs dan) une piôce d'une contenance d'environ 5i mùtrcs cubes d\Li.' :

Au moment où le te\i Tut altum^, le thermomètre marquai! tT-i centigrades; la consommation

LES APPAREILS DE CHAUFFAGE MODERNES. «l(

En résume, l'appareil Cordier présente une économie de combustible, un ramonage et une pose et dépose faciles, une ventilation saine et abondante, et une longue durée, surtout si on le protège contre les coups de feu par la grilletube représentée par notre figure 02.

Dans les modèles de foyers ou de cheminées qui précèdent, on emploie dans presque toutes des bouclics de clialeur; ces bouclies doivent pouvoir fermer hermétiquement afin de ne pas donner de l'air quand la cheminée n'est pas allumée; de plus elles doivent être grillagées alîn que les rats ou souris ne puissent s'y enfermer, ce qui, on le com- v «c /■ n u . i .

' ' '11 Fie- 85. — GriMc pour boucl» de clia-

prend, pourrait donner de mauvaises odeurs lenràdouiiieciumière.

si l'air chaud les brUlait.

Un bon modèle de fermeture pour grille est celui qui est représenté par notre figure 65.

En été, quand les prises d'air sont faites dans des cours ou dans des endroits frais, on peut, en ouvrant ces bouches, donner de l'air frais et par conséquent ventiler les pièces.

Foyer MoBaaeroM. — Ce foyer est un appareil en fonte dont la section horizontale elliptique est terminée à ta partie supérieure par une surface en voûte ellipsoïde. La surface intérieure de cet appareil est percée dans son aie vertical de deux ouvertures, dont l'une, celle supérieure, est réunie fi l'autre inférieure par une canalisation en fonte placée en saillie derrière l'appareil et formant conduit simple, double ou triple, en raison de la matière qu'on se propose de brûler. Notre figure 66, qui est la coupe de l'appareil, montre pariaitcmenl sa construction. Ces conduits sont terminés à la partie supérieure de l'appareil par unt' emboiture destinée à recevoir le tuyau en (èle qui doit pénétrer dans le coffre dt^ cheminée.

L'appareil, qui se monte promplement, peut se placer dans toutes les cheminées sans qu'il y ait lieu de modifier la construction. Il laisserait toutefois à son pourtour un vide désagréable, si l'inventeur n'avait remédié à cet inconvénient au moyen d'une enveloppe en fonte ou en cuivre à jour, qui s'adapte dans te châssis à moulure sans gêner les mouvements du rideau (1).

du bois fut de 9 kilogrammes, e( la ItiermomÈtrc ati boni de deux heures indiquait 30": lu Icmpùralure élait donc montée de 13 degrés.

IJno expÉrience semblable faite c|uelr|ues jours après, dans la mjmc pièce, où un des app.ireiU les plus connus (système Fondet) avait (té placd, n'a donné, dans le mime espace ili^ temps et avec la mime quantité de bois, pour résultat que 7 degrés au lieu de 13 degrés. Ont signé : Le président, membre de l'Institut : Gilbert.

I^ rapporteur : LEon Rivfèhe.

Le secrétaire principal : Godebccuf.

(I) Rapport de U. Van Cléempiito iV la Société centrale dei archiicctea, 4 juillet 1861.

m TRAITÉ.COMfLET DU CBAUïTACE ET DE LX ÏESTiLATIOS.

Noire Tigiire 07 montre un foyer Mousseron pour brûler le charbon; landis que la figure 68 est la représentation du même foyer pour permettre de consommer du bois comme combustible.

On peut comprendre, en jelant les yeux sur nos iîgures, que les produits de la combustion sortant par le Irou inférieur sont immédiatement brûlés en passant par la double enveloppe ; ils sortent donc par les conduits, sans donner lieu h la fumée épaisse qui se produit dans les autres genres de foyers.

Vai outre, l'appareil donne un tirage si énergique que les produits de la combustion sont violemment entraînés sans pouvoir, dans aucun cas, être refoulés dans l'appartemcnl. Lorsqu'on allume le combustible, la cliaieur qui se Fie, 00- - Co"i< du fojcr MouiKron, dévcloppc d'abord au Ijas du foyer

force les gaz^^à s'échapper par le trou ména^'é au niveau de la grille, c'est ce qui établit le tirage si violent; puis, lorsque l'allumage est complet, le haut de la cbche se trouvant échauffé les gaz s'échappent par la partie supérieure el se rendent directement dans la cheminée.

