‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation des habitationsChapitre 44 sur 64 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA VENTILATION · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA VENTILATION

ferme, de mauvaises odeurs qui augmentent Tinsalubrité des Jicux habités.

On attribue trop souvent à la présence de Tacide carbonique toute linsalubrité d'une enceinte close, c'est une grande exagération. Evidemment, chaque individu déverse bien seize fois par minute un tiers de litre qui a perdu 5 p. 100 d'oxygène et gagné 5 p. 100 d'acide carbonique, mais cet accroissement d'acide carbonique n'est pas assez considérable pour expliquer la différence d'effet produit par cet air et l'air pur. La véritable cause des accidents attribués à l'air confmé consiste plutôt dans les vapeurs sécrétées par l'iiomme et tenues en suspension dans l'air; d'après cela il vaut mieux prendre pour la dose d'air à fournir par individu et par heure le volume nécessaire pour dissoudre la vapeur d'eau provenant de la transpiration qui est la cause la plus puissante de l'infection de l'air.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, nous n'essaierons pas de déterminer par exemple quel est le poids de la vapeur d'eau résultant de la transpiration. On a fait beaucoup d'expériences à ce sujet, mais les résultats sont tellement variables, à cause de la variété des circonstances qui influent sur la transpiration, qu'ils ne peuvent être utiles pour notre étude; et nous analyserons immédiatement les autres causes de viciation; elles sont nombreuses :

1"* La combustion produite par les appareils d'éclairage, surtout par le gaz;

2** L'état hygrométrique de l'air qui rend plus ou moins abondante la transpiration ;

S"" Les émanations des usines et des fabriques dites insalubres;

i"" Les émanations des fosses d'aisances et des dépotoirs; « 5"* La fermentation des matières animales ou végétales dans les marchés, entrepôts, etc. ;

Il résulte donc de ce qui précède qu'il est très-urgent de ventiler; et d'une manière générale on peut dire que, suivant le milieu dans lequel l'homme se trouve, soit de jour, soit de nuit, un minimum de renouvellement d'air est nécessaire. Ce renouvellement ne devra, dans aucun cas, être inférieur à 16 mètres cubes par individu et par heure, et dans d'autres circonstances, dans les hôpitaux, dans les établissements insalubres, le volume d'air à introduire devra être élevé jusqu'à 90 et 100 mètres cubes et plus par heure et par individu, car il y a des causes d'insalubrité si dangereuses que ce n'est que par l'expérience qu'on pourra déterminer le chiffre auquel il faudra s'arrêter; cependant nous donnerons bientôt les chiffres que l'usage a adoptés comme bons.

Aunijmm empiriqve de Tair. — Un procédé empirique de reconnaître l'impureté de l'air d'un milieu quelconque consiste à placer sur une assiette une carafe d'eau frappée. La surface de celle-ci se couvre rapidement de gouttelettes de vapeurs condensées qui contiennent les atomes moléculaires de l'air mis en mouvement autour de la carafe. En exposant cette eau condensée à une tempe-

rature de 38"* ii 40"*, si l'air qui a produit cette eau est impur, une fermentation putride se déclare immédiatement.

Sauf en hiver et en plein air, on peut toujours tenter cette expérience.

A quel degré dolt-oa hamldlller l*alr resplrablet — Dans la première

partie de ce traité^ nous avons dit que les poêles en fonte et les calorifères à air chaud desséchaient les poussières organiques de l'air, et nous avons proposé divers moyens de remédier à ce grave inconvénient qui peut occasionner à l'homme des maladies et causer la mort des plantes de serres.

Aussi lorsqu'on étudiera le chauffage et la ventilation d'un édifice, il faudra toujours s'occuper de fournir à l'air une certaine humidité, ce sera chose utile aussi bien en hiver qu'en été.

Malheureusement, on ne trouve nulle part des données certaines pour fixer d'une manière exacte la proportion d'eau que l'air doit contenir pour être parfaitement salubre.

