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CHAPITRE X

VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS

Si une question mérite de fixer l'attention des administrations et des hommes jaloux de la grandeur de notre pays, c'est sans contredit celle qui a pour objet l'éducation de l'enfant; comme nous Tavons déjà dit, plus on soignera renfance, moins on aura à construire de vastes hôpitaux.

AsiiM et crèches. — On nomme crèches les asiles ouverts par la charité aux enfants en bas âge.

Si Tair pur est nécessaire à tous les âges, il est indispensable à la première enfance; malheureusement les personnes de qui dépendent ces établissements n'attachent pas toute l'importance qu'ils devraient attacher à une bonne ventilation des crèches; cependant aujourd'hui on a des données certaines qui permettent la bonne installation de ce service dans ces asiles. On a reconnu que le volume d'air à introduire et à extraire devait s'élever à 15 mètres cubes par enfant et par heure, â 30 pour les mères qui allaitent leurs enfants et aux personnes de service. Avec ces chiffres il sera facile de calculer le cube à allouer à une crèche. Supposons par exemple une crèche pour 40 berceaux, la présence de 10 mères en moyenne et 5 personnes pour le service, nous aurons :

40 X l*') = 600 mètres cubes pour les enfants.

15 X 30 = 450 nièlrcs cubes pour les grandes personnes.

1050 m. c, volume total de Pair à extraire et à introduire par heure, soit 173 m. c. par minute.

Souvent les crèches sont divisées en deux parties, une qui sert exclusivement aux enfants et l'autre à l'allaitement, et dans laquelle se trouvent naturellement les mères. Notre figure 23G montre cette disposition. L'air pris extérieurement, P, se chauffe au contact du calorifère et sort par les bouches de chaleur C dont on peut régler le débit à volonté par des fermetures ; l'air vicié est extrait à l'aide des gatoes de ventilation V au sommet desquelles le tuyau de la fumée T déter-

TnviTK r,n>ipr,Ki m- ciiAliKKAct et ut. l

mine un nppel ^nergi<)ue. Le couronnemoiil .1; de 1» rliomini^c d'appel pcrmcl I ■échappement ik l'air vicié, [elle est la vcntiUlion il'liiïpr. lin i''l('', il suffît d'al-

V, K<îiw ilii nnlilslînni x. <clii[iiMincnl dcl'drTieiJ.

lumer dans la chambre du caloriri^re C un petit bec île gai; pour olilenir le infme résiillat. On ventile de rai^me les salles d'asile. ficoie« prlnuilr«B. — Les ^coles primaires sont chauITées et ventilées à peu

lie clinse près comme les asiles et les crèclies; senlement les canalisations'el les orifices d'exiraclion, au lieu d'i^lre pratiquas dans ou conire les pnrois vertï-

VENTILATiOS MS ÉDMCES PlIBLICS. ÎI5

cales des Jeux longs côtés de la salle, ce qui souvenl gênerait pour les baies d'éc1air.-ige, ces canalisai ions n'exislent que sur un cùlé. Noire figure 237 montre celle disposition. Un poJle lliernio- conservateur est placù en C ; par In canalisation B il retoil l'air extérieur A; un long luyau F traverse la classe pour se rendre dans une gaine de ventilulion V nui exlrait t'air vicié par un orifice placû au lias de la gaine derrière le pupitre du inallre d'école; l'air vicie, attiré par le lirajjc de la partie verticale F du tujau de fumée, sort par leif ouvertures V. Telle esl la ventilation d'hiver; en été, un simple lampion ou un hec de gaz, placé dans la gaine h 1 mètre au-dessus du sol, détermine la ventilation et l'air extérieur pénètre parle poélc dont on a seulement enlevé les tuyaux, ou par une grille posée dans le plancher, si le poêle lui-même a été enlevé.

Écotea d'«aalt». — Qes dispositions identiques à celles <iuc nous venons de décrire doivent élre prises pour les écoles d'adultes, avec cette seule diirérenco iju'il faut augmenter le cube d'air et le porter à 18 et 30 mètres cuhes par heure et par individu; ce qui s'obtient trcs-racilemenl en donnant aux conduits et aux orifices d'admission et d'extraction de plus grandes <limensions.

ÉcoicH de d«B»in dn Botr. — l.a ventilation de ces écoles est trës-diriicile à établir dans de bonnes conditions, et cela pour plusieurs motifs : 1° ces classes servent souvent de jour et le mode de ventilation appliqué pour le soir est trop puissant; î' le soir, la quantité de gaz qu'il faut consommer pour éclairer, élève la température d'une manière tout à fait insolite. 11 faut donc choisir un mode de ventilatiou qui permette de régler ù volonté l'ontréo et la sortie de l'air.

C'est ici le cas d'appliquer deux systèmes d'extraction de l'air vicié, l'un près (les plafonds, qui servira pour les appareils à gaz, et l'autre près des planchers, qui sera appelé ji extraire l'air vicié plus lourd.

En adoptant ce système, l'air afltuent devra arriver à mi-hauteur des innrs par des vasistas h soufllets placés dans les carreaux supérieurs des fenêtres. Ces vasistas enverront l'air froid vers le plafond et celui-ci n'arrivera sur les élèves qu'après s'être mélangé avec les couches d'air supérieures qui sont les plus chaudes. Il ne faudra pas craindre de multiplier ces vasistas tout autour de la classe de dessiu, et même si les trumeaux qui séparent les fenêtres sont trèslai^es, on devra y établir des vasistas de grande dimension.

Dans le jour, avec ce mode de ventilation, on pourra rt-gler l'entrée de l'air amuent.

Nous devons ajouter que si les écoles de dessin n'ont pas de locaux au-dessus d'elles, un bon mode do ventilation sera de placer au-dessus des becs de gaz et autant que possihle dans l'axe du bâtiment, des cheminées de ventilation au des ventilateurs, comme celui de Muir ou de NouaUiier. Ce dernier, assez multiplié sur une toituie, donnera d'excellents résultiils.

I^n employant ces dispositions on pourra rendre salubres el supportables les

ilG THAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATION.

classes de dessin du soir, surtout si Ton calcule Tarrivée de Tair neuf affluent à raison d'un renouvellement par heure de six à sept fois la capacité totale de la classe; comme on le voit, c'est un cube assez fort qu'il faut attribuer par chaque élève.

Lycées et collèges. -— Comme dans tous les établissements qui réunissent une grande agglomération d'individus, les lycées et les collèges réclament un renouvellemcnt.d'air considérable.

Il convient donc do donner dans les lycées une moyenne de 25 mètres cubes de renouvellement par heure et par télé.