Flg. 07. — Fuj^r HDiiitfton pmtr cturboa Fig, 08. ~- Fojcr Haïuii^riui pour bail,

de lirn; ou iwur colip.

Ce fonctionnement permet de dire que l'appareil Mousseron est un foyer à flamme renversée pondant la période de l'allumage, c( un foyer ordinaire une fois l'opéralioii terminée.

LES APIMREILS DK CEUUFFAGE HODEIO'ES. Vi

Chtmtmécm vcNillairieea. — Nous ne savons pourquoi on a (tonné celle épithète lie ventUalrke aux cheminées que nous allons décrire, car toutes les cheminées ordinaires, même celles qui n'ont pas de ventouses d'uéralion, sont veiililatrices. Elles ventilent même trop dans bien des cas, lorsque par exemple elles ont un fort tirage et que les fenêtres et les portes de la pièce où elles fonctionnent joignent mal. Les cheminées en question ne visaient qu'à un but, celui d'utiliser la fumée.

Dés 1828 Péclet, dans la première édition de son Traité de la chaleur, nous montré une de ces cheminées. L'air arrive de l'extérieur dans une gatne, et s'y chaulTe au contact d'un tuyau de fumée en 16le qui la traverse. De là cet air chaud va sortir prés du plafond par une ouverture garnie de lamelles inclinées qui dirigent l'air de bas en haut.

Ce système de tuyau de cheminée nécessite une grande largeur et ne peut être appliqué dans nos constructions modernes, où souvent sur un mur de 4 mètres de large il faut faire passer huit conduits de cheminées.

Ensuite la I6le du conduit de fumée, perforée par la rouille assez rapidement, donne de la fumée dans la pièce ; de là un entrelien coûteux.

Dans le Mémorial de l'officier du génie {i), le capitaine Belmas indique dès 1832 une cheminée analogue à celle dePéclet; enfin Douglas Galton a appliqué pour le chaulTage des casernes anglaises le même principe (i). Mais ce svstème,

*■ 1. . > Fie.«l.-C«ip<.d'iuiocli«niiiien!i.-

foon tout au plus pour chaulTer des casernes, ne iiiiirico. (ùciiciio iio a*.is pour

peut convenir pour nos habitalions modernes; «wire.)

cependant nous donnerons un typé de ces cheminées, qui a été reproduit avec de très-légers changements par M. le général Morin, et qui représente ce qui se fait de mieux dans l'espèce.

Noire ligure tiO montre la coupe de celle cheminée venlilalrlce, qui se compose d'un foyer ordinaire dans lequel on peut brûler indilféreminent du bois ou du cliarbon. Ce foyer est isolé du muret avance le plus possible dansja pièce; une prise d'air placée derrière lui s'échauiïe dans la gaine au contact du tuyau de

(1) CMC piiblîcïlian cit pi-rioiliiiiie ; elle a aujourd'hui ii vol. in-8'>. (3)Onapuvoir(]cBspéciiiicns(laïi:i<:lic[niaéesàrexpiMi(ionunivcrs?l[eitel86T(93CtionBngliiiie).

M TRAITÉ COMPLET ÙU CHAUfTACE ET DE LA VENTLLATIOM

fonle de fumée, et sort près du plafond par une ouTerturc munie d'une Irappe à

ressort, qu'on ouvre ou qu'on ferme suivant que le feu est enlrelenu ou éteint.

La ligure 70 montre le plan de cette cheminée avec une grille à coke, tandisque la figure 71 fait voir te même plan mais avec un foyer plus profond pour permettre de brûler du bois.

Voici les propriétés que M. le général Morin trouve à sa cheminée (1). t L'ol>scrvatîon montre qu'avec les proportions indiquées plus loin, le volume d'air

pour brtlor du boii. <ÉcbeUe de O'.OJï pourmtirr.) pour mèire.)

ainsi introduit à 33° diffère peu de celui qui est évacué par la cheminée, ce qui supprime ii peu près les rentrées d'air froid par les portes.

> Celle introduction d'air chaud, jointe au chaufl'age par le rayonnement ordinaire de la cheminée, augmente de beaucoup son effet calorifique, qui s'élève à 35' (le la chaleur développée par le combustible, tandis que les cheminées ordinaires n'en utilisent que 12 à 14, elles cheminées munies de l'appareil Fondet que 30

» Toutes les fois que tes conditions de la construction permettront l'inslallation de ce genre de cheminée, il est évident qu'on devra le préférer à tous les autres, et l'on pourra suivre pour leur construction les proportions ci-après :

PKOPOnilONS DES CHEXiNÉES VENTILATBICES.

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