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DE U CHALEUR ET DE SES PROPRIÉTÉS

sont une source conlinuelle de chaleur, mais nous n^avons pas à nous en occuper ici; nous croyons qu'il s'écoulera encore longtemps avant qu'on puisse utiliser cette source; elle sera toujours nécessaire à Tanimal, et même insuffisante; ce qui le prouve, c'est que nous sommes obligés d'étudier des moyens économiques de chauffage. Cependant certaines imaginations ardentes ont voulu utiliser ou expliquer à leur façon la chaleur produite par les animaux (1).

1o Sources physiques et mécaDÎqucs.

i«« «oieii. — La principale cause, la cause par excellence de la chaleur, celle qui entretient la vie de tout le règne animal et végétal, c'est le soleiL La quantité de chaleur que cet astre bienfaisant nous envoie est incommensurable; cependant on a cherché à l'évaluer (2), quoiqu'on ne puisse faire que des hypothèses sur le commencement de son origine (3).

D'après les calculs de Pouillet, la quantité de chaleur produite par le soleil serait capable de fondre en une année une couche déglace de 30 mètres d'épaisseur qui envelopperait notre globe.

On a fait diverses tentatives pour utiliser la chaleur solaire. La première que nous connaissions remonte à Archimède, qui, pendant le siège de Syracuse, brûla, dit-on, à l'aide de miroirs ardents, la flotte romaine. Ces miroirs absorbaient et réfléchissaient les rayons du soleil et les projetaient sur la flotte ennemie.

En 1716, un certain abbé Guthsmann, bibliothécaire du roi de Portugal, avait inventé une machine par laquelle, sans feu et rien qu'à l'aide des rayons solaires, on pouvait cuire du pain et faire bouillir et rôtir des viandes. Il est probable que cette tentative ne fut ni pratique ni de longue durée (4). Quelques années plus tard, Buffon voulut répéter l'expérience d' Archimède, et, à l'aide d'une surface sphérique composée de cent miroirs plans, il réussit à enflammer du bois à une distance de 65 à 66 mètres.

Lavoisier obtint des effets identiques, mais avec des lentilles montées sur un appareil.

Depuis ces essais, plutôt curieux qu'utiles, divers inventeurs ont proposé d'utiliser la chaleur solaire dans un but industriel, et l'un deux, M. Slmmonin, a osé avancer que l'on pourrait un jour emmagasiner la chaleur solaire, la

(1) Voir De la chaleur produite par les êtres VivaniSf par Gavarret, 1 vol. in- 12, Paris, 1855. — Essai sur la génération de la chaleur des animaux^ pur le docteur Douglas. Traduit de l'anglais. Paris, 1751. — Suivant cet auteur, la chaleur animale ne serait produite que par le froUenient des globules du sang dans les vaisseaux capillaires.

(2j Un savant physicien et météréologue a cherché ceUe évaluation. Voir le Traité de phy' sique et de météorologie^ par Pouillet.

(3) Voir, sur la constitution physique du soleil, les travaux de Paye, William Thomton, Secchi, etc.

(4) Cité par Rolh dans llaliersparende ofen, etc., p. 06, 1802.

G TflAlTÊ COMPLET DU CHilFFACE ET DE LA VENTtUTIO^i.

mellrc en bouleilles pour s'en servir ultérieurement suivant nos besoins; mais toutes ces ihéories ont besoin d'èlre sanctionnées par la praliijiie, et nous croirons à CCS ri-sullals quand tuut le monde pourra utiliser cette cbaleur, comme nous employons celle produite par d'autres agents.

La perensaian d I* «•mprcaaion. — La percussion, dc même que la compression, produilde la cbaleur, mais Jusqu'à ce jour coji sources n'ont donné lieu à aucune .npplicalion induslnclle(l). La percussion a été employée par nos pères pour utilenir du feu, mais avec l'aide du briquet, ce qui n'est pas simplement de la percussion.

Le (rMtemcai. — Cetlc source tte rhaleur est celle qui a dû être utilisée la première de toutes. C'est en frollanl deux morceaux de bois l'un contre l'autre que les peuples primitifs liéveioppaicnt une chaleur sufllsanle pour obtenir du feu. Les Grecs rapportent à Prumétbée cette découverte, ce qui fait que quelques critiques modernes, d'après M. Troost {i) et le docteur Joly (3), ont prétendu que Promélliée avait été l'inventeur de ce moyen de se procurer du feu. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans les langues orientales pramanika désigne l'inslrument avec lequel les sauvages se procurent du feu, et les Orientaux nomment pramenlltè ou promélhée celui qui est chargé d'allumer les feux.

Aujourd'bui, si nous ne frottons plus deux morceaux de bois, nous frottons encore nos allumettes pour les enflammer.

Le frottement n'a pas été utilisé industriellement. Nous ne connaissons que des résultats sans succès d'un appareil inventé et fabriqué par MM. Deaumont etMaycr. Cet appareil a fonctionné à l'exposition universelle de 18.'>5, et depuis nous n'en avons plus entendu parler.

Avant cette époque, Rumford (que nous retrouverons plus tard dans le cours de cet ouvrage) avait lu en 1788, à la Société royale de Londres, un essai sur la chaleur obtenue à l'aide du frottement; il avait même inventé une machine mue par un cheval, mais il trouve son procédé si peu pratique, qu'il dit lui-même : c Mais on ne peut imaginer aucune circonstance dans laquelle ce procédé soit avantageux au point de vue économique, car on obtiendrait plus de chaleur en employant comme combustible le fourrage destiné à nourrir le cheval (i) *.

En somme, nous pouvons dire d'une manière générale que toutes les forces physiques ou mécaniques peuvent développer de la chaleur, mais qu'encore aniourd'hui la science n'a pu en tirer une utilité pratique. Passons maintenant aux

urces chimiques.

(1) Vuir â ec siijel les e:(pi^riïn<;es de R«rllia1lel, t^lladon, Sturn), et d'autres encore,

ti) U Kei-, i-otir.ircncc de M. rToosiirtevue du court KtaUifiquf», p. 207,2" année, t86J-65).

(3j L'IlnvHC rnïtsuE, confr-rencc du docteur Joly (/tcru« d-$ court tcitHli/iques, p. S58,

année, ISCl-r.r».

(4) Eiiuili poliliquei, iconomiqttu et philoiophiques. i\* essai : Heclierches espérimcnlalei

r la clialcur qu'excite le rrottemcnt. Traduit do l'anglalt par L. H D. C. (le marquis de Cour-

ron). Iient\c, Maugct, 1799.

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