Nous nous sommes renseigné auprès de chimistes, de physiciens et de médecins qui chacun nous ont fourni des données assez variables sur ce sujet, au moyen desquelles il nous a élé cependant possible d'établir une moyenne qu'on peut considérer comme bonne.

Nous dirons donc que l'air, pour être salubre, doit être à moitié saturé d'eau à la température de 15'*àl6*', ce qui correspond à environ 7 grammes d'eau par mètre cube d'air, c'est-à-dire que l'air doit marquer 75** à 76** à l'hygromètre.

Volume d*alr méeeaialre A la salubrité d'nu loeal habité. — Les théoriciens et les praticiens sont aujourd'hui à peu près d'accord sur le volume d'air à fournir à chaque individu, afin que la santé des êtres organisés n'en souffre pas.

Ce volume varie suivant le milieu dans lequel ces êtres respirent. Voici les chiffres adoptés aujourd'hui par heure et par tête :

ordinaires , . 65 à 70 mèlrcs cubes,

^'•'"•='-^- insalubres S 85 à 05 cH 10 suivant

[ / rindustric.

Casernes. } P^nd"»"- J^"^ • 30 à 32

f pendant la nuit 45 à 55

Écoles d'cnfanls 15 à 18

Écoles d'adultes 30 à 32

Écoles de dessin du soir 35 à 40

/ salles de malades ordinaires^ 75 à 80

UopiUiux . I salle de chirurgie ou maternité 100 en moyenne.

V salles diverses en temps d'épidémie 140 à 15U

Prisons 45 à 50

Salles de spectacle, concerts, églises 50 ù 55

Salles de réunions prolongées 55 à 60

Écuries et étables 180 à 1)0

Porcherie i50 à 160

Nous ajouterons que le volume d'air introduit doit être en hiver à des tempéra-

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tures convenables dont nous avons déjà (chap. m, p. 31) déterminé la valeur.

On pourra régler cette température au moyen de registres placés dans les chambres de mélange ou sur les prises de chaleur, comme nous Tavons indiqué précédemment.

Tels sont les volumes d*air à extraire et par conséquent à introduire pour assurer la salubrité des lieux habités.

Examinons maintenant la vitesse que l'air doit avoir dans les orifices d'extraction ainsi que la section à donner aux orifices d'admission et d'extraction de l'air.

\ïumme de l'air daaa les orllieea d'eztraetloii. — Celte vitesse doit aller en

augmentant depuis les bouches d'extraction jusqu'à la cheminée d'appel, qui doit autant que possible ôire commune à tous les conduits d'un même bâtiment. On devra les régler d'après les moyennes ci-dessous :

Bouches d*cxtraction. (Vitesse en une seconde) Oi>o,70

Premiers conduits colIecteui*s Im^SO

Deuxièmes conduits collecteurs 1 ■>o,30

Troisièmes conduits collecteurs 1 ■»>,/

Cheminée d'appel ou d'extraction 1°>,90

Bien souvent les deuxième et troisième conduits n'existent pas; nous les avons donnés pour établir une règle générale.

SeetloB A donner aux orifieea et eondolts d*eztr»etlon. — On commence

par calculer le volume d'air total à extraire par seconde d'après le nombre des individus; on divise ensuite ce volume par la vitesse que l'air doit avoir pour chaque genre de conduit, on obtiendra ainsi en mètres carrés la section qu'il faudra donner à ces conduits. Exemple : s'il s'agit d'une école de dessin du soir contenant vingt- quatre élèves, on alloue à chacun 40 mètres cubes d'air par heure, ce qui fait pour l'ensemble 960 mètres cubes par heure ouO"*^,2G6 par seconde, la vitesse moyenne dans les conduits d'extraction étant, comme nous l'avons

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dit, deO",70 par seconde, leur section totale sera égale à — -r^ — = 0»"<r,38;

0^^ 38 s'il doit y avoir un conduit pour deux élèves, il mesurera — 7'— 0=«»i,0317,

soit 0'",18 sur 0,18 ; ce qui force un peu le chiffre pour suppléer aux pleins des grilles qui obstruent le passage réel de l'air.

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