V. — CALORIFÈRES A AIR CHAUD
Nous avons étudié jusqu'ici les moyens de chauffer un local relativement restreint, une ou deux pièces au plus; mais, quand il s'agit de chauffer de vastes locaux, de grands cubes, des édifices entiers, les cheminées et les poêles seraient insuffisants ou, tout au moins, constitueraient une grande dépense au point de vue de l'allumage et de l'entretien de très-nombreux foyers; ils présenteraient, en outre, plus de dangers d'incendie, surtout pour les monuments publics. Aussi pour ces grands locaux il faut avoir recours à de grands appareils spéciaux qu'on nomme calorifères. Les plus simples et les plus répandus sont dits calorifères à air chaudy parce que l'air est employé comme véhicule de la chaleur.
Le premier calorifère à air chaud a été construit par l'Anglais Strutt en 1792 pour l'hôpital de Derby. Depuis cette époque, surtout dans ces derniers temps, il a été créé chaque année des centaines de modèles, ce qui fait qu'aujourd'hui il en existe quelques milliers, qui cependant .peuvent êlre ramenés à deux types principaux.
Dans le premier type la fumée circule dans des tuyaux verticaux, et dans le second la circulation de la fumée s'effectue dans des conduits horizontaux. La première disposition est préférable à la seconde, parce que l'air extérieur introduit dans le calorifère est plus rapidement chauffé puisque l'air peut envelopper entièrement les tuyaux verticaux, tandis que dans le second le même air ne lèche que la moitié de la surface des tuyaux. Il est donc préférable d'adopter les
tuyaux vcriicaux et de leur donner une surface de chauffe égale à cent soixante ou cent quatre-vingts fois la surface de la grille du foyer. Il faut aussi proportionner à la capacité des appareils les tuyaux de fumée. Pour des appareils ordinaires, on leur donne de 0°',25 à 0°',30 de diamètre, ce qui est suffisant pour que la vitesse soit assez grande et la température intérieure convenable.
Dans les locaux dans lesquels la ventilation est très-active, il faut donner aux calorifères, pour 1000 mètres cubes de capacité des salles, une moyenne de 18 mètres de surface de chauffe; quand ils sont abondamment ventilés, on devra élever cette proportion à 20 et 22 mètres.
Les calorifères à air chaud sont des chambres closes renfermant un foyer qui chauffe une quantité d*air prise extérieurement, et qui conduisent cet air dans des locaux plus ou moins éloignés. Celui-ci arrive directement du calorifère ou d'une chambre spéciale; car aujourd'hui on dispose près des calorifères à air chaud ou mieux au-ilcssus, si c'est possible, une chambre de mélange d'où partent les conduits de distribution de l'air chaud.
Cette chambre reçoit à la fois l'air chaud du calorifère et de l'air froid extérieur, qu'on introduit dans des proportions convenables, de manière à obtenir une température de 30"* à 40"" au plus. Suivant l'état de l'atmosphère, on règle à l'aide de registres les proportions d'air chaud et d'air frais pour atteindre ce résultat.
Les calorifères se composent : 1° d'un foyer; 2** de prises d'air; 3** de conduits de fumée serpentant plus ou moins suivant la surface de la grille du foyer (1); 4*" d'une enveloppe de la chambre de chaleur; b"* d'une chambre de mélange; 6® des conduites d'air chaud aboutissant à des bouches, qu'on doit autant que possible disposer dans des parois verticales, pour qu'elles ne puissent être obstruées par les balayages.
Les calorifères à air chaud ne peuvent être employés que pour chauffer des locaux peu considérables; aussi pour un vaste édifice il faut en établir souvent un grand nombre, car il ne faut pas oublier qu'ils ne peuvent en général conduire l'air chaud qu'à une distance horizontale de 15 à 16 mètres, 18 à 20 mètres avec des moyens spéciaux.
Ces calorifères peuvent être en fonte, en tôle, ou construits en briques réfrac-
(!) Des expériences consignées dans les Annales du Conservatoire {6« vol., 1866) ont démonli'é qu'un calorifère à tuyaux horizontaux, où la surface de cliauflc était c^alc à soixantedix fois celle de la grille du foyer, n*utilisait que 63 degrés de la chaleur développée par le combustible, tandis que pour des calorifères à tuyaux verticaux, où la surtïice de chauffe était égale à deux cent vingt fois celle de la grille, le rendement caloriGque s'est élevé à 81 degrés.
