VENTILATEURS SIMPLES
Ces ventilateurs devraient toujours être employés, soit seuls, soit combinés avec les divers genres de ventilation; nous avons déjà recommandé les ventilateurs dits insensibles, on ne les applique guère que pour la ventilation du gaz, mais ils pourraient rendre de bons services dans d autres circonstances; ce genre de ventilateur n'est pas le seul; en voici de très-simples, d'une grande utilité pratique.
¥entii«teur d« Sherrincham. — Ce ventilateur (tlg. 220) n'est qu'une sorte de botte en tôle ou en cuivre qu'on pose dans le haut des murs, près du plafond. Il établit une communication directe avec l'air extérieur; mais afin que l'entrée de l'air ne soit point désagréable, l'orifice de cette boite est à soulYlet à l'intérieur des appartements, et quand elle est ouverte elle projette vers le plafond l'air affluent qui se mêle aux couches supérieures de l'air chaud et
¥\g. 220. — Ventilateur do
n'atteint les personnes que lorsqu'il s'est déjà sherringham.
échaufl'é. Ensuite il se dirige vers la cheminée,
où il fournit l'air nécessaire au tirage. Le ventilateur de Sherringham, ainsi que celui du docteur Arnolt, ne servent qu'à une fin; le premier n'est en définitive
qu'une bouche d'inlroduclion, cl le second (dont nous avons donné la descriplion pnge 190) n'est qu'un orifice d'extraction.
Au contraire, les ventilateurs suivants ont un double but : ils admettent l'air pur et rejettent l'air vicié, mais il Taut pour cela que le milieu où ils fonctionnent satisfasse à dilTérentes conditions; la première, la plus essentielle, est que le local auquel ils sont adaptés soit elos, et dans celte hypothèse leur mode d'action est variable. Ainsi, par exemple, suivant le nombre de personnes contenues dans un local, et suivant que les portes et les Tenétres sont ouvertes ou fermées, suivant que les feus sont éteints ou allumés, le mode de fonctionnement de ces appareils est différent; nous laissons à la sagacité du lecteur de se rendre compte des divers elfetii qui se produisent quand l'air d'admission est plus lourd ou plus léger que celui de l'intérieur du local.
TcBtllaicar de Malr. — Cet appareil (fig. 221) est un tuyau le plus souvent en bois; sa forme est un carré divisé en quatre compaitiments, AA BB, par des cloisons diagonales qui se prolongent au delà du sommet du tuyau qui est coiffé au-dessus du loit d'une sorte de lanlernon dont les cùU-s sont formés de lames de persiennes. Celte I 3 .$ i disposilion assure en temps ordinaire des courants as-
; ^^ |V i cendanls et descendants et utilise l'impulsion des vents
X B II ^^ 1"'' ^'* '^"■"PP^"' ^""^ "" certain angle à travers les
\Jj^ persiennes, produisent un courant d'air ascendant qui
Fi;, m. — vuniiiiirur entraîne l'air vicié du côté opposé au vent.
''" '*""' VcMitatMr de w*u«a. — Cet appareil (fig. 2^2)
est des plus simples. Il consiste en un tuyau carré divisé en deux par une cloison ou diaphragme longitudinal de bas ea haut ; sa construction est fondée sur le principe démontré par notre figure fOi (théorie de la ventilation, page 187). Cet appareil, qui ne présente aucune disposition pour opérer la diffusion du courant descendant, peut rendre des services, mais dans des locaux trèsélevés; dans les autres, au contraire, il a l'inconvénient de déverser de l'air froid sur la tète des individus qui occupent le local où il fonctionne.
Pis, Kï. — Vend- VcHiiiatear de HMckiNNcU. — Ce ventilateur est préfé-
r aiton. fable au précédent, quoique reposant sur le même principe.
