VENTILATION DU LOGEMENT DES ANIMAUX, ET AUTRES LOCAUX
Dans ce dernier chapitre nous avons réuni ce qui concerne la ventilation dq logement des animaux, ainsi que de divers autres locaux que nous n\ivons pu faire entrer ailleurs etqui cependant méritaient sinon une élude approfondie, au moins une mention.
En effet, les sujets que nous allons (raiter dans ce chapitre, de même que ceux qui font Tobjet du chapitre précédent, sont presque en dehors du cadre de notre livre.
liOgement des anlmaax domestiqacs. — De même que Thomme, les animaux ont besoin d'un minimum d'air pur pour vivre en bonne santé; c'est pourquoi il est indispensable d'établir une bonne ventilation dans leurs logements.
Les ÂnglaiS' prétendent avoir les premiers démontré l'utilité de la ventilation pour les animaux, et, à l'appui de leur dire, ils citent un ouvrage de James Clarke, d'Edimbourg, ouvrage publié en 1788, dans lequel il traite cette question (1).
Les Anglais ont pu appliquer les premiers la ventilation aux écuries, c'est fort possible, mais c'est un Français, Teissier, qui, dans ses Observations sur plusieurs maladies des animaxkx domestiques y attribue dès 1782 un grand nombre de maladies des animaux au manque d'air dans les étabics, et il conseille l'em^ ploi des ventouses d'aération pour y suppléer.
Aujourd'hui c'est un fait reconnu de tous; il est indispensable de ventiler les logements des animaux, mais on n'est pas d'accord sur le meilleur mode à employer. Les uns préfèrent la ventilation naturelle, les autres sont pour la ventilation artificielle.
La première est de beaucoup la plus rationnelle; mais il faut observer qu'on n'est pas toujours maître de la diriger, car elle est influencée par diverses circonstances. Elle est activée par un plafond poreux, entravée à divers degrés par
(!) Voir à ce sujet p. ^1, Economie de l'écurie^ par John Slcwart, traihiil par lo liaron U'Hanons, 1 vol. in-12, Paris, A. Coin, éilileiir, s.d.
lin plafond plus ou nfioins imperméable; elle est augmentée par un vent intense, amoindrie au contraire dans de notables proportions, par rimmectalion des murs pendant les pluies. La brique, notamment, absorbe beaucoup rbumidité; mais par suite d'une rapide évaporation dont elle est susceptible, elle reprend promptement son état de siccité, et dans cet élat, elle remplit les conditions qui constituent sa qualité (1).
La ventilation des écuries varie suivant leur capacité, mais il est aujourd'hiii démontré qu'il faut une moyenne de 35 mètres cubes par tète d'animal; quelques auteurs prétendent que ce cube n'est pas suffisant, d'autres le trouvent trop considérable. Ils peuvent tous avoir raison, car cela dépend du système de ventilation établi; pour nous, en donnant 35 mètres cubes comme moyenne, nous pensons être dans le vrai; au-dessous le cheval souffrirait, tandis que si le cube était plus considérable, il deviendrait très-diflicile dans les pays septentrionaux d'obtenir une température désirable pour le bien-être du cheval.
Il ne faut pas craindre d'établir des gaines de ventilation verticales qui puissent fournir un renouvellement d'air de 150 à 100 mètres cubes par heure el par tète d'animal avec une vitesse de 0'",70 en une seconde.
Avec une pareille ventilation l'écurie ne sera pas trop humide.
Si les sections des gaines ventilatrices n'étaient pas sufïisamment larges pour obtenir le cube d'air nécessaire, on pourrait augmenter leur tirage, soit à l'aide d'un ventilateur placé à leur sommet, soit en utilisant la chaleur des becs de gaz qui servent à éclairer l'écurie pendant la nuit.
Les étables se ventilent de même que les écuries; mais nous devons observer que pour les vaches laitières et les animaux à l'engrais, on fera bien de limiter la ventilation au strict nécessaire, car ces animaux ont besoin d'être dans une sorte d'engourdissement qui facilite la production du lait et de la viande.
Nous ne donnerons pas de plus longs détails, et nous renverrons à notre Traité des constructions rurales le lecteur désireux d'approfondir cette question.
Macnancrles. — On désigne ainsi le local qui sert à l'éducation des vers à soie, en provençal magnan. Les magnaneries sont de deux sortes : les unes servent à la production de la soie, les autres à celle de la graine ; mais, quelle que soit leur destination, elles réclament les mêmes soins; seulement, dans celles consacrées au grainage, la température n'a pas besoin d'être aussi élevée, 12 à 1 1 degrés centigrades suffisent pour celles-ci, tandis que pour les autres il faut que la température atteigne 1 8° et 20".
(I) Ceux de nos lecteurs qui voudraient iHudicr à fond l'influence des parois de difft^rents matériaux sur la ventilation des écuries et des étables, n'auraient qu'à consulter une brochure intitulée : Recherches sur la ventilation naturelle et la ventilation artificielle^ principalement sur les étahles^ ainsi que sur la porosité de quelques matériaux^ par le professeur docteur Max Mârker, traduit par J. Leyder, professeur à l'Institut agricole de FÊlat, à dembloux. Une brocb. in-8o de 84 pages; Paris, P. Asselin, 1873.