I^ proportion de la surface de chauffe des tuyaux à celle de la grille a aussi une grande importance. Dans un calorifère à tuyaux horizontaux. Ton a trouvé les résultats suivants :
Surface de chauffe égale à | ^ ["i» "»" ^ '» «""« ! Rendement caloriOquc. | ^J
LEK APPAREILS DE CRAVPFACE MODERNKS. 83
laircs.el pi'uveul t'iri' (enveloppés de ces marnes l)ri(|U(!s lorsfin'its sunl eu métal. Nous dirons tout de suite qu'anjounl'liui la Tunte est la malière la plus employée pour la construction des calorifères qui nous oi^cup^nl, el que ceux f^ihriqués en Ifile, i part leur pri» tie revient qui est très-élevé, sont encore promptcment dé- Iniils par la rouille. La lùle ne doit ôlre employée dans la composition des calorifères que IJi où elle est indispensable.
A propos de poêles en Tonte nous avons signal)^ les inconvénients de lu fonte rougie: aussi conseillerons-nous d'employer de la li'ile ponr les tuyaux de fumée exposés à rougir.
l'ne excellente précaution à recommander, et que beaucoup de constructeurs commencent â employer, c'est de préserver les luyaus de fumée, nu moins dans leurs parties inférieures, par luie cnvHoppe en poterie réfraclaire ou en brigues.
Nous allons examiner successivement les diirércnls types de calorifères qui sont le plus généralement employés.
r.ALoniFÉnEs en msTE.'
t^l*rinr«« ■e«elltui«. — La H^ure 08 représente la face en perspective d'un calorifère en fonte construit par M. Iteveilliac; ta ligure 'M montre le profil de ce mi^me calorifère, surmonté des tuyaux borizoïit.iux. C'est le plus petit modèle étiililt par ve constructeur, qui fabrique aussi le même type avec des tuyaux à nervures.
Le système est assez simple pour n'avoir pas besoin de grande explication; en effet, ce calorifère su compose d'une cloche en fonte contcnnut un foyer et un cendrier; cette clocbe est siirmimlée de trois ou quatre doubles rangs de tuyaux de fumée suivant le numéro du modèle; enfin, la fumée complètement brûlée s'ècbappe par le tuyau vertical dont ii,-. i«- - ùinnrw m onio i p . ncitiiiiK.
notre figure 'JO fuit voir l'amorce. Des
bouches sont ménagées nu droit de ctiaque course de tuyaux pour le ramonage; ces bouches sont fermées par des tampons ronds ou ovales, suivant la forme des tuyaux auxquels ils appartiennent. Ces deux formes de Limpons sont représentées par nos figures IIX) et 101.
annuluii'cs imiiiies de ii nies pfir des bagues ou
lUITË mMI>LET DU CHAUKi'Mr.Ë ET ItK L\ VENTILATION
- Ce cuturirèro csl formé par la âuprr,iuiiliuii de pièces
vures ([ui s'assemblent en feuillure, et qui sont réuinturi'S. Cet uppari'i! est sur.iionlé d'une coupole^éga-
leinent à nervures; notre figure lOi montre l'ensemble du ce r^ilorifère, iiiie
nous allons dL-cumposer, pour faire voir lu simplicité et récoiiuinti' Je ,s;i cunslruelioji e( In facilité tk- son moiila^'e.
Si nous examinons en détail cet appareil, nous voyons d'abord (fig. 103) un socle pourvu de larges ouvertures faisant oflice de prise d'air, et une porte de
U:A AI>1>AIIE1I.S DE CHAUKfAllE HODER.teS. 8&
rondrier miitiit' iriinc vis à mniléruleiir (Knir permellre ili: rôgkr le (ow eL lui donner plus uu aïo'uis tl'actîvilé.