Il se compose (frg. 223) de deux tuyaux placés l'un dans l'autre et séparés par un intervalle égal à la largeur du tuyau enveloppé; ce dernier doit dépasser le tuyau enveloppant en dessus et un peu au-^lessous au delà de son arrivée à travers le plafond. Cette saillie doit être dissimulée par une
DES INSTRUMENTS DE LA VENTILATION. m
rosace ajourée à son centre el à sa cîrconféren[;e, mais qui doit avoir une partie inlermédiaire pleine. Le fonclionnemenl de l'appareil est fort simple; la longueur du tuyau enveloppé détermine un courant ascendant qui extrait l'air viciA, l'enveloppe an contraire amène l'air pur, et le courant descendant frappant sur la partie pleine de la rosace est rejeté sur le plafond où il se mêle ensuite à la masse de l'air.
TcBiii«iMn>«arir><«"'Nautihi«r. — Le principe de ce ventilateur (lig. 224) a quelque analogie avec le ventilateur Muir; c'est un tuyau en tdle couronné d'un chapeau el dans lequel les lames de persicnnes sont remplacées par des ouvertures d'appel oui aspirent le vent dominant de quelque ^'ï- ***■ ~ """"
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côté qu'il souffle, puisque les ouvertures entourent l'appareil. Hais c'est en outre une sorte d'ajutage destiné A accroître le tirage des cheminées ou gaines de ventilation.
Cet ajutage se compose de deux cylindres creu; et concentriques en Idle ou en zinc. Ces deux cylindres sont, dans tous les points de leur étendue, séparés l'un de l'autre par un espace circulaire qui laisse un libre passage â l'air qui pénètre par les ouvertures d'appel. Cela produit un courant d'air ascendant d'extraction du cùté sou? le vent.
Le cylindre intérieur n'est que la continuation du luyau de cheminée ou gaine de ventilation. Il se termine â peu près au milieu de la longueur du cylindre extérieur dans lequel il est contenu. Ce dernier est complètement fermé dans celle de ses extrémités qui correspond â l'exlrémité inférieure du cylindre intérieur.
L'aspirateur Noualhier peut servir à la ventilation des hôpitaux (1 ) et autres grands établissements publics,
des écuries cl desétables, des égouts et fosses d'ai- ' pimiôûr Noûâihie" "^
sances, des navires C^) et des serres. Pour ce dernier usage un des maîtres de la science horticole, M. Naudin, en a faitvaloirtous les avantages (3).
(I) L'Ami dtt tcitwxt, n- S, J3 février 18Gi.
(t) Gatellt dtt kâpUaitx, n" SO, 9 juiiret IS63; Annalet de l'agriculture et de* coloniet, Î8 limer I86i. page 93.
(3) itecM liorticole, n» 7, livraison du t" avril 1862, page tU.
TRAITt COUPLET DC CHlCmCE ET DE U VE5T1UT10:<.
MOTE!( DE CO^fTRÙLEK l'N SERVICE DE TE.tTIL ATION.
U ne sofBl pas d'étndier et d'appliquer on bon mode de chauRj^e et de TentUalion, il faul encore ponToir s'assurer de son Iwn fonrtionaenienl el pouvoir conlrftler la réfolarité et l'efficarité de son serricc ; pour obtenir ces résullaU il faut quelques inslnuncnts ; en premier lieu un anémomètre : iL en existe plusieurs, HM. le général Horin, Neumann et Combes onl apporté à ce petit appareil des perfectionnements utiles.
■■<Mi>Mtiini ém c«^*«». — Cet anémomètre est le plus fréquemment emploie, c'est pourquoi nous en donnons la description d'après le Bidionnairr da artt et Munufatiurei, à qui nous l'aroas empruntée ainsi que la figure, c II consiste (fig. i25) en un UHraiinet métallique A, avec quatre ailettes en mica inclinées sur le sens dn mouvement comme les ailes d'un moulin i vent.
>Ce moulinet tourne avec un
arbre en acier B porté par deux
bouts sur deux supports verticaux
en enivre, comme snr des poupées
de tour et muni d'une vis sans fin
• C, qui fait tourner une première
roae dentée E. Celle-ci s'engrène,
^ par un petit pignon ajuste sur son -
axe , avec une seconde roue F.
