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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA VENTILATION

DéflnitioB, but. — La ventilation a pour objet d'entretenir la pureté de Tair <lans une enceinte close et de remédier aux dangers de Tair confiné. L*air d*un local est en eiïct promptemcnt vicié, soit par la présence d êtres vivants, soit par d'autres causes.

La ventilation a encore pour objet d'amener dans un local de l'air chaud en * hiver, frais en été, humide si le milieu est trop sec, de la sécheresse au contraire si ce milieu est trop humide. Enfin dans l'industrie la ventilation opère dans les séchoirs et sécheries la dessication de divers produits ; et dans certains ateliers elle débarrasse d'exhalaisons fétides ou d'odeurs dangereuses à respirer.

Propriétés 4e i*air. — Lavoisier a découvert que l'air est un mélange de 0,792 d'azote et 0,208 d'oxygène. Il contient en outre une très-petite quantité d'acide carbonique et de vapeur d'eau qui varie dans des limites très-étendues suivant les circonstances atmosphériques. A la température de 0^ et sous la pression barométrique deO"*,7G, 1 litre d'air pèse 1«',298, soit l'',298 le mètre cube; il obéit donc aux lois de la pesanteur, et, comme nous l'avons vu dans la première partie de ce travail, l'air se dilate sous l'influence de la chaleur et se contracte sous l'action du froid : de même que tous les autres gaz, son volume varie avec sa température suivant la loi de Gay-Lussac (i).

C'est grâce à ces propriétés de l'air qu'on a pu créer la ventilation.

Densités Tarlabies de Tair. — Nous jugeons Utile dc donner ici une table des densités de Vair à divers degréSy car elle peut rendre bien des services. Pour établir cette densité il faut rappeler que, quand la température de l'air aug-

(1) Voici la formule qui exprime cette loi :

V = (1 -t- 0,003665 Vo= (1 + at) Vq.

Vo exprime le volume de l'air à 0« et sous la pression barométrique de O^Jô; V le volume qu*il occupe à la température dc t^ au-dessous de zéro;

a = 0,003665 le cocfTlciciit constint déduit de Texpérience, et qui exprime la proportion dans laquelle le volume s\iccrott par degré centigrade au-dessus de zéro.

mente, sa densité diminue suivant une loi invariable exprimée par la formule suivante, en supposant toujours la pression barométrique à 0"*,76.

C^est à Taide de cette formule qu'on a pu établir le tableau suivant.

TABLEAU DES DENSITÉS DE l'AIR A DIFFÉRENTES TEMPÉRATURES. *

TEMPÉRÂT.

I)KN?ITK.

TKMPKUAT.

DENSITÉ

TEMPKIIAT.

DENSITÉ

TEMPÉRÂT.

DENSITÉ

kilojr.

kilof»'.

ki]o}f.

kiloj?.

0, 95ti

iO

Pour compléter les données sur la densité de l'air, nous ajouterons que d'après la loi de Mariotte, la température de Tair restant constante, son volume varie en raison inverse des pressions qu'il subît, et sa densité est toujours proportionnelle à ses pressions.

Des diverses manières de ventiler. — Si toUS les spécialistes ont reconnu

hautement la nécessité de la ventilation, ils sont loin d'être d'accord sur la meilleure méthode à suivre. Les uns sont partisans de la ventilation naturelle, les autres de la vcnlilatiou artificielle; ceux-ci demandent des cheminées d*appel direct, ceux-là leur préfèrent l'appel renversé. Pour nous, nous avouerons que tous les systèmes de ventilation laissent à désirer, et cependant on doit, le cas échéant, employer les uns ou les autres. En effet, comme nous l'avons déjà dit dans notre préface, la question ne comporte pas de solution absolue, car elle dépend de l'influence des milieux, des variations de l'atmosphère et du courant des vents. De même, suivant la disposition des lieux, les circonstances dans lesquelles on se trouve, suivant aussi le but qu'on veut atteindre, il faut employer un mode de ventilation de préférence à un autre, et quelquefois plusieurs à la fois.

Nous étudierons bientôt les applications des divers systèmes de ventilation, mais auparavant nous définirons ces divers systèmes pour ne laisser subsister aucun doute dans l'esprit du lecteur.

CONSIDÉRATIONS OËNËHALES SUR LA VENTIUT10N. 17»

Nous avons aiiiioiici'. |)Ius liant ilt'ux genres (Ju venliliilion ; i>ii cITel, iloxUlc deux Torces qui peuvenl la produire, laclialeur ou te mécanismt^, parce que ces deux Turces opèrent le déplaremenl de l'air.

Il ne rauitraît piis se liàler de conclure, d'après nos paroles, que loul dépliuemeul rf'flircst une ventilation, car de inétnc qu'une eait en motwemail n'est pas une eau courante, de même un simple mouvement d'air n'est pas une ventilation; il Taul, pour olileiiir de la ventilation (nous l'avons dit en ilélinissanl son but), que l'air usé, vicié, d'une enceinte close soit mis en mouvement, chassé de ce milieu et remplacé par de l'air neuT.

