DE LA CHALEUR ET DE SES PROPUIÉTÉS
30 Sources chimiques.
Toute combinaison chimique est une source de chaleur; ce lait est démontré par les travaux de Hess, d'Andrew, de Graham, et ceux plus récente de M. Berthelot.
Mais il n'y a guère que deux genres de combinaisons qui aient été utilisés : la fermentation et la combustion. Avant de parler de ces deux modes de production, nous devons dire qu'un pharmacien de Lille en Flandre, Sorbier, a indiqué le procédé d'un moine bernardin au moyen duquel on pouvait maintenir chaude une chambre sans feu, et cela pendant deux heures, en employant une carafe d'eau renfermant des morceaux de chaux vive. Le goulot de la carafe doit être fermé à l'aide d'un bouchon en plomb et à vis.
Nous signalons le fait sans ajouter trop de foi à ce mode de chauffage par la délitescence de la chaux.
Quant à la fermentation, c'est différent, elle peut donner une chaleur considérable.
Chaptal a étudié la chaleur produite par la fermentation des vins, Chevallier a prétendu que la fermentation avait pu occasionner des incendies (1). Tous les jours des fourrages enfermés avant d'être complètement secs, s'échauffent, s'enflamment et causent des incendies; enfm, nous voyons les jardiniers utiliser la chaleur des fumiers pour des couches chaudes et le chauffage des serres à multiplication; c'est de Candolle, croyons- nous, qui en 1829 a mis le premier ce procédé en usage.
La véritable source chimique de la chaleur, c'est la combustion des corps combustibles, principalement du charbon dans l'oxygène de l'air; c'est la seule source de chaleur artificielle employée de nos jours d'une manière constante, soit dans l'économie domestique, soit dans l'industrie, aussi nous la traiterons à part dans le chapitre suivant.
(I) Voir un mémoire de Chevallier sur les incendies et inflammations spontanées [Annales d'hygiène et de médecine légale, t. XXV, p. 309).