Chacune de ces roues a cent dents, et leurs pignons sont calculés de manière
que la première roue avance d'une dent quand le moulinet fait un tour, ce qui
donne cent tours de moulinet pour un tour de roue : la seconde roue avance
d'une dent quand la première a lait un four entier ou quand le moulinet a fait
cent tours.
> Ces deux roues portent sur leur limbe eilérieur des chiffres indiquant de dix en dix le nombre des dents de roues. De plus, le support intérieur de l'aie du moulinet porte une aiguille horizontale G qui sert de zéro à tout le système el de point de départ à la première roue devant laquelle, au commencement de chaque expérience, on ramène le zéro de la première roue.
> Ce même support présente plus bas une autre aiguille H qui correspond au léro de la seconde roue. Ces deul aiguilles servent à lire les résultats des obser-
valions, c'est-à-dire le nombre de tours dont le moulinet a marché pendant une expérience.
> Pour opérer avec certitude et facilité, il faut pouvoir mettre l'appareil en marche ou l'arrêter à volonté à instants fixes, même dans une capacité close.
> L'appareil de débrayage et d'embrayage I adopté, consiste en une fourchette qui s'engage dans les bras du moulinet, et s'en dégage à la volonté de Tobser* vateur. Cette fourchette, attachée au solide support extérieur du moulinet, joue sur son centre et est mise en mouvement dans un sens ou dans l'autre, pour embrayer ou pour débrayer, par un balancier placé sous le support et qui reçoit à chacune de ses extrémités des fils renvoyés à l'extérieur par deux petites poulies pour être tirés par les mains de Tobservateur. »
L'expérience a démontré qu'avec des anémomètres l'on peut déduire la vitesse de l'air du nombre de tours des ailettes au moyen de la relation de la forme suivante :
V = a + ftT.
V étant la vitesse en une seconde ;
a un terme constant, qui exprime la vitesse de l'air à laquelle commence à tourner le moulinet;
b un nombre constant;
T le nombre de tours des ailettes en une seconde.
Pour faire une observation anémométrique, on amène à zéro les deux roues en soufflant sur le moulinet, onplace ensuite l'anémomètre dans une partie des conduits parcourus par l'air, et autant que possible dans un milieu où la vitesse soit à peu près uniforme et constante; c'est pour obtenir ces conditions qu'il faut engager l'anémomètre à une certaine profondeur dans l'orifice où Ton veut mesurer la vitesse du courant d'air. On met l'appareil en marche pendant quelques minutes, et du nombre de tours faits dans ce laps de tempsl'on déduit celui qui correspond à une seconde, ce qui permet de déterminer la vitesse V; on multiplie ensuite cette vitesse par l'aire de section de l'orifice où l'observation a été faite; l'aire de section est exprimée en mètres carrés; on obtient ainsi le volume d'air écoulé en une seconde qu'on multiplie par 3600 pour avoir la vitesse à l'heure,
Quand le conduit de ventilation est très^large il faut placer l'appareil en divers points et bien écrire les résultats pour en tirer une moyenne. Quand l'orifice a une petite section ou qu'il est grillagé, il faut bien se garder de placer l'appareil au-dessus ou au devant de cet orifice et prendre la moyenne de ces deux observations; en opérant ainsi on pourrait commettre de graves erreurs. Quand on se trouve dans ces cas il faut faire préparer un tuyau en tôle en forme d'en^ tonnoir dont la section épouse exactement d'un côté la section de l'orifice, et à
rinlérieur de cet entonnoir, on place sur une platine Tanéinomèlre. On doit avoir soin de luler soigneusement avec un mastic quelconque, le tuyau avec l'orifice, pour être bien assuré que tout Tair de ventilation passe par Tentonnoir.