Nous n'ignorons pas que certains praticiens trouveront ce chilfre considérable, et cependant si nous arrivons à calculer la moyenne de l'Age des individus qui y vivent, il faut considérer tous les jeunes gens comme dos personnes Agées de vingt à vingt-cinq ans, c'est-à-dire commode grandes personnes. En effet, s'il y a dos enfants de sept, huit et dix ans, il y a dans les classes élevées des jeunes gens de quatorze et quinze ans, des professeurs, des administrateurs, des employés et des domestiques de tout âge; donc nous trouvons qu'on no peut raisonnablement accorder un renouvellement moindre de 25 mètres cubes.

Comme nous avons dit que le chauffage à adopter était la vapeur (voy. p. 150) nous pensons qu'il sera urgent d'établir un système de ventilation par l'air comprimé, d'autant que par ce mode, à l'aide des bouches de ventilation, on pourra régler son intensité absolument comme on fera pour le chauffage à l'aide de robinets, car nous avons vu aussi que les jeunes gens séjournaient quatre heures dans les classes, cinq à six heures dans les salles d'étude et une heure dans le réfectoire, et le reste dans les préaux, dans les cours ou le dortoir. Comme on le voit, il faut avoir un mode de chauffage et de ventilation pour ainsi dire transporlable, et suivant do près les élèves, ce mode ne peut guère être obtenu qu'avec la vapeur, qui fournit la chaleur et l'air comprimé.

A défaut de ce mode de ventilation, on pourra appliquer l'appel par en bas, dans lequel la ventilation fonctionne le jour pour les classes," salles d'étude, réfectoire, en un mot pour les locaux du rez-de chaussée, et la nuit pour les étages supérieurs, pour les dortoirs, car on ne doit pas oublier que la ventilation pendant la nuit est encore plus nécessaire que pendant le jour.

Si l'on applique ce dernier mode, chaque étage devra avoir ses conduits d'appel aboutissant à des conduits collecteurs qui arrivent eux-mêmes à la cheminée d'appel. Celle-ci sera construite comme nous l'avons indiqué {Cig. 209 et 189, p. 2i0) c'est-à-dire avec un foyer dans le bas, si les conduits collecteurs sont fort éloignés de la cheminée d'appel; ils devront eux-mêmes être munis d'un petit poêle à coke, cela augmentera le tirage et assurera une bonne ventilation»

Cosernesi — H faut avoir eu l*occasion de visiter une caserne pour se rendre

VKKTiU'nnN DBS f.nrPtCEK PUBLICS. VI

coinpUi ili^s udeurs riauséaboudes qu'elles ilégagenl. On s'occupe beaucoup dans notr» pays àe l'éiiuipemeiiL militaire, de lu couleur il'uti passe-puil ou de la fonnc du shako; innis nous sommes bien obligé d'avouer (ju'ou se préoccupe l'ort peu des moyens de rendre le soldai forl et vigoureux, et de luire des caseraes des locaux habitables ; aussi combien la lîËvre lypboide l'ail de victimes dans ces sortes de maladreries qu'on nomme casernes!

Cependant il serait hieu facile de porter un remède à cet étal de choses, il Taudrail pour cela y établir une énersi({ue ventilalîon. Ce que nous disous est si évident, qu'eu );i.^nér;d le soldat se porte mieux en été qu'eu hiver, parce que dans la belle saison il laisse les fenêtres constamment ouvertes, tandis qu'en biver il vit conrnié dans une almospbère insupportable rendue plus dangereuse encore par lu présence de cet bideux poélc en foide lyonuais qu'on a dénommé aussi poêle de corps de garde (lig. 84, page 7^1).

Donc, le volume d'air à introduire et A extraire sera, pour les casernes, 30 à 35 métrés cubes p.ir bomme et par heure pendant le Jour, et Jj mètres cubes en moyenne pendant la nuit.

C'est surtout il ce moment qu'une ventilation énergique est indispensable, car dans la journée les hommes sont toujours absents, soit pour des manœuvres, soit pour des promenades ; uussî le soir^ lorsqu'ils rentrent de service, ils ont besoin de faire sécher leur équipement, et pour cela on devrait établir, de préférence aux poêles en fonte, les cheminées vcnlilatrices que nous avons décrites et figurées pages 6â et 6li (fig. (W, "0, 71), Ces cheminées ont l'avantage de déterminer l'extraction de l'air vicié et de donner une tbaleur r.iyonnanle des plus saluhres.

En été, on devra placer des ventilateurs à â métrés au-dessus du plancher, et des orifices d'eMraction sur le parquet et prés du plafond; comme les orilices d'admission seront dans la proportion d'un pour deux d'extraction, leur section sera double de ceux-ci et calculée de façon i|ue l'air introduit frappera le plafond, comme nous l'avons déjà dit souvent; en toute saison, la dilTérence de terapéralure intérieure et extérieure suffira pour déterminer une circulation imrmale.

Prteona. ^ Il existe deu:( }:enres de prisons, celles où le prisonnier vit eu commun et celles où il vit solitaire (système cellulaire). Pour le chaulTage et la ventilation des premières, on peut employer des moyens analogues à ceux que nous avons décrits puurleslycécs cl le« collèges; mais pour les prisons cellulaires nous devons dire qu'il n'est pas d'édilices qui présentent plus de difficultés pour obtenir une ventilation constante, régulière, indépendante et facile h régler, quoique puissante.

Nous allons donner la description du système de chaufTagc el de ventilation adopté pour la nouvelle maison d'arrêt et de correction située rue de la Santé i

Paris (14** arrondissement). Ce système a été établi par M. Grouvelle, sous la direction de rarchilecte M. Vaudremer, aussi bon praticien qu'artiste distingué (1). Nous avons choisi cette prison parce qu'elle constitue un genre mixte. Elle reçoit en eiïet 1000 détenus hommes, qui forment deux quartiers bien distincts : celui des prévenus (500 avec le régime de Tisolemenl) et celui des condamnés (500 avec le régime en commun pendant le jour et l'isolement pendant la nuit).

Toute la prison, y compris les bâtiments d'administration, est chauffée et ventilée par un appareil unique ; le mode de chauffage adopté est l'eau et la vapeur combinées. Cinq générateurs à vapeur, situés dans une grande salle sous les préaux de l'infirmerie, distribuent la vapeur dans cinquante vases chauffeurs de circulation, soixante-quatorze cylindres de chauffage d'air, vingt-deux poêles et dix-sept appareils à vapeur directe. La vapeur sortant des générateurs est à une pression de 4 atmosphères et possède une température de ^A4t°, La plus grande distance à parcourir pour arriver à l'appareil le plus éloigné est de 1 80 mètres.

Ce trajet s'effectue dans des tuyaux recouverts d'enduits, pour éviter une trop grande déperdition de la chaleur; aussi la vapeur arrivant dans les vases condensateurs a-t-elle encore 125**, et une fois dans les serpentins de ces vases elle se condense en abandonnant une partie de sa chaleur à l'eau de circulation. Après sa condensation, l'eau arrive presque refroidie à la bâche d'alimentation des générateurs.