hnmédiulL-iiieiil nu-dessus du reji<lrier, il y a un récigiiciiL pour l'cuu; noua en parliTons plus loin à [irupos tto la ligiirB 1 1 1 ; puis le Coypr propremeni dit, surmonli^ d'uiit> première pièce annulairo (li^. 101) avec une porlc pour l'allumage dit dil foyer. L'ne di'uxicine pièce anniiluire, un tout somblalile à la première, a une porle .servant au cliargQineut du coniliuslibie; enfin r.ipp.ircil est courouoL- par une cuupolis (lig. Wi). Sntrc clia(|ii(! pièce annulaire une hague DU ceinture moulurée dissimulo les Joints; noire lijiure HXi tnonire les bagues iurèrieures et notre figure 107 la liague supérieure. On a ((iielqucfois reproché aux calorifères français de faire rompre p;ir l'cITel de la dilatation ces hngues; il
nVn est rien, pnisiiu'i'llea peuvent se dihUcr à volonté; en tout cas, si l'unir d'elles vient a se rompre par extraordinaire, il est loujuui.s lucile de la reniplarer, mais nous devons dire que cet accident n'arrive ipie Irès-rnrenienl.
Au-dessus de la deuxième partie annulaire on peut en placer une IroiMènie et une quatrième pcniraugmenter la surface de chauffe; notre ligure 108 montre un spécimen de cette partie supplémentaire.
Dans le calorifère français la fuméo |>put «'(échapper par nne liuse placée dans le rang au-dessous de la coupole; dans ce cas cellc-ri est boucliée par un tampon représenti^ par la ligure 101», qui couronne très-bien l'appareil; ou bien ou emploie une coupole ayant nne plus large ouverture do couronnement (lig. 1 10) et sur laquelle on adapte le tuyau de fumée. Celte coupole sert é^falement pour les appai'eils tubulaires dont nous parlerons bîentàl.
On peut du reste, à volonté, Taire partir dîrectemeat la Tumée, ou disposer la cheminée h fumée plongeante.
Le calorifère français présente des avantages considérables : son chauffage est sain, économique, le développement de ses nervures aut;mente d'une façon notable les surfaces de chauffe et la transmission du calorique. Ce qui fait que le chauffage par I» calorifère français est très-sain, c'est que le socle de l'appareil, sur toute sa circonférence, est muni de larges ouvertures D (fig. 111) qui permettent à l'air froid de venir passer en grandes quantités en C, c'est-à-dire entre le vase d'eau et le foyer. Il se produit également un courant d'air chaud en B; la vapeur d'eau (qui se dégage proportionnellement au volume d'air el à sa température) se trouve ainsi emprisonnée entre deux courants d'air chaud et s'y mélange intimement.
Quand on veut non-seulement chauffer, mais encore ventiler, il faul prendre l'air froid à l'eitcrieur; on établit dans ce but une prise d'air en F, on boucbe les orifices D par une bande de tôle placée k l'inlérieur du socle ; l'air froid est alors forcé de passer en E, puis en C, où il s'échauffe au contact du foyer, et avant de
pénétrer dans le local à chauffer l'air s'est légèrement bumidiric par son passage au-dessus du vase d'évaporation de l'eau.
Enfin, si nous ajoutons que le calorifère français peut être monté avec la plus grande facilité par le premier ouvrier venu, personne ne sera surpris qu'il se rencontre aujourd'hui partout, dans les grandes comme dans les plus petites villes.
Quand on veut augmenter l'utilisation du calorique, on peut adapter au calorifère français un appareil lubulaire dont noire figure 1 12 montre la coupe ; A est la baie de chargement ;B, la porte d'allumage ; C, le cendrier ; N, le Umpon de
LKS APl'ABEILS BE CHArFFlOI MODERNES, H7
. Suivniit la n.ilure ilii comhusiilili', ou peut employer l'»|)pai'i'il à im un deux rnii^; pour le coke, uar3tig(ftg. \\i) peul RuflirH; si l'on brûle au conlrairc du bois ou itu charbon, il vaul mieux employer l'appareil à deux rangs
(lig. Il 1). Chnijne rang de l'appareil csl muni de tampons ik- nimonage,
Noln>nj!ure ll'i montre le plan île l'iippareil lubulaire, lundis que la figure IIG montre la Tace tlu calorirère français encasiré dans une maçonnerie de briques.
Les calorilL^rfs Iraiiçaîs soiil f;Lljni|iii'-s dans loules les diniL-iisiuiis par UM. Genesle el Herscher frères, qui en sont les inventeurs.
