ET BASSE PRESSIONS
Nous avons vu précédemment que les calorifères à air chaud ne pouvaient conduire l'air chauiïé qu'à des distances horizontales de 18 à 20 mètres; et pour atteindre ces limites extrêmes, faut-il encore employer des moyens spéciaux, tels que des conduits en poterie, eu terre réfractaire, et les envelopper dans des canalisations.
Dans bien des cas, pour le chauiïage de certains édifices, des hôpitaux, par exemple, il est nécessaire de diminuer le nombre des foyers pour faciliter le service et réduire les risques d'incendie; et cependant il faut porter au loin^ d'une manière régulière et constante, de grandes quantités de chaleur. On est forcé alors d'employer l'eau chaude, qui est par excellence l'agent sain, économique et docile à un haut degré ; mais Teau chaude peut être employée à haute et basse pressions.
Chanflaflie par elrraUitloB d'ean chaude ék haale prcaalon. — Ce système
est aussi connu sous le nom de système [Perkins^ parce qu'il a été proposé vers 1830 par un ingénieur anglais de ce nom.
Dans ce mode de chauffage la température de l'eau dépasse toujours 100^ et peut atteindre 300"" et 350""; la circulation a lieu dans des tubes ou tuyaux en fer étiré de 0'",012 de diamètre intérieur; ils sont hermétiquement fermés. Un foyer, maçonné dans un poêle en briques, renferme dans son intérieur un serpentin dont les extrémités reçoivent, l'une, le tuyau d'ascension, et l'autre le tuyau de retour. Ces tuyaux montent et circulent dans les pièces à chauffer, et leur petit diamètre permet de les dissimuler dans les moulures des plafonds, dans les plinthes, etc.
Comme le serpentin offre une surface de chauffe considérable, l'eau s'échauffe rapidement et circule avec une grande vitesse dans tout le système. Voilà pour les avantages de ce mode de chauffer; mais, comme rien n'est parfait, il a aussi ses inconvénients : ainsi, par suite de lahaute température de l'eau, des conduits, passant dans les épaisseurs de planchers ou dans le voisinage de pièces de bois, peuvent non-seulement les altérer profondément, mais encore causer leur inflammation et amener des incendies; de plus, comme ces appareils sont hermétiquement fermés, si le serpentin est fortement chauffé il peut se produire de la vapeur et déterminer, dans certaines parties, des explosions. Ce sont ces inconvénients qui ont presque fait abandonner ce système, qui est moins efficace que le chauffage à la vapeur à basse pression, et qui présente presque autant de danger que ce dernier.
Nous devons dire cependant qu'un constructeur de Paris, M. Gallibour, a heureusement modifié ce système; nous en parlerons plus loin au chauffage des serres.
CluHiflblpe par drenlatloB d'eau cluMide * ha«»e pression. — Ce système
«stde beaucoup préférable au précédent, car, sauf la section des tuyaux qui est plus considérable, il offre les mêmes avantages que le chauffage d*eau chaude à haute pression, sans pour cela présenter les mêmes dangers. Ce système de chauffage, qui est connu et appliqué de toute antiquité (1), donne une température douce et agréable, car l'air ainsi chauffé ne peut dépasser 40* à 45°, même avec des surfaces de chauffe très-considérables.
Ce mode ancien, que nous avons remis en usage, est fondé sur la différence de la pesanteur spécifique de Feau en raison de sa température; de là un mouvement ascendant et descendant mis en action par le calorique sur un point quell'onque de la masse. Une figure fera mieux comprendre le mécanisme de ce mode de chauffage.
Théorie des thermo-olplMBo. — Supposons (fig. 130) un appareil a, b, c, dy
Fif . 130. — Tbëono du chauffage à Kcau.
Fig. 131. — CouYoirde Bonnemaiii.
a, chaudière ; b, vase d'expansion ; r. remplissage; «.colonne montante.
rempli d'eau, et dans lequel il existe un foyer surmonté d*une chaudière au point d; Teau restera en repos parce que les colonnes a b, c d, étant de même densité, s'équilibrent; mais si l'on allume le foyer, l'équilibre est rompu parce qu'une partie de la colonne 6, d, s'échauffant, deviendra plus légère; par suite, une porlion de l'eau contenue dans Cy d prendra place dans b, dy et, s'échauffant à son tour, elle sera chassée, ce qui détermine le mouvement ascendant et descendant que nous avons signalé.
(1) Le draco des anciens était un appareil destiné à chauffer Tcau avec rapidité et une minime •dépense de bois. C'était une chaudière (Senec, Quœtt. natur., Ul, ti) entourée de tuyaux ea cuivre pareils aux replis du serpent (de là son nom de draco) ^ de tcllo sorte que U quantité entière du liquide était exposée en même temps et par petites quantités ù l'action du feu.
Telle esl, dans loule sa simplicité, la théorie sur laquelle es( basé le chaulTage à l'eau chaude par circulation ou par Xherrao^phon.
Ce système a été appliqué pour la première fois dans ces temps modernes par Evelyn, en Angleterre, en 1675, puis en France par Bonnemain, en 1777, qui l'utilisa pour l'incubalion artiCcielle.
. Son appareil se composait (fig. 131) d'une chaudière a, d'un tube ascenseur « qui s'élevait au-dessus de celle-ci, se courbait et prenait la direction de la flèche supérieure. Après avoir parcouru les divers étages du couvoir, ce tube revenait à la chaudière suivant la direction de la flèche inférieure; il était surmonté luimême d'un deuxième tube h, qui déchargeait le trop plein de l'eau de l'appareil; enfin le tube c, terminé en entonnoir, servait à remplir la chaudière à. Quelques années plus tard, en 1816 ou en- 1830, H. de Chabanne& emploie ce système en Angleterre pour chauffer à la fois des bains et des appartements, en se servant de la chaleur perdue des fourneaux de cuisine.
Dlvcne» nuiBitrca d'IaMMlIcr les U h imi •lph*B«. — Dans CCS derniers temps, la question a été reprise, et sans qu'on ait touché au principe on a réalisé quelques progrès au point de vue des appareils et de l'installation de ce mode de chauffage, qu'on peut établir de plusieurs manières :
1° Un tube d'ascension partant de la chaudière monte directement dans un récipient placé dans les combles d'un bâtiment. Ce récipient, qu'on nomme vase d'expansion (1), alimente par une prise spéciale chaque étage du b&timent, et le retour a lieu par des tuyaux séparés, ce qui rend chaque service indépendant. Ce dernier mode est employé dans beaucoup d'h'ïpitaux.
Notre figure 13â représente celle installation; a est la chaudière; h, le tube ascendant; c, le vase d'expansion; i, les tubes d-; distribution; e, les poêles à eau ou surfaces de chauflie; ^, les tuyaux de retour,
2" On peut placer horizontalement des tubes dans les pièces à chauffer et les faire pourtoumer les