La ventilation s'opère sur tous les points de l'édifice par l'aspiration ou l'appel en contre-bas sollicité d'une manière continue vers un .foyer d'appel. Dans le quartier cellulaire des prévenus, la ventilation s'effectue par le pot de siège placé dans chaque cellule. Chaque pot aboutit dans une galerie renfermant des appareils diviseurs, et l'air vicié el les odeurs sont constamment appelés au centre de l'édifice dans une vaste cheminée d'appel qui a 36 mètres d'élévation et dont la section uniforme est de 5™*i,72 (S'^TQ de diamètre).

Par l'ensemble de ces dispositions, le service du chauffage et de ventilation est placé sous la main d'un seul chauffeur assisté en hiver de deux ou trois aides suivant la rigueur de la température.

Le chauffage est presque égal sur tous les points, sauf sur les plus éloignés, où la température n'est inférieure que de 3** à 4*", et après la mise en train, qui dure au moins trente à quarante minutes, le chauffage fonctionne rapidement.

La ventilation est de 15 à 20 mètres cubes par heure el par individu, soit 15 à 20000 mètres cubes à évacuer par heure, puisque la prison renferme 1000 détenus.

(i; Les renseignements suivants nous ont été fournis par noire excellent confrère M. Vaudremer.

VK-VriLATIÛS DES ÉRlflCES l'UHLItS. il'J

11 riiiit une ih'peiisc moyenne Je iiouille par jour qni csl estijiiéu i 450 kilog. puur la ventilalîon et 2350 kilug. pour le chaulîage.

L'inslallalion ifu système a coûté pvés ilu 400000 francs. Nous n'aimons pus k' mode de chauffage à l'eaii el à la vapeur combinées, parce qu'il revient Irèsclier de premier établissement et que l'enlrelien est fort coûteux; nos lecteurs connaissent notre sentiment à cet épirà : nous avons formulé nellement noire avis sur ce sji^tème (voy. page 1âO),nous lui préférons de beaucoup [avapeur(l}.

Boapice», bApiianx. — Nous venons (le voir qu'on a parfaitement étudié le cbauiïage des prisons et que mâme on ne craint point d'immobiliser un assez fort capital pour faire fonctionner dans ces clablissemenls de bons et puissants moyens de cbauiïage et de ventilation.

Nous sommes forcé de reconnaître que Jusqu'à ce jour on a plus fait pour les malfaiteurs que pour les pauvres malades qu'on entasse dans les hôpitaux; en elTel, nous ne connaissons pas d'établissements hospitaliers qui soient ventilés d'une manière complète et constante.

A Paris, on a bien fait de grands essais fort dispendieux qui sont consignés dans (les rapports officiels; ces essais, pratiqués à l'hôpital Beaujon, tt Necker cl dans quelques pavillons de Lariboisière, n'ont rien donné de bien concluant malgré les conclusions des rapporteurs.

De tout ce l'aisceou de documents ufTiciels un seul fait se dégage, c'est que les ingénieurs, armés de formules et d'équations, ne soni arrives qu'à calculer la vitesse de l'air cl it discuter seulement la supériorité de l'appel sur l'insufllation ; ils ont également déterminé la largeur des t'aines et des oriliceti; mais il n'ont rien donné, absolument rien donné de pratique et de concluant. D'où nous pouvons conclure que les hommes, émtnenls du reste, qui se sont occupés de la question ne savent, conjnic on dit vulgairement, à quel saint scvouer pour résoudre cette question extrêmement déticnle.

Cependant, comme nous avons le devoir d'informer le lecteur du résultat de notre enquête, nous lui dirons : la ventilation des hdpitaux dans certaines conditions ne comporte pas de solution et voici pourquoi. On aura beau renouveler l'air, si le milieu où Ton puise cet air, dans une grande ville par cxeinple, est Impur, on ne donnera jamais que du l'air impur aux malades; d'où on doit tirer cette seule conclusion ; créer depetits hôpitaux damla banlieue des grandes villes. l'uur les bôpitaux de chirurgie el pour ceux qui renferment des malades at-

([) Nom parUjeuni oa cet» l'qiinioii île Pcclcl; voici eu qu'il dit, page 111, t. III de Mii Tralli de ta rJuUfur : • De es iju'll n*ctUIc cncnro, t tna connaissance, mcuilii prison en franre où l'on ait âlnlili ilci culoril^.» A vniipur leule. il ne fauilrait fias en conclure <tna leur ea>j>lai ofTiirait dm iDConvâninnb, Ils dDanemient ou conlruiru plua do n>|;uliiri(i^< ulilc que ceux à eau chnude, puisqu'il* permeltratenl rnioux de Elira varier la lem|iëralure dot surfacos cliaulfanlc* (uivaiit celle Ae l'air i tcbauUïr; ils seraioiU en outre nuiiii coOlcux d'tnaUJUlioa que ceux de ce dernin- ïTclvnie, «urloul lorfine l'esu reçoit la cholcor comme à Haioi par rinlcruiédiaire du

Icinls d'affections purulenles, il est de toute évidence qu'il faut construire des baraquements temporaires qu'on brûlera tous les dix ans, tel est le seul moyen de détruire les germes morbides qui s'attachent aux constructions des vastes hôpitaux et qui en font de véritables foyers d'infection.

U s'écoulera encore beaucoup de temps avant qu'on arrive à comprendre celte vérité, parce que les gouvernements et les architectes préféreront encore longtemps faire de vastes monuments, et que les célébrités médicales se prêteront dilïicilement à soigner au loin des malades qui leur feraient négliger la riche clientèle urbaine qui rapporte gloire et profits.

En attendant que ce fâcheux état de chose cesse, nous conseillons de ventiler les hôpitaux avec les moyens les plus puissants, car, de tous les débats soulevés par celte importante question, on a reconnu que pendant les guerres la mortalité était plus considérable dans le bel hôpital monumental, diminuait dans l'ambulance temporaire, et était presque nulle dans la lente baraque ouverte pour ainsi dire a tous les vents.

Donc, en hiver, on devra combiner une ventilation très-énergique avec le chauffage, et en été il faudra maintenir dans les clieminées d'appel une température de 20* à 25° supérieure à la température extérieure, afin de déterminer une puissante ventilation.

Nos lecteurs connaissent déjà les moyens d'appeler l'air extérieur; nous en

avons proposé plusieurs, mais nous donnerons ici un nouveau mode par les appareils de chauffage, quand le local est chauffé par la vapeur ou l'eau chaude. Voici le dispositif en question : on pose un poêle à vapeur ou à eau chaude dans l'axe longitudinal de la salle et dans l'épaisseur des planchers (fig. 238), on pratique des gaines d'aération avec prise d'air sur chacune des faces d'un bâtiment. La chaleur développée par le poélc raréfie l'air qui est enfermé dans le vide central du poêle qui est creux, comme nous l'avons vu, figure 155, page 117. Cet air échauffé, devenu léger, s'élève dans la salle dans le sens indiqué parles flèches. Le poêle remplit l'office d'une véritable cheminée d'appel de l'air neuf qui s'introduit par les orifices pratiqués sur les murs de face du bâtiment; l'air vicié, au contraire, est expulsé par des ouvertures d'extraction, ou par des ventilateurs placés dans les fenêtres ou dans les murs, ou par tout autre moyen.