Cal(irir«p«! Laarj. — M. Laury a imaginé également un ealorîfère en fonte qui donne d'assez bons résultats. Il se compose d'un foyer à nervures intérieures et extérieures, surmonté d'une boule dans laquelle se continue la combustion; celle-ci t^sl siirmonU-o elle-même de deux réservoirs de la fumée; le réservoir supérieur est divisé en deux parties par une cloison et communiquant, la partie antérieure, avec des tuyaux do fumée ^)[onj;eurs placés en avant, et la pailie postérieure avec des tuyaux postérieurs réascendnnts de la fumée. Tous ces tuyaux aboutissent à un fer à clieval ou récipient annulaire, recevant la fumée des tuyaux ploniiears et la rendant par les tuyaux réascendants postérieurs ; enlin la fumée, après ces divers parcours, sort par un tuyau unique. Toutes les pièces qui composent cet appareil sont en fonle. Il n'y a de fer employé que pour des tirants qui assui-ent l'occlusion parfaite de tous les joints au moment de la dilatation. Le cendrier de l'appareil Laury forme cuvette à eau à l'intérieur, ce qui éteint les escarbilles, conserve la grille et fournit de la vapeur d'eau à la combustion.
NS THAITÉ COMPLET DU CBAt'FFAGE ET DE U VENTILATION.
Un rêcipieal li'eaii en Ter à clicva! enloiirelccunilrîpr cl sert ninsi ft vaporiser de l'oau pour ta chambre ilc chaleur. Cel appnreil est fort bon et asscï économique, on ne peut lui reprocher que il'élre un peu conipii(|né comme construction.
Un autre constructeur tic Paris, M. Duroselle, a fabriqua un calorifère à air clinnd qui a quelque analogie avec celui de M. Lanry; in:ii$ si>n appareil est plus simple que cctiii que nous venons Je ilécrire,
r«i«rii*r«a tittntj. — Il esislc lieux modules de calorifères à air chaud (système (îunicj).
Le premier, figure 117, est une grande clnclic en fonte avec des nervures très-saillanlRS dont les pieds baignent dans un réservoir contenant de Tenu. Ce modèle se cojistruil dans tonles les dimensions, de sorte qu'on peut utirie. m. - (Wiiririrc en liser le plus petit comme poète. Le tjpe repr^-senté pac touM (.jriiimnOuniPî). |jjjj|,p (jg^^p j|- jg p|,,|,g j^ „|^n,e ja,,g \^g Jocaux A
chauffer et sans aucune enveloppe.
Le second tjpe, figure 118, est employé comme calorifère de cave cl se place
dans une chambre eu maïonnerie. L'appareil repose sur un socle en briques, les
nervures, tpii sont fort nombreuses, plongent daiLS un réservoir d'e;iu ipii l'ijouse
la forme de l'appareil; on ne reproche aux appareils CiUi'ne)' que de prodiiir.? trop d'humidité, surtout quand le feu intérieur est très-actif. Ce dernier appareil sert surtout pour les sécheries. Nous nous sommes occupé jusqu'ici des calorifères entièrement construits en
fonte:
LES APPAIIKILS DE CHAUFFAGE MODEIINES.
s allons ^Lmlier bicnldt des calorifères en lerre réfractai
tious onslriiclion miMo (rorik- et
prierons auparavant d'un calorifère de cave donl l>riiiue) nous senira de transition.
Calorifère ea laaie aiec lajcr en brhiaca rétrarlolrcai. — Généralement
tous les calorifères de caves ont le graml inconvénient de chauffer les caves. C'est d'abord une déperdiliou eonsiitiTidde de ralori^iue, ensuite celte chaleur peut dèliViorer les vins (\m se trouvent dans les caves voisines du calorifère. Pour parer à ce dèiiagr^inent, on enferme les appareils ilansde petites chambres. Un des calorifères décavés r|U! utilise le plus la chaleur produite par le com- Inisiihlc est ri'lni ijui esl rcprésenli5 par iios tî^tiircs II!) à \tl.
(', laym da la hunje ; I
~ CmpB vartlult nu 1-1 d* lii Bfute III. — A. Me Jt i; U, «ppinll iKiniirjfcliiiiliih P, limfnn da ndlc uri<|iic< il<i r*[>|arsll bAnEcfrkiHial ; 1. ihûc U'air; L, T»a|V ili iiiiini|{e^ M. pirnî Hg In dumbra de rhalvur; N, rldimi'l i»nlril >[• I' rtuliur; 11, c1(h 1 r^utaliur: 0, ripicil^ ilu ri<]rr;(>,| -, c' purUi du Miidricr; r, »aw! Jo Mlimlinn.
