‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation des habitationsChapitre 40 sur 64 · VI. — MAGASINS · texte numérisé non relu

VI. — MAGASINS

Nous nous sommes occupé précédemment du chauffage des boutiques, en parlant de l'habitation. Nous avons vu que ces locaux étaient chauffés par des appareils différents suivant leur situation.

Pour les grands magasins, sortes de bazars où les portes sont constamment ouvertes, le chauffage est autrement compliqué et doit satisfaire à ces conditions : obtenir une température égale, un service facile, enfin une économie de combustible.

C'est ici le cas d'avoir un seul calorifère, car moins on aura de foyers plus on diminuera les risques d'incendie.

Pour les magasins qui n'ont pas de grandes proportions, on pourra employer un calorifère à air chaud à peu près de la même manière qu*on les installe dans les églises, mais pour les établissements plus vastes, ce mode de chauffage serait insuffisant; du reste il ferait appel de l'air extérieur par les portes qu'on ouvre si fréquemment, et il serait très-difficile d'obtenir une égalité constante de température. Il faut donc établir un mode de chauffage à la vapeur chauffant de l'air dans une chambre de chaleur; celui-ci une fols chauffé sera dirigé par des bouches à l'aide d'un propulseur qui exercera une légère pression du dedans au dehors ; ce propulseur servira en été pour envoyer de l'air frais rafraîchi au moyen de jets d'eau pulvérisée. Nous parlerons assez longuement de ce procédé dans la deuxième partie de ce livre. Ce dernier mode de chauffage est préférable à tout autre par calorifère à air chaud, parce qu'il est plus puissant, plus efficace, parce qu'il peut être réglé, enfin parce que l'air chaud qu'il procure

if est pas aussi brûlant, et par suite ne dessèche pas les marchandises comme Tair provenant des calorifères ordinaires.

Avant de clore ce paragraphe, nous devons dire que dans les grands magasins il se trouve de vastes surfaces vitrées, des cours, par exemple, qui causent un refroidissement considérable ; on combat cette influence en employant des doubles toitures en verre: la première extérieure est en pente, la seconde intérieure, en verre dépoli, peut être disposée aplat comme un plafond. En été on établit une galerie d*eau au-dessus de la couverture extérieure, ce qui intercepte le rayonnement du soleil et entretient la fraîcheur au-dessous. En hiver entre les deux plafonds, par les temps très-froids, on allume une galerie de gaz qui donne de la chaleur entre les deux surfaces vitrées, ce qui au besoin fond la neige qui pourrait s*étre amassée sur la couverture et tient toujours une couche d*air chaud.

Du reste toutes ces questions seront étudiées ultérieurement.

Nous ne parlerons pas ici du chauffage des casernes, des prisons et autres établissements, parce que dans ces édifices la question de chauffage est intimement liée à la ventilation et inséparable de celle-ci; nous aurons donc occasion d'en parler en temps et lieu. Nous nous occuperons immédiatement du chauffage des wagons.

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