H est facile de comprendre que la vitesse d'écoulement de l'air qui traverse le poêle croîtra avec la température que l'air acquiert dans le poêle, et que plus celle-ci sera élevée, plus grande sera celte vitesse.

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Fig. 238. — Ventilation ëncrgiquc pour les salles d'hôpitaux.

VENTILA110N DES tDIHI.tS 1'l'DI,li;S. ■ ii\

C'est pour augmciilcr cet cir^t qu'on eiii|)loîc dus poêler ti'ùs-cluvi?» et Irést'lr<>il5,si l'iruils mi^ine qu'un pcul les cnclicr dans lYpaissctir des murs, comme cela a HÈ Tnit dans plusieurs L-diliccs, aux hâlimciils d'administration de la gare du Nord el à l'Kcule pulvlecliniquv par exemple.

La grande liauleur des poules préscnlc encore l'atanlagc d'augmenter la surface de cliaufTe, ce qui active lo tirage, el d'assurer aussi dans tous les temps, iiii'me quund on ne cbaulTe pas, lu mélange de l'air neuf avec celui des salles. En e[Tel, \es poêles élevés déversent l'air de Irés-liaul, dûs lors il est obligé de descendre vers les oriliccs d'appel placés généralement à quelques centimètres aii'deHsus du paniiiet. En été on pourrait se servir de ces poêles pour la venlilalion en plaiMUt dans l'intérieur du cylindre creux des poêler un lampion à liuile ou un faible bec de gaz.

Lu svstcme d'appel que nous venons de décrire produit une ventilation énergique que nous recommandons pour les liApilaux.

Un autre système de ventilation qui mérite d'élro signalé c'est celui de l'hôpital de Glascow (1). » Dans cel élaiilissemeat, dont M. L. Leforl a bien voulu me communiquer les plans, la ventilation s'opéro par l'action direrle de la chaleur développée par la combustion de la bouille dans des cheminées.

> Le cliaulTage est efTeclué par des foyers ouverts et placés au centre de la salle, h chaque extrémité d'une cheminée quadranguluire, k laquelle ses dimensions permettent de contenir dans son épaisseur tous les tuyaux des aulres éloges (flg. i3'i cl 2-W,) el un espace de 1 méire, sur l", 20 réserve nu centre, est séparé en tubes d'aspiration destinés â enlever des salles l'air vicié par la respiration.

Il Sur deux cAlés du corps de celle cheminée centrale el près du pbfond de la salle, existe une ouverture qui conduit cet air dans le luyau à fumée; sur les deux autres côtés el au même niveau, deux aulres ouvertures l'amènent dans les tubes d'aspiration. Si l'on ajoute à ces quatre ouvertures celles de deux cliemi-

(I) Tout r-D lui a«l rcblif â cet hdpltal est «Irait di? l'oiiiragc de M. le général Norlii, ainHti mr ta tvnlitalian, t. t, jage 3tl. Nnui n'ovona pu résilier au ilétir de commun i(|uar m ninscif iitmenl ie H. In ilociRur Lefort, ru rhdpital de GlniMW est un modale t suivre, Voici en i|ua iimu irouvoni i ro siiJRt dont un journal, L'Ami du leienee», n* S. 33 Tév, 18G9, «ans b signuture du docteur Knslrn : ■ L'hâpilal da Gtauow, àlui lur tct tenam dr ta ciiii dani Ij quartier populeux cl pnuvro de Londres, l'rit vu augmcnler il y a deux aii« d'un iioiithu corps de bllinicnt dont 1* roailruetion avait éii rendue nfœisaire par un accroissemenl conwdérable de puputition; ce noureaa b^limcnt icr^it en ijuclque sorle un modèle à propoter aux arctiilvete» et aux ingi^n>«ur>. Ai^ralîoa parlàile, auun'c par de largeB et nuuibrmues Te nOlres, el nivorix^e, mémB tnmgue le> renjlrei et Im porica realenl Ferméet, par un ennil pratiqué dans riï|iiiist«ur mCtne des murs el sembUb'e ù ceux qu'emploie U; gi'nie dans la contlrucliun des m:4;Bains i poudre; rhauiïage cdecluf par dus fojers ouverts, aliniFuIés au etiarboii de terre «1 ptacts au milieu ili^s tallos, A ctiaqoc exirémitû d'une ctiernîuiii' quadrangulairc i|ui canllcnt i ton (entre un espace de 1",SU, sûparù en lulies d'atpiraliun deitinj* à enipvcr l'iiir vicU. i (Voj, nos Ogurc* SDH et ItU, qui indiqurnl In diapotitions aignalte* par k diH}[eur Uustïn.)

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minées, on aura six orifices pour l'écoulement de l'air vicié de la grande salle, écoulement qui se fait naturellement, la chaleur du foyersuffisanlpour échauffer les (ubes aspirateurs cl déterminer le tirage.

> L'air frais entre dans la salle par treiile-cinq ouvertures sans compter les portes. Six orifices, trois de chaque c6té, placés dans le plafond, communiquent par un canal placé entre deux planchers contigus avec une ouverture ménagée dans la façade.

< Les murs (fig. 2(1) sont en quelque façon dédoublés et inlcrceplcnt dans leur épaisseur une sorte de canal iiiterpariéUii, qui s'ouvre au niveau de la partie supérieure et de la partie inférieure des quatorze fenêtres. L'air pénètre ainsi entre les murs et arrive dans la salle par vingt-huit ouvertures placées dans les angles que forment les murs latéraux avec le plafond et le plancher. Il suffit de lever de 0",05 la moitié supérieure ou de baisser de la même quantité ta moitié inférieure de chaque fenélre pour intercepter en grande partie l'entrée de l'air

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par celte vole indirecte. Knfin au-dessus de la porte se trouve une large ouverture à. cluirc-voie qu'on ouvre cl qu'on ferme à volonté. Ces moyens permettent une ventilation graduelle de la salle, parfaite alors même que les fenêtres restent fermées, car l'on peut venliler les angles inférieurs et supérieurs où i'air a de la tendance à séjourner. «Certes voilà un mode de chauffage qui doit produire une

VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS

ventilation très-énergique, (in somme, nous conseillons d'employer pour les hôpitaux le chaufliige à la vapeur qui permet de ventiler en été par Pair comprimé, qui donne de Pair frais, puisqu'on peut pulvériser de l'eau dans l'air qu'on insuffle. Ce mode oiïre encore 1 avantage de pouvoir, dans les fortes chaleurs ou

Fig. 241. — Coupe du pavillon de chirurgie do Gla^cow. (Érhclle do 0*.005 pour mèlre.) — A, sonssol, rui>incs, etc. ; B, salles dr chirurgie ; B', Iroîsicnie étage, amphit éàlre, etc. ; i , entrée d'air direclo ouverte; S, canal d'aération fermé; 3, canal d'aération inférieur ouvert; 4. aspiration I>ar les choininéeA ; 5, canaux d'aération par les plafonds.

en temps d'épidémie, mêler à l'eau une petite quantité d'acide pliénique ou tout autre désinfectant. Tels sont les moyens que nous croyons les plus efficaces pour la ventilation des hôpitaux.

