VKNIILATION DU LOGEMENT DES ANIMAUX, ET AUTHES LOCAUX
Il y a seulement quelques années, beaucoup d*éleveurs routiniers ne croyaient pas à la nécessité d'une ventilation énergicjue; aujourd'hui, c'est un fait reconnu parles plus arriérés. Olivier de Serres, ce vénérable patriarche de Tagriculture française, attribuait à la mauvaise ventilation des magnaneries la plupart des maladies dont les vers à soie sont atteints : 4 Ce sont, disait-il, des pellicules de leurs dépouilles et de leurs charognes, mêlées parmi les litières, d'où vient toute la puanteur, et non de ces nobles animaux ».
Il recommande ensuite divers préceptes sur les soins hygiéniques à donner à ces animaux, préceptes qu'on croirait formulés tle nos jours et qui, s'ils étaient suivis, préserveraient ces utiles chenilles de toutes les épidémies dont elles sont atteintes depuis quelques années, telles que la flacherie, la pébrine, la muscardîne, etc.
De son temps, d'Arcet avait constaté l'insuffisance des moyens de chauiïage el de ventilation des magnaneries. Il a eu l'honneur de réclamer le premier la ventilation forcée pour ces locaux el de faire comprendre aux populations méridionales les effets utiles du tarare ou système de propulsion combiné avec les cheminées d'appel pour augmenter l'aération des magnaneries.
La plus grave erreur des éleveurs de vers à soie a toujours été d'attacher une importance secondaire aux questions de chauffage et de ventilation des locaux dans lesquels ils élèvent cet insecte. Ils ont cru avoir tout fait après avoir établi à tort et à travers des ventouses d'aération et des poêles en fonte pour chauffer.
Or, nous avons vu précédemment la funeste influence que les poêles en fonte exercent sur l'organisme de l'homme, d'où il est bien facile de comprendre que cette fâcheuse influence doit être plus vivement ressentie par un si petit insecte. Aussi conseillons-nous d'adopter pour le chauffage des magnaneries des calorifères en céramique, notamment le calorifère en briques réfractaires creuses, que nous avons décrit et figuré page *J3.
Pour les petites éducations, au contraire, une simple cheminée pourrait suffire en choisissant un bon modèle ; la cheminée ventilatrice que nous avons donnée page GU, par exemple.
Nous avons vu que les cheminées avaient l'inconvénient de consommer beaucoup de combustible, parce qu'elles déterminent un fort appel; c'est donc ici le cas de les appliquer, puisque la perte du combustible est compensée par la ventilation puissante qu'elles déterminent.
En résumé, si nous avions à construire une magnanerie modèle, voici comment nons la ferions : nous établirions un vaste vaisseau avec un sous-sol et des combles. Dans le sous-sol, nous installerions au centre du bâtiment un calorifère en céramique qui transmettrait de la chaleur dans une chambre de mélange, de laquelle partiraient dix à douze conduits de chaleur qui déboucheraient sur
m TRAITÉ COMIMXT DU CnALFFAf.E ET DE LA VENTILATION.
le bas des murs de la magnanerie à 0"',riO au-dessus du sol. Le plafond du vaisseau serait percé (rnu Irès-frrand nombre d'ouverlures débouchant dans les combles, qui seraient mis en conununication avec une gaine d'évacuation, et celle-ci aboutirait à une cheminée d'appel partant du sous-sol.
Pour les petites éducations, nous aurions une cheminée ventilatrice comme chauffage, et nous enverrions, par le sous-sol, de Fair à l'aide du ventilateur à briis que nous avons décrit page 10 i, figure âlT».
I^'awircii. — Les navires et les vaisseaux sont, sans contredit, les locaux sur les(|uels riiomme vit le plus étroitement possible. L'accumulation d'êtres et de marchandises dans un espace trés-resireint augmente les causes de vicialion de Tair d'une façon déplorable.
Haies, Ihiliamel du Monceau (l) et Sutton avaient proposé, de 1710 à 1750, différents moyens pour ventiler les cales des navires au moyen de l'utilisation de la chaleur des ft)urneaux de cuisine déterminant un appel de l'air vicié des cales. In peu après, de (ihabaniies proposa un moyen anab»gue, au moyen de tuyaux appelant l'air sur diverses parties du navire et se rendant dans une cheminée centrale d'appel surmontée d'une sorte d'abat-vent ou gueule de loup; enfin dans ces temps modernes le docteur Heid, (pie nous avons déjà cité dans ce livre, a étudié à nouveau la question et voici le mode de ventilation auquel il s'est arrêté.
L'air neuf est appelé par deux coffres ou conduits verticaux adaptés aux ccoutilles de l'avant et d(^ l'arrière du vaisseau. Cet air est réparti à tous les étages supérieurs à la cale par des ouverluies disposées à cet effet. Des tuyaux verticaux, disséminés dans tout le navire à bâbord et à tribord, et avant leur ouverture supérieure ju'ès des plafonds des entre-ponts, conduisent l'air vicié dans la cale, au milieu de laquelle une cheminée d'appel provoque la sortie de l'air vicié.