En mettant les anémomètres en rapport avec des compteurs électriques, on peut suivre d'heure en heure ou matin et soir la régularité et le bon fonctionnement d*un service de ventilation ; dans les grands établissements on devrait établir les compteurs dans le cabinet du directeur, qui pourrait ainsi se rendre compte à chaque instant deTefricacité et des résultats de la ventilation. Ces dispositions sont indispensables dans les grands établissements publics.
Les autres instruments de contrôle sont le thermonètre, pour mesurer le degré de chaleur de Tair de ventilation, et Thygromètre. Nous ne parlerons pas du premier instrument, il est aujourd'hui connu et très-répandu, mais nous donnerons quelques détails sur le second, dont l'emploi mériterait d'être plus généralisé.
■ygromètrcs. — Les hygromètres sont des instruments qui servent à mesurer l'humidité, la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère. Ils sont très-employés en météorologie, ainsi que dans diverses industries, notamment dans celle du séchage des étoffes, des papiers, etc.
il existe plusieurs genres d'hygromètres, ceux de condensention ou psychomètreSy et ceux d*absorption.
Le PSYCHOMÈTHE cousiste en deux thermomètres très-bien concordants et très-sensibles, placés sur une même planchette à côté l'un de l'autre.
Le réservoir de l'un d'eux est enveloppé d'une étoffe légère, d'une sorte de gaie constamment humectée par dp Teau Tournie par un petit récipient. Cette eau en s'évaporanl refroidit le réservoir du thermomètre; et Tévaporalion est d'autant plus rapide que l'air ambiant est plus sec.
La température I du thermomètre mouillé, inférieure à celle de (' du thermomètre sec, est introduite dans la formule suivante :
P étant la tension maximum de la vapeur d'eau pour la température (', et x celle de la température cherchée. Mais nous devons ajouter que, dans la pratique, les résultats fournis par le psychomètre ne sont pas d'une rigoureuse exactitude ; aussi pour des expériences rigoureuses, on emploie l'hygromètre de condensation de M. Regnaull, et pour les expériences de ventilation, Thygromètre à cheveu.
L'hygromètre à cheveu a été imaginé par de Saussure. Cet instrument, comme rindique son nom, repose sur une propriété particulière du cheveu, de se raccourcir quand il se dessèche et de s allonger au contraire sous Tinfluence de l'humidité. Le cheveu possède en outre cette propriété d'une manière Gxe et invariable. H reste toujours de même longueur dans Tair sec et il s'allonge d'une
même quantité dans un air très-saiuré d'eau. Ce sont ces deux limites qui ont servi à déterminer les points exirêmes de Thygromèlre, de à 100, qu'on a divisés en cent parties égales nommées degrés.
Pour faire marquer à l'instrument les plus minimes variations de l'atmosphère le cheveu est fixé d'un bout à Tappareil, tandis que l'autre bout, enroulé sur une petite poulie, porte un contre- poids qui permet de maintenir une tension toujours égale. Uneaiguille solidement fixée à la poulie tourne en même temps que cette dernière, et indique sur un cadran divisé en 100 degrés l'état hygrométrique de la température. Le point de départ est l'extrême sécheresse.
Afin que nos confrères n'aient pas à calculer pour leurs études le degré d'humidité correspondant à l'hygromètre, nous leur donnons dans le tableau suivant, pour certains nombres de degrés de l'hygromètre, le poids de l'eau que contient 1 mètre cube d'air k ib"* centigrades qui est adopté pour la température moyenne des* édifices chauffés et ventilés.
Nous avons dressé ce tableau d'après les données de Gay-Lussac et de Grou'' velle.
TABLEAU DONNANT EN GRAMMES LE POIDS DE l'EAU CONTENUE DANS UN MÈTRE CUBE d'air a 15" POUR UN CERTAIN NOMBRE DE DEGRÉS DE l'UYGROMÈTRE A CHEVEU.
DEGRÉS
POIDS
DEGRÉS
POIDS
DEGRÉS
POIDS
de