AaibaUiaceii. — Nous sommes obligé d'emprunter à la Prusse un modèle de

22i TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATION.

venlilation des ambulances (l), modèle copié du reste sur un type américain. Ce baraquement a été construit à Minden. Sur tout son pourtour (fig. 242) il a été réservé une rainure a de O'^fii environ au niveau du plancher. Cetle ouverture communique avec l'espace restant libre entre le double plancher ft; cet espace communique lui-même avec des cheminées d'appel en tôle c, débouchant dans la partie supérieure de la couverture. Dans les cheminées d'appel on fait

V\^. Siâ. — Détail du moiic de vcntililion applique aux barjqucin.Mils do MinJcn. (Pnissc). — a, ex- Iraclion de l'uir vicié; 6, vido roscnv entre les doutdui planchors ; c, cheminée d'uppcl; fit, tuy.iu du iKM^'lo ; o, rouvcrliirc ; p. revêtement iulériour ; r, dés on maçonnerie.

passer les tuyaux des poêles m, dont la chaleur provoque une forte aspiration vers la partie supérieure et rejette au dehors Tair vicié de la salle.

Celle disposition simple et ingénieuse donne d'excellents résultats.

ÉffUnes. — A propos du chauffage des églises nous avons parlé assez longuement de leur ventilation (voy. page 15^^); aussi nous ne reviendrons sur ce sujet que pour insister sur la nécessité de leur chauiïage et de leur ventilation, ne serait-ce que dans le but de conserver les tableaux, menuiseries et objets d'art que les églises renferment. Nous avons vu en eiïet beaucoup d'églises, dans le nord de la France, où l'humidité qui règne dans leur intérieur est telle, que les pierres verdissent à i mètre et l°',r)0 au-dessus du sol, de sorte que tout pourrit dans un pareil milieu. Qu'on ne croie pas à l'exagération ; il suffira de visi-

(1) La figure et les quelques lignes qui l'accompagncnl sont Urées d'un cxcellcnl livre de notre confrère Demogel, ingénieur-architecte, intitulé Etudes sur la construction des ambulancei temporaires, etc., \ vol. in-S".

VKST[|,.VTIOM DES ÉlIIFICKS l'I'BLICS, ÎK.

Icr les J^glisfiS de h Nonuatidie pour se convaincre de la véracité Je noire récil, Eh biPH, pour ^vilcr un Ici vM de choses, il Taudrail les (•hniilTcr et les ventiler enliiver. ouloulaumoînsles vctililer en été. Pliisieurs moyens de ventilation sont clficaces. Dans bien des cas, on pourrait installer dans ks églises qui possËdont des cryptes un moteur Lenoir qui mellraJI en mouvement un ventilateur quelconque. Si l'église ne possède pas de crypte, dans une sorle de tambour pratiqué devant une des portes iju'ou n'ouvre jamais, ou pourrait établir celle instnllation.

Un autre moyen serait d'inslullcr dnns les curables ou dans les tours, on l'une des tours dn clocher, un ou plusieurs ventilateurs plus oh moins puissants, fonctionnant seuls au moyen d'un mouvement d'hor)ogerie,conime le ventilateur Ligny par exemple. Ces appareils attireraient l'air dans les combles, ce qui ventilerait en même temps la charpente et sécherait rhumidllè qui ruisselle sur les murs de certaines églises; on Établirait des prises d'air dans des positions Tavorahles, cl autant que possible sur les quatre faces de l'édifice. Avec celle simple précaution on ne serait point exposé à voir périr des chefs-d'œuvre, que bien souvent les fabriques insouciantes laissent dévorer par la moisissure et les champignons.

«mpbUhéAiroa, — Les petils amphithcAlrcs peuvent élrc ventilés comme les écoles et les cl.isses de dessin; nous n'avons pas h nous en occuper ici, mais seulement des grands amphithéâtres.

Le meilleur système consiste à établir sous la chaire du professeur (Og. itâ)

un catorirËre h air chaud A, dont la puissance soit en rapport avec le cube à chaurrcr,i'l rjui fournisse une ventilation â raison de ITi métrés cubes par heure et par télc avec le maximum des auditeurs. L'air de ventilation arrive dans une chambre de mélange C, cl sort par différentes bouches placées çâ et là dans l'en-

22a TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATION.

ceinte, mais de manière à ne pas incommoder les auditeurs. L*air vicié est appelé par des orifices silués sur la face perpendiculaire des gfadins, se rend dans l'espace E, et sort par deç ouvertures II pratiquées dans le sol de celte sorte de chambre d'extraction. Le conduit de la fumée B, qui passe dans la gaine d'appel I, produit un appel énergique; il est bien entendu que celle gaine est hermétiquement fermée au point A. Telle est la ventilation d'hiver. En été l'air frais arrive dans la chambre C et par une ou deux ouvertures pratiquées dans le plafond ou la coupole de Tamphithéâtre, et à l'aide d'un bec de gaz allumé au point B par exemple, on extrait Fuir vicié par les mômes orifices que pour la ventilation d'hiver.

Pour les amphithéâtres de dissection et de chimie, il faut élever le volume d'air à introduire à 20 et 25 mètres cubes par tôte et par heure.

Salles d*assembiée. — Les salles d'assemblée ne sont en définitive que de vastes amphithéâtres; la plus grande, nous pourrions môme dire la seule difficulté, consiste à régler le chauffage et la ventilation d'une manière à peu près régulière. Il est difficile mais non impossible d'obtenir ce résultat. Pour cela il faut étudier les causes qui peuvent inlluencer d'une manière quelconque sur les eiïets du chauiïage et de la ventilation.

Ces causes sont multiples; mais les deux principales sont les variations de la température extérieure, et parfois la variation beaucoup plus brusque des membres présents.