Pour augmenter l'effet de Tappel on fait passer dans celte cheminée les tuyaux des fourneaux de cuisine pendant le jour ; et, pendant la nuit on allume dans l'intérieur de la cheminée une lampe à huile.
Sur les steamers à vapeur, on utilise une faible prise de vapeur pour faire fonctionner des ventilateurs mécani([nes qui insufllent de l'air dans la cale, tandis que de^ tuyaux aspirateurs expulsent l'air vicié; ces derniers sont répartis sur tout le navire.
.lusqu'à présent, on ne s'est pas assez pré(»ccupé de la ventilation des navires, mais aujourd'hui il est nécessaire de résoudre cette (juestion, soit pour la marine marchande, soit pour la marine de guerre; car depuis la funeste expédition
(1) Diihîimol (lu Monci^au a hcnucf)up rcrit sur r.igriruIhiiT. Il osl lu» à Pnris en 1700; il fut admis à viiijjt-lmil ans à J'Acad'-init^ des scicin^'S, dont il Piiricliil j.»s roniJ»ils di' plus do soixante uuMUoin's iniporlaiils sur r.ij;ricullnr«', la nruiuo cl h". 0<>inuiiTr(.' ; il a «'crit soi/.»' à dix-sopt volumes, cl a collahorc à la tf:'srription <le^ arts et méliers, publier» vi\ 113 cahiers in-i"; iMihamel à lui seul eu a éirit plus de 'M); il unurui eu ITSi.
VENTILATION DU LOGEMENT DES ANIMAUX, ET AUTRES LOCAUX. 2i3
du Mexique, chacun connaît les désastres qu'occasionna Tencombrement des troupes et dos chevaux sur nos vaisseaux de guerre. Nous sommes donc persuadé que la ventilation qui nous occupe sera dorénavant étudiée et appliquée dans les navires de toutes sortes.
Surfaces vitrées. — Aujourd'hui, grâce à un nouveau mode d'emploi du fer dans les constructions, on peut dire qu'une véritable révolution est en train de s'accomplir en architecture. Le fer en effet a permis de franchir des portées considérables, qu'on était loin de prévoir avant son emploi, et de créer ces nouvelles formes architecturales qu'on observe dans les gares de chemins de fer, dans les halles et marchés, les salles d'exposition, dans les cours vitrées des administrations publiques et privées.
Il est très-commode d'obtenir de cette façon de vastes surfaces largement éclairées; mais, hélas! dans ce bas monde chaque médaille a son revers, aussi ces vastes surfaces vitrées ont l'inconvénient d'offrir en hiver une forte déperdition de la chaleur, et en été de transformer les locaux qu'elles recouvrent en serres chaudes. Il faut donc étudier les moyens de supprimer les inconvénients de ce système de couverture, pour n'en conserver que les agréments; c'est ce que nous allons faire.
Ce genre d'enceinte demande des moyens de ventilation exceptionnels. Dans bien des circonstances on agira sagement de ne pas couvrir de vitrage la totalité de la couverture, mais de réserver des portions en bois recouvert de zinc, soit au sommet du failage, soit au milieu des versants; ces portions pleines pourront avoir i/3 ou 1/4 de la surface totale. Le faîtage pourra être surélevé de 0*60, O^SO, à O^OO sur 1 ou 2 mètres de large, de façon à pouvoir loger dans rinlersection verticale, des châssis qui serviront à la ventilation; les mêmes faîtages devront être surmontés de lanternes vitrées. Enfin en été, on pourra disposer au-dessous des parties vitrées, des bannes ou stores, afin de paralyser le rayonnement du soleil, et arroser le dessus de la toiture, comme nous l'avons déjà indiqué, page 101, à propos des couvertures des cours vitrées dans les magasins.
Nous devons dire que les moyens que nous venons de décrire reviennent assez cher, et ne donnent pas toujours des résultats satisfaisants. Dans bien des cas, de simples stores en bois peint en vert, comme on en utilise pour ombrer les serres, rendront des services plus effectifs^ mais ce dernier mode nécessite de fréquentes manœuvres, surtout les jours ou le soleil se montre et se voile avec de fréquentes alternances.
Tout ce qui précède s'applique aux gares de chemins de fer, aux salles d'exposition et aux grandes cours vitrées, de même qu'aux halles et marchés; dans ces derniers, la ventilalion est généralement assez active, parce que les grandes baies sont surmontées de châssis à lames de persiennes qui laissent pénétrer
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Tair largement, mais il y a lieu de s'occuper de révacualion, c'est pour cela qu'on fera bien d'établir des lanternes, munies de ventilateurs aspirants, qui facililenl à un haut degré l'extraction de l'air vicié provenant des substances que renferment les balles et marchés.
Nous ajouterons que souvent ces entrepôts de marchandises possèdent Ao vastes sous-sols qui servent aux marchands à serrer leur marchandise pendant la nuit ou pendant les fortes chaleurs du jour. Ces caves et sous-sols doivent également être ventilés avec des cheminées d'appel dans lesquelles un bec de gaz donnera un tirage suffisant pour maintenir un appel énergique.