Pour arriver à ce résultat on possède deux moyens, la ventilation naturelle el la ventilation artificielle. La première est celle qui se fait naltireilemeiit |)<ir la dilTérence de densité des temii^ratures intérieure el exti-rieiire d'un local avec les portes et les fenêtres comme orîtices, ou qui s'établit sous l'impulsion des vents. Ce mode de ventilation n'est pas assez dans la puissance, dans la main de l'homme pour qu'il puisse y compter pour l'aération ou du moins la ventilation des grandes afiglomérations de personnes malades ou bien purlantcs;il lui faut des moyens plus ccrlaius, plus elTieaces et agissant malgriS la température atmosphérique artiricielle. On l'obtient à volonté, soit au moyen de la chaleur dans une (;alne d'appel, soit à l'aide d'un agent, d'un moteur mécaniqua quelconque, comme on le fait dans les ateliers, les usines ou les mines; encore dans ce dernier cas la ventilation pi'ul être obtenue par aspiration et par propuUion ou insurtlntion.

Nous aurons Lient61 l'occasion de décrire ces divers mqdes, car charun d'eux a ses applications particulières que nous rencontrerons dans le cours de ce travail.

InaufRiinace de U vrntUadan >uUarclle. — Pour de IrèS-pelltS luCaux qui rcnrernirni peu de personnes, la ventilation naturelle, surtout en hiver, pourra sul'lire; mais en dehors de ce cas elle est compléteuieut insuiTisante. lleaucoup de médecins croient encore aujourd'hui qu'en ouvrant les fenêtres d'un local il s'établit une ventilalioa suïïîsantv pour purifier l'air de ce local, c'est uns grave erreur; car des praticiens ont prouvé que, même dans un bâtiment ayant sur deux de ies faces opposées des fenêtre», suivant l'état de l'almosphère il ne se produit pus un courant suttisant pour expulser complètement l'air vicié, en supposant trois el quatre fenêtres ouvertes sur chaque face de ce bfttimeat. En tout cas, ce mode d'aération (car ou ne peut donner un autre nom à ce système) ne peut empêcher eu été une élévation anormale de la température; aussi il est aujourd'hui reconnu que la ventilation naturelle est tout à fait insuflisaiite, el qu'il faudra toujours avoir recours 1 une ventilation artihcielle pour obtenir des résultats sinon parfaiU, du moins efficaces.

Ventilalioa aMlflelelle, — On peut obtenir cette ventilation par plusieurs

procédés, mais quel que soit le mode adopté il faudra toujours trois choses : des orifices d'arrivée, des orifices d'extraction qu'on nomme aussi dVcacua/ioii, enfin une force.

Les orifices d'arrivée doivent être éloignés des personnes et irès-multipHcs, afin de ne point gêner; car dans toute bonne ventilation les courants sont presque insensibles. C'est dans ce but que généralement on établit les orifices d'entrée près des plafonds. Leur section doit présenter en outre à leur partie inférieure un plan incliné de dehors en dedans de manière que le courant frappe le plafond sous un angle de 45**; l'air se répand ensuite par nappes dans le local à ventiler.

Les orifices d'extraction doivent être autant que possible le plus près des points et des causes qui vicient l'air, afin d'on prévenir la difi'usion dans les locaux ; c'est dans ce but qu'on les place près des planchers. Mais nous ajouterons que dans certaines rirconslances, il est utile aussi d'avoir de ces mêmes orifices près des plafonds, l'air vicié pouvant provenir de causes différentes; il y a des airs viciés légers et d'autres lourds. Nous parlerons bientôt des causes de vicialion de l'air. Knfin on emploiera comme force, pour déterminer le déplacement de l'air, celle qui sera le plus facilement applicable dans le local à ventiler. En hiver le chauffage sera combiné avec la ventilation; en été une force docile, facile à manier, à régler, soit un foyer faisant un appel, soit une machine à vapeur, soit tout autre instrument de la ventilation que nous décrirons dans le chapitre suivant.

Mais ce qu'il faudra toujours étudier avec soin, c'est le volume d'air nécessaire à la salubrilé d'un local; nous le donnerons bientôt, après avoir étudié néanmoins les causes de viciation de l'air.

Des caaives de viciatiom de i*air. — L'air peut être vicié par dc nombreuses causes, mais pour l'instant nous ne nous occuperons que de la viciation de l'air par la présence de l'homme ; car pour étudier les conditions de l'assainissement des locaux qu'il habite, il nous est indispensable de connaître le volume d'air à fournir à chaque individu qui se trouve dans une enceinte close.

D'après les calculs des chimistes, le nombre des expirations par minute est de seize à dix-sept. Chaque expiration fournil un volume de 0™Cj000315 ou en chiffres ronds à peu près un tiers de litre, ou 0'»c,33 par heure.

D'après ces calculs, si la respiration était la seule cause de la viciation de l'air, il suffirait de fournir par heure dans un espace clos autant de fois un tiers de mètre cube qu'il y aurait d'individus dans ce local. Malheureusement il n'en est pas ainsi; car l'homme vicie l'air non-seulement par la respiration et la transpiration pulmonaire et cutanée, mais encore par d'autres émanations méphitiques, et comme toutes les vapeurs qu'il émet se dissolvent dans l'air, elles communiquent à ses molécules, aux matières organiques et inorganiques qu'il ren-

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