Donc, pour obtenir une température constante, il faut pouvoir varier le chauffage et la ventilation, et pourcelail n'y a qu'un moyen : il faut qu'un ingénieur, à l'aide du télégraphe, commande aux chauffeurs d'ouvrir plus ou moins de bouches de chaleur en hiver, et d'augmenter ou diminuer la ventilation en été. Quant au meilleur mode à appliquer, pour le chauffage c'est la vapeur, et pour la ventilation c'est l'installation établie au grand amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers à Paris, et qui consiste à faire arriver l'air extérieur de deux points différents, par le bas et sous l'amphithéâtre, cet air sert à alimenter la chambre de mélange, et par le haut de l'amphithéâtre; mais cet air ne pénètre dans l'intérieur du local qu'après avoir traversé une surface supérieure qui reçoit de l'air chaud. Pour l'air vicié, il est appelé dans une cheminée d'évacuation, par le système d'appel renversé.

Tel est le mode le plus simple, le plus sûr et le plus économique de chauffer et de ventiler les amphithéâtres. Il est bien entendu qu'on doit chauffer ces enceintes une heure ou deux avant l'ouverture des cours cl des séances ; il va sans dire, que les dépendances qui entourent généralement les amphithéâtres doivent également, être chauffées et ventilées à une température aussi élevée, si ce n'est supérieure. Cette condition est d'une nécessité absolue, car s'il en était autrement, on conçoit que l'ouverture des portes amènerait constamment

VESTILATION DES ÉDIFICES KBI.ICS. s;7

des couranls il'air froid, ou qui; les couloirs enveloppant les ainphiLlu-AIrcii, s'ils triaient plus l'roiiis que ces derniers, appelleraient loule la clialenr.

ThMirH. — Le (hêf'ktre esl sans cunlrcdit le monument le plus ilifllcilc à cliaulTer el à ventiler, piirce qu'ici on n'a plus alTalre ii une enceinte close d'une manière permanente, el que le cubeà cliauirer et à ventiler, le nombre des personnes présentes, sont eilri^nieraeril variables.

En onlre, l'ouverture du rideau de la scène, des portes de loges el des galeries, la grande capacité de la salle et de la scène, tout ce vaste ensemble, enlin tout ce mouvement et tout ce déplacement qui se produisent dans un ibéiUre li>nt qu'il est impossible de pouvoir fixer même des moyennes pour installer un bon système de chauffage et de ventilation.

Aujourd'hui, on divise le thcAtre en trois parties qu'on rhaulTcet qu'on ventile avec des appareils plus ou moins puissants suivant les capacités auxquelles ils sont aiïectés. C'est par ce niojen qu'on arrive à harmoniser la température dans un thfiUre.

Quant aux modes de cliauiïa^'e, on peut nliliser indtiïéreinmenl les calorirèrcs à air chaud, à l'eau chaude et à vapeur, soit séparément, soit concurremment pour ehaulTer l'ensemble de l'édilice. Cependant nous dirons que si l'on emploie plusieurs modes ji la fois, on doit placer des calorifitres h air chaud pour la salle et les locaux qui l'enveloppcnl el employer l'eau chaude ou la vapeur pour la scène el ses dépendances et le bâtiment d'administration; si, au contraire, ou ne veut qu'un seul mode, on fera bien de fixer son dioii sur la vapeur.

Mais quel que soit le système adopté, les couloirs, foyers, vestibules, escaliers cl autres dépendances qui entourcnl la salle doivent èlre chauffés à 18° et cela d'une manière constante, une heure avant le spectacle et jusque vers une heure avant lu lîn.

La tempénilurc de la salle doit être à SO"; celle de la scène à 15° ou 17". La température des divers locaux réglée de celte façon, les courants d'air des dilTérentes parties de l'édifice concourent vêts un point unique, la cheminée d'appel du tusire, qui, quoi qu'on dise, est encore en ce moment le meilleur mode de ventilation, et que d'Arcel a mis le premier en pratique.

On a fait ù Paris des essais désastreux pour supprimer la cheminée du lustre; el pour cela on a employé des procédés d'éclairage lellement ruineux qu'on a dû y renoncer; aujourd'hui, dans ces mêmes ihéAIres, on a établi la ventilation par le plafond do la salle comme partout ailleurs.

Nous devons dire rependant qu'il existe un autre mode de ventilation imaginé par le docteur Tripier qui mérite, sinon d'être pris en considération, au moins d'être mentionné, aussi nous le décrirons un peu plus loin ; pour l'instant nous allons analyser un système de ventilation qui fonctionne actuellement à rt)péra de Vienne.

ÎÎ8 THAITÉ COMPUT DU CnArKFAf.E ET M LA VESTIUTION,

•pérB 4« vl««Hc. — Ii.i ventilntion île ce tli^fllrc » cl6 fort bien éludii'e, elle

a été installée d'après le système du docteur C. ItOliin (aspiration de l'air à l'aido

d'une pompe).

Une prise d'air (fig. 2H) est établie en P; c'est de ce point, qu'au moyen

d'une machine d'une puissance de douze chevaux-vapeur, on s'assure de lii

quantité nécessaire. Cotte machine, établie dans le deuxième sous-sul, commu-

nique un mouvement de rotatiun à un veiililalcur à hélice de 3 mèlres de diamètre (système de la inrbine Jonval) pouvant fournir par heure, suivant les besoins, de 40 à 120000 mètres cubes d'air.

L'ensemble des locaux du sons-sol de P en D, dont la hauteur est de T^.-iO, renferme une vaste chambre, une sorle de réservoir recevant l'air qui s'y rafraîchit en été et s'y échauffe en hiver. De In, l'air est amené par le ventilateur dans le canal principal de conduite, et sous la salle par sept gaines D ; trois pour le parterre et deux de chaque côté pour les couloirs.

Comme le montre noire figure 244, le sous-sol est divisé en trois étages pt l'air neuf peut être dirigé à volonté de l'étage inférieur â i'étifîe snpérieXir au moyen de tuyaux cylindriques D, D, qui mesurent 1 mètre de diamètre, on bien le même air peut arriver dans la chambre du calorifère en paissant par des ouvertures circulaires régnant autour de ces tuyaux afin de pouvoir chauffer préalablement l'air froid en hiver.

lin toute saison l'arrivée de l'air peut être réglée à l'aide de cloches en lôlc

VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS. 229

disposées au-dessus des luyaux et des anneaux qui les entourent, et suivant qu'on veut donner ou supprimer de Fair, on fait monter ou descendre ces cloches.

Sous le plancher du parterre il existe douze bouches de ventilation qui se branchent sur les trois gaines dont nous avons parlé. L'air sort de la chambre de mélange et débouche sôus les fauteuils du parterre par d'autres gaines verticales adossées aux murs des couloirs du rez-de-chaussée, lesquelles gaines desservent aussi les baignoires et les première et deuxième galeries, puis cet air quitte les parties extrêmes de la chambre annulaire de mélange pour arriver dans les troisième et quatrième galeries; enfin cet air sort par la gaine d'appel existant au-dessus du lustre.