Ce calorifère se compose (fig. Mil) d'un foyer central a et d'un .ipparcil hèmîcydntdal D.
(.e foyer proprement ilil a de vastes proportions pour |iermeltre aux produits de la combustion de se dégager libremenl, tout eu se refruidistiatU dans une certaine mesure au contact des surfaces multiples de ce foyer, qui a deux parties
lii'iucipiili'S, l'iiiiG liasse, r, r', qui comprend le cemlrinr avec sa cuvellc à i>au v, el la grille; l'auLre supérieure, formée de trois pièces annulaires i{ii s'a <scmblenl eu feuillure. Ces Iruis pièces sonl s:ir.ni>ritiies tl'une coupole au somm.'t île laquelle se trouve le dâpart de la fumûc. -
Ciiupo Hirlïulc Hir t-3 iJc U Wgvrt 131. ~ D, ftijer; 11. uppinil Mniri«laiili] ; molli lie II (utocf ; G, iii]>|ii)ri en fer mi nn brlqiMt pour l'uppamll hi!mlc}cli>ïJi1|
La réunion de ces diverses pièces forme le foyer proprement dît, lequel a dans le bas un garnissage de briques réfraeluircs.
La figure lâO montre lacuupc verticale laite sur la ligne 4-3 de lu ligure 121.
Les ligures 1^1, l^i et 123 montrent des coupes horizontales faites à diverses hauteurs de la figure liO,
Les légendes des figures, suffisamment explicatives, nous dispensent dii donner du plus amples détails sur la conslrurlion de ce calorifère de caves, fabriqué par MM, Genesle et Herscher Irères; nous nous bornerons à étudier plus particulièrement trois parties essentielles; ce sonl : la prise d'air, la chambre de la chaleur, les conduits de chaleur cl les bouches.
La prise d'air est pratiquée à rinlérieur ries espaces à chauiTer lorsqu'il s'agît de grands édifices, surtout de vastes locaux qui renfermenl un grand cube d'air. Dans des Jocaux plus restreints, au contraire, celle prise d'air csl Taite extérieure-
ment afin de puiser de l'aii pur, ce qui contribue au chaulTage et à la ventilation.
Nous devons dire cependant que, lorsque les caves sont bien aérées, et par
suite ne possèdent pas celle odeur d'humidité qui est très-désagréable, on peut
Fie- I9i.— Coopo boritanlule " ■■ ■ tmicïtloidil! H
se dispenser de faire un conduit spécial pour aller chercher l'air extérieur.
Quoi qu'il en soit dans les deux précédentes hypothèses, l'air Troid est amené à la partie basse de la chambre de chaleur.
Celle-ci est formée par quatre mura en briques qui sont placés à une certaine distance de l'appareil, afin de permettre à l'air de circuler librement contre les
Fie. lis. — CiHipc honiu U c ur (O-O du la flfuro iiO. — E, ^bi^winail da 11 tiaaie; M. puoll de 11 chioibrs ds'cbikur ; N. dëpart nnlnl do l'iir cluud ; S, Urieur inUrieun do
■ surfaces de chaulfc. Au-dessus des murs en briques (la figure 120 fait comprendre •cette disposition) il existe un plaiiclier au centre duquel rajonne le départ cen>
rc-portei c\ purU^ Ji
Irai de l'air chaud. C'est au-dessus de ce plancher que viennent se brancher tous les conduits de distribution.
LES API'AFIEILS DE CHALTKAliE MODEtl^ES, 9Ï
De là 011 les dirige dans les lucaux à chauircr.
Il est Ae la dernière importance de bien proporlionner la seclion di>s coiiduiu en raison du cube des pièces à desservir, et de lenir compte en mfime temps du plus ou iriiiins grand refroidissement de ces mâmes pièces.
Suivant la dimension de l'appareil, le calorifËre de cave Geneste peut diaulTer des espccs vji-îaiit entre 400 et -lOiX) rni-tres cubes en prenant encore l'air extérieur. Notre ligure lii montre l'élévation de ce calorifère de cave.
CalortUre «n brlquca réIraMaIrra crciMea. — Comme IieauCOUp d'hygiénistes ont e\agcré tes inconvénients que présentent les calorifères où l'air s'écliaiilTe au contact de tuyaux ou de surfaces métalliiues, plusieurs constructeurs se sont occupé d'améliorer ce genre de chauffage.
