PRÉFACE
La question du chauffage et de la ventilation louche à l'un des plus graves intérêts de l'humanité, puisqu'elle s'adresse à la santé et au bienêtre de l'homme, nous pourrions môme dire à la santé de tous les êtres organisés ; en effet, nos animaux domestiques et nos plantes de serre sont plus ou moins prospères, suivant le milieu dans lequel nous les tenons..
Depuis longtemps déjà, mais surtout depuis quelques années, ces questions sont à l'ordre du jour; elles sont une des grandes préoccupations des administrations vigilantes et des hygiénistes. Ceux-ci regrettent que, dans nos constructions modernes , les architectes ne se soient pas efforcés d'y appliquer les meilleurs modes de chauffage et de ventilation. Nous devons avouer que cette science a peu progressé comparativement aux autres nées dans ce siècle, et nous pouvons dire avec raison que, depuis Savot, Gauger et Desarnod , aucun progrès notable n'a été apporté dans le chauffage domestique.
Les quelques nouveaux systèmes de chauffage et de ventilation qui, dans ces derniers temps, ont reçu des perfectionnements sont peu ou pas connus. On dirait que, jusqu'à présent, les constructeurs ont pris à tache
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de ne point appliquer les nouvelles découvertes, du moins en ce qui concerne le bien-être et la santé de l'homme; car le chauffage des serres a été très-perfeclionné.
Cependant, on reconnaît depuis longtemps l'importance de ces questions, puisque df^s 1631, Lamberville écrivait : < Ignis vita inortaliunn^ ; et un siècle plus tard, en 1733, Gauger, pour épigraphe de son livre, prenait : € Nec sit qui se abscondai a calore ejtis. »
Quant à la ventilation, n'a-t-on pas toujours dit que l'air était la nourriture de la vie ? aèr pahxilmn viiœ.
Nos lecteurs peuvent donc voir, par ces quelques lignes, que cette question d'actualité n'est pas dépourvue d'intérêt, qu'elle est faite, au contraire, pour intéresser vivement tous les hommes intelligents qui cherchent à améliorer le bien-être de tous.
C'est pour seconder ce mouvement et fournir notre tribut au bien-être général, que nous avons voulu traiter cette question. Nous devons dire encore que, cherchant des renseignements pratiques sur cette science,, nous avons eu beaucoup de peine à les recueillir; aussi, ayant en notre possession ces matériaux, nous avons désiré en faire profiter ceux à qui ilspouvaient être utiles. C'est leur réunion qui forme la base môme de cet ouvrage, qui contient le résullat des recherches que nous avons poursuivies pendant de longues années. Comme il est peu d'objet d'un intérêt plus général, nous avons pensé qu'il serait bon, dans un livre écrit suroul pour des praticiens, de supprimer autant que possible les formules par trop techniques, lorsque toutefois leur suppression ne pouvait pas nuire à la clarté des démonstrations.
Comme nos lecteurs le voient, bien des motifs nous poussaient à écrire un livre sur le chauffage et la ventilation; mais le plus puissant de tous ces motifs a été, sans contredit, notre désir de réunir en faisceau les documents épars de tous côtés. En effet, ceux-ci sont très-nombreux, innombrables; mais, disséminés dans des publications françaises et étrangères, ils ne peuvent pour cela être consultés avec fruit par l'homme pratique, qui souvent, surchargé d'affaires, n'a ni le temps ni la faculté de compulser les livres comme peuvent et doivent le faire les auteurs consciencieux.
Ce qu'il faut aux constructeurs (à l'ingénieur et à l'architecte), ce sont des livres simplement écrits et dépounus, autant que possible, de formules et de longs raisonnements; ce qu'ils demandent aux livres, c'est
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d'y trouver sur-le-champ les solutions qui leur sont nécessaires et le r(^sultat des expériences faites.
Un travail ainsi conçu était un livre à faire , et dont le besoin se faisait généralement sentir.
Nous Tavons fait, nous nous sommes donné cette tâche de résumer rétat de la science ancienne et moderne sur le chauffage et la ventilation.
Nous nous sommes attaché, en écrivant ce livre, à traiter surtout la question hygiénique, et c'est dans ce but que nous avons étudié ou parcouru tous les travaux publiés dans les journaux de médecine, dans les annales de l'hygiène, dans les comptes rendus de l'Académie des sciences, de la faculté de médecine, et dans le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.
Nous avons fouillé aussi, avec le plus grand soin, les thèses pour le doctorat et l'agrégation, qui avaient traité cette question.
Nous pourrons donc fournir à nos confrères les renseignements les plus complets, ce qui leur permettra de pouvoir établir sûrement les systèmes de chauffage et de ventilation les plus perfectionnés sous tous les rapports.
Nous devons avouer, en effet, qu'on a souvent accusé les architectes de rechercher plutôt les conditions économiques que les conditions hygiéniques, et d'avoir laissé propager de nombreuses inventions dont on cache lès dangers sous une apparente simplicité; enfin, d'avoir fait accepter, par une promesse d'une économie considérable, des procédés défectueux de chauffage et de ventilation. N'est-ce pas un reproche injuste, puisque ces questions ont été étudiées dès l'origine par des architectes dont la plupart étaient médecins : nous avons nommé Cardan, Savot, Perrault, Doerhaave, etc.
Pour donner plus de clarté à notre livre, il a été divisé en deux parties; la première contient le chauffage, la seconde la ventilation. Cependant, nous devons dire tout de suite que ces deux questions sont tellement solidaires et connexes, surtout on hiver, qu'il est presque impossible de les séparer entièrement, et que souvent dans le chauffage nous serons appelé à parler de la ventilation et vice versa.
Le chapitre premier traitera de la chaleur et de ses propriétés ; le deuxième, de la combustion et des combustibles, car il nous paraissait