En été, une ventilation spéciale à air frais s'effectue au moyen d'un appareil propulseur qui amène l'air tout autour du plafond.

Le chauffage est obtenu par la vapeur, et il ne faut pas moins de 18000 mètres de luyaux pour distribuer la chaleur. Ces tuyaux sont en fer étiré avant 0'",025 de diamètre intérieur.

C'est sous le parterre qu'est située la chambre de réglage et de distribution de la chaleur. Un tube d'air sert à communiquer les ordres aux chauffeurs. Le service général, pour connaître le degré de la température ou l'intensité de la ventilation sur tel ou tel autre point de l'édifice, est fait par un télégraphe électrique dont les fils des signaux ont une longueur totale de 38000 mètres.

Nyatéme da docteur Tripler. — M. lo docteur Tripier s'est beaucoup occupé de l'assainissement des théâtres (1), et dans une brochure (2) il a consigné avec ses observations un système de ventilation qui, plus étudié, pourrait donner d'excellents résultats; ce qui suit est tiré de la note publiée par le docteur Tri* pier, mais nous avons réduit les figures de moitié.

Dans ce projet (fig. 2 i5), contrairement à ce qui se pratique ordinairement dans les théâtres, l'extraction de l'air vicié se fait par appel, en contre-bas. Cet air, pris dans la salle par les bouches A, A, a', a', est conduit par les canaux a, situés sous le parterre et compris dans l'épaisseur des planchers, dans une cheminée d'appel B, B.

L'appel peut être déterminé soit par un propulseur mécanique, soit par un poêle à air ou à eau chauffé à l'eau ou à la vapeur, soit enfin par des becs do gaz qui servent en même temps pour l'éclairage.

L'air neuf, pris en H à la partie supérieure de la façade du théâtre, serait amené dans la salle en J, au-devant et au-dessus du rideau, par un large conduit

(1) Ann. d'hygiène publique et de médecine légale, 1858, 2» sfîric, t. X, p. 67, et juillet 1859, 2« st-ric, t. XII, p. 107.

(2) Assainissement des ihédtreSy ventilation, éclairage et cliaufra{;;e, par le docteur A. Tripier, une broch. in-8o de 3C paj^os et 4 flg. Paris, J.-B. ïïaillière et lils, 186i.

circulaire I, I, posé sous le plancher du grenier. Le mouvement de l'air frais par cette voie pourrait être déterminé par un propulseur si c'était nécessaire. Il serait toujours facile de disposer la prise d'air de manière que l'arrivée spontanée de l'air frais en J ait toujours lieu. Il suffirait pour cela de séparer du reste du grenier, par une cloison K, une chambre à air frais L, portant à sa partie supé-

rieure deux ailes de papillon II' dont l'ouverture plus ou moins grande réglerait l'accès de l'air du dehors.

Pour compléter ce qui est relalîf h la venlilntion, il convient d'indiquer une source d'air pur qui ne serait uliliséc que pendant l'hiver.

Le chaunhgc de la salle se fait par des bouclies qui s'ouvrent, non pins dans les corridors, comme cela a lieu partout, mais au Tond de la scène en M. L'hiver, ces bouches fgurnissent un certain volume d'air qui chauffe en même temps qu'il ventile, et rend moins appréciable le refroidissement causé par l'arrivée de l'air frais en J, arrivée que ce mode de chauffage permet d'ailleurs de modérer en raison du volume d'air qu'il fournit k la ventilation.

L'économie du projet peut être ainsi résumée :

Tandis qu'aujourd'hui l'évacuation de l'air vicié se fait par un courant central et son ronouvellcnient par des courants entrants périphériques, l'évacuation se fait, dans le système proposé par le docteur Tripier, par la périphérie, et le renouvellement par un courant entrant qu'on peut considérer comme cenLralj n, »', ou par deux courants n, n' et m dirigés tous deux de la scène vers la salle. Cette condition, outre les avantages qu'elle présente au point de vue de la ventilation, est encore éminemment favorable à l'acoustique.

D'après le docteur Tripier, son système de ventilation aurait donné à Toulon des résultats satisfaisants en 18Câ. Cependant il a dû y apporter quelques modifi-

VENTILATION DES ÉDIFrCES PUDUCS. 331

calions de ilélails (jiii lui [uirurciit né cessai res et avuritagt'uses, iloiit la plus iiiiporUiiIc eonsistail dans la sulislilulion d'une évacuation on nnppc, au lieu d'une évaciialiiiu par des luyaux. NoLro figure 24lJ munlre celle disposition.

Le docteur Tripier (1) poursuit ain^i l'analvsu de ses projets : « Les figures 2lt), âil el 2i8 (i), repriîsi'nleiit le projel modifié que j'avais, en octobre 1801, remis à mon ami Cli, Garnier, archilectc du nouïel Opéra. La question de l'éclairage n'élaul pas résolue à telle époque, la parlio supérieure de l'épure est donnée en double; une des dispositions (li?. 247) répond à l'adoplion d'un syslôme lie torchères péripliériiiucs, l'autre (Ag, 218) à l'adoption d'un lustre central.

Ce projel ne Tut pas accepté par le ministère ci'Élat, alors chargé des lliéft- Ires; mais il a été aduplé par M. Tli.

Cliarpenlier fils puur la nouvelle salle des Bouiïes. >

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Seulement le docteur Tripier regn'llo pour ce dortiii-r lliéAlre ipn: le projet de veulilalion arrêté ail été trop incomplètement exécuté pour donner des résultais appréciable», parce que la voie afTecléc au renouvellement de l'air y a été, sinon supprimée, du moins réduite A des proportions dérisoires; au Ihéfitre de Toulon, au contraire, l'épreuve tentée aurait donné des résultats assez satisfaisants.

Nos lecteurs seront peut-être surpris de ne point voir figurer dans notre étude

(Il Op. tii., p. te,

(S) Dan* l'oriiiidal, cv» tigxuei tont nuai^rulifci I nuriitroUigt' iti' nolro Ihrp.

sur les lliéàtrcs le mode de veutilaliou appliqué à TOpéra de Paris ; en voici la raison : M. Garnier a sur la ventilation des théâtres des idées éminemment pratiques qui, dansFapplication, auraient donné certainement d'excellents résultats. Mais les architectes du gouvernement (nous Pavons appris autrefois à nos dépens) ne peuvent toujours faire primer leurs idées, et des commissions olïicielles de théoriciens viennent souvent apporter du trouble dans une question au lieu de Télucider, et font presque toujours appliquer des systèmes très-incomplets ou défectueux; c'est ce qui est arrivé à l'Opéra. Aussi M. Garnier, qui est aujourd'hui seul maître dans son domaine, étudie le remaniement du service de ventilation. On peut donc considérer que rien n'est terminé à l'Opéra à ce sujet; que certainement des modifications considérables seront apportées à ce service. Nous tenons ce renseignement de source très-certaine. Notre confrère a d'excellentes théories sur ce sujet; nous l'avons vu dans hî court, trop court chapitre d'un (1) de ses livres où il parle du chauffage et de 1a ventilation des théAtres.