MM. Gaillard et ilaiilot ont créé un type en brii|ucs réfractaircs, dans lequel ils ont supprimé l'emploi de lu fonlc et du for pour tous conduits ou passages dans lesquels circulent l'air et la fumée.
L'air destiné à entretenir la combustion arrive sous la grille A ((ig. 125) par le cendrier. 11 traverse le combustible, s'échauffe et s'élève, mélangé à la fumée, dans un premier conduit vertical A', (le dernier est très-large, il est entouré d'un massif de briques réfraclaires jusqu'aux conduits supérieurs et horizontaux B, en nombre variable suivant la proportion de l'appareil, el entre lesquels il se partage.
f'arvenue à l'exlrémilé des conduits supérieurs B, la fumée plonge en B', en B", en B"', en B"" et gagne par des passages verticaux le canal inférieur de la fumée C, qui la dirige vers la base de la cheminée. Les conduits de la fumée, B, B' etc., ne sont sépan!^s dans le sens horizontal que par des languettes en briques réfraclaires de 0*,00l d'épaisseur.
A l'extrémité de chacun de ces conduits, des tampons de nettoyage D permettent, à l'aide d'un racloir recourbé, de débarrasser complètement tout l'intérieur de la suie qui s'y dépose.
Notre figure lâlî montre le plan de ce calorifère, qui a été l'objet d'un rapport très-favorable de 11. II. Trcsca, ingénieur sous -directeur des arts et métiers; nous donnerons la fin de ce rapport, qui résume parfaitement tes avantages du calorifère dont nous venons de donner la description :
« En résumé, dit M. Tresca, ces calorifères entièrement en briques, qui ne contiennent point de parties eu Fonte ou en fer exposées à rougir par l'action du feu, sent exempts des inconvénients que l'on reproche à la plupart des appareils de cliaufTiige en métal et à l'air cbnud.
» Leur rendement calorifique est égal îi celui des meilleurs appareils connus. > Le peu de conductibilité des matériaux qui entrent dans leur construction atténue beaucoup les irrégularités qui peavent survenir dans le chaulTage par suite des négligences dans le service.
H TRAITÉ COMI'LKT W CIIAlRACt KT DE U VENTIUriON,
LES ArWREILS DE CnArFFACE HODF.ItSF.S. 95
n Leur cuiislructioii cs[ sujelle à moins de ré|»aralions imporlaiiles que colles des calorircrcs en métal, dunl les foyers et les floches en funlc sont brûlés en quelques anni<cs et donnent lieu à île sérieux inconvcnicnis. »
Nous ajouterons que le chaulTagc oblenit par un pareil calorifère est des plus sains, surtout lorsqu'on combine son action avec celle d'une ventilalioii surfisanle.
Avant tie terminer cette étude sur les calorifères à air cbaud, nous dirons un mol sur la canalisation des conduits de la cbaleur.
En général ceux-ci sont fiiils en poterie. On bon modèle est celui marqué C. P. que montre notre Tigure 127; il est l'ail en terre demi-réfraclaire ayant une épais seursuflisiinle pour éviter toute déperdition de la chaleur; en outre les cannelures, tout en renforv'ant le conduit, lui donnent une légèreté relative et permettent le grippement du plâtre.
Car on doit toujours enduire au pl-ltre les conduits de la chaleur.
De même que lorsqu'on est obligé de faire passer ces mêmes conduits dans des terrains humides on dans des endroits Irés-froids, il faut les enfermer dans
Pi|[.lâ7, — CunJiiii '•n I
une double enveloppe en briques avec isolement d'air. On doit opérer de même, s'il s'agit de conduire la clialeur à de très-grandes distances.
On lera bien de placer sur chaque conduit une clef pour pouvoir dis,lribuer l'air chaud à volonté, et au besoin intercepter le courant quand on veut ne chauf* fer qu'un nombre déterminé de bouches. On économise ainsi du calorique qu'on tient pour ainsi dire en réserve, !^eulemenl il faut bien calculer ses manœuvres, car en restreignant le nombre de bouche!!, on peut déterminer sur certains points une élévation de température si considérable iju'etle peut occasionner des incendies.
lia bon modèle de clef à régulateur est celui représenté par nos figures liS et 123. La première représente la clef ouverte, et la seconde fait voir ta clef fermée aux trois quarts dans le conduit de chaleur.