Comme nos lecteurs peuvent s'en convaincre par ce qu'ils ont déjà vu, si la question de la ventilation des édifices en général est loin d'être résolue, celle des théâtres en particulier fournira encore longtemps des sujels d'études. Cependant il ne faut rien exagérer, et admettre au contraire que, quoique la théorie jïure condamne certaines données pratiques, il faut savoir en tenir compte, car elles ont beau ne pas donner des résultats scientifiques, elles n'en fournissent pas moins des certitudes pratiques et c'est là l'essentiel.

Résumons maintenant ce court paragraphe sur les théâtres (2). Voici les principaux points qu'on doit observer jusqu'à nouvel ordre pour leur ventilation :

V Préférer la ventilation par appel du lustre, plutôt que par l'appel renversé, l'absorption du son par celte ouverture ne présente pas des inconvénients aussi graves que certains théoriciens le prétendent. Le diamètre de cette ouverture sera tel qu'il puisse évacuer 150 mètres cubes d'air à la vitesse de 4 mètres en une seconde par mètre cube de gaz brûlé;

2* Il sera bon de ménager sur la scène une cheminée d'évacuation, ne seraitce que pour empocher la fumée des poudres et flammes de Bengale employées dans certaines pièces d'arriver dans la salle;

3° La température devra être maintenue aux degrés indiqués plus Imut, et, si faire se peut, à l'aide d'appareils à vapeur;

(i) Le thèâtrCj pdr Charles Carnier, drcliitcctc du nouvel Opéra, 1 vol. in-S» de vu i70 pagcs« Paris, HachcUc et Ci*^, 1871.

(S) II y aurait encore beaucoup à dire sur le chauffage et la ventilation des théâtres; un mo-* ment nous avons voulu en faire un chapitre spécial de notre livre; et en creusant la quesUon^ nous avons vu que ce ne serait pas un chapitre, mais un volume qu'il faudrait écrire. Espérons qu'un homme compétent récrira un jour.

VE^TILUIUS DES ÊUIKICES PlULItlS iJ^

l" Lcs[tnscs il'air iluvronl ^Irc aussi i-loîgtiées (]ug possible iIl-s cliemiiiûcs (IVxIractiuii ; l'nir iii^iir cliaiul en hiver, Trais eu i-li, sera amen^ (Lins la salle pnr lies coffiTs ménngés dans l'épaisseur des plaucliers de claque étage des luges ou giileries; mais ou devra loiijours sVlTorcer de r»tre arriver l'air devant la ligure des spectateurs plutôt que sur la nuijue; car ce serait nonseulement (ii'sagréable, ruais très-dan^-eri'UK; 5' L'air vicié sur;i aspiré par des ouverlurus d'exlraclion prulitiuées dans le Tond (les l«s<-S, ci dans le parquet de l'orchestre et du parterre. On pourra aussi iiiéuBger des ouvertures sur toutes les surracûs de la salle, dans des endroits peu apparents;

(i* On devra utiliser la clialcnr dévclûjipée par les appareils d'éclairage el cmpéeher les produits de la combustion de ceux-ci d'augmenter les causes do viclation de l'air.

Un excellent système, usité en Angleterre, est celui qui est représenté par nos ligures ^9 et 250 et dont voici ta description d'après le général Morin (I). ■ On voit dans la salle des Pas-Perdus du Parlement, à Londres, des candélabres ù gaz disposés de manière que les produits de la combustion sont renfermés eu vase

clos et s'échappent vers les galeries souterraines d'ap|>el par l'intérieur du candélabre, qu'ils transTormcnt ainsi en sorte de poflle en lui abandonnant une partie de leur chaleur. Nos figures donnent une idée de la disjHtsUion de ces

tur U irnftfdfion, mlro4., [>. !5, viil. I.

appareils. A, B est le candélabre qui supporte le bec a alimente par un petit tuyau coudé 6, et surmonté d'un verre ordinaire d, d. En dehors de ce verre cl sur la partie supérieure A du candélabre repose un autre verre cylindrique C, C recouvert par une double plaque D en mica qui s*oppose à Téchappement des gaz brûlés par la partie supérieure de C, C. Le fond du cylindre C, C est formé aussi par une plaque de mica e, e, qui est percée en son milieu pour laisser arriver au bas l'air extérieur et qui reçoit le verre en d, d. Outre cette ouverture centrale la plaque e, e en porte quatre autres disposées sur deux rayons perpendiculaires et qui reçoivent les extrémités de quatre tuyaux f, /", lesquels, en se courbant vers Taxe du candélabre, viennent déboucher inférieuremenl dans un tuyau central h communiquant avec la galerie souterraine d'appel. >

En jetant les yeux sur nos figures et après avoir pris connaissance de la description qui précède, il est facile de se rendre compte que le gaz arrivant par le tuyau b alimente le bec, qui reçoit l'air nécessaire à la combustion par l'ouverture placée au-dessous de lui et pratiquée dans la plaque de mica, et que les produits de la combustion ne pouvant s'échapper par la partie supérieure D du cylindre C et allirés par l'appel inférieur, descendent par les tuyaux f et débouchent dans le tube central h pour se dissiper par rorifice d'extraction.

Nous avons fait voir ce modèle, appelé sun bunm\ parce qu'il renferme le principe de la ventilation à appliquer aux appareils au gaz ; et quelle que soit la disposition adoptée, ce système fonctionnera, pourvu qu'on obtienne dans l'appareil un appel énergique et l'arrivée de l'air nécessaire pour la combustion.

En résumé il y a trois modes différents de combiner l'éclairage et la ventilation :

l"" En plaçant les becs de gaz en dehors des locaux qu'ils éclairent et cela au moyen de verres dormants ; ce mode est appliqué dans tous Iqs locaux que l'on veut mettre à l'abri du feu ;

2° On peut placer l'appareil dans le local à éclairer; mais alors on emploie le système des sun burtiers que nous venons de décrire; dans ce cas tous les appareils doivent être munis de gaines qui servent à évacuer les produits de la combustion ; ce dernier mode contribue à la. ventilation des enceintes;

3° Enfin, si les becs de gaz brûlent dans les locaux eux-mêmes, on peut se débarrasser des produits de la combustion, en alimentant les appareils par une prise d'air extérieur.

Il est donc bien facile de débarrasser l'air que nous respirons des causes de viciations provenant des appareils d'éclairage, et il est très-surprenant que beaucoup de nos confrères s'en occupent si peu dans leurs constructions.

Espérons que dans quelques années tous les appareils à gaz seront installés dans de